Une alternative

Publié le par 問道

   Plutôt qu’un système scolaire, s’apparentant d’avantage à l’usine produisant et sortant des produits standardisés et utiles à une tache unique, Illich substitut le réseau de communication culturel. Il s’agit, pour tous, de mettre en rapport les personnes intéressées par les mêmes préoccupations et portées par les mêmes intérêts. L’idée serait qu’en fait, dans la société, les gens se rencontrent, et disposent des moyens de se mettre en contact, et c’est au sein de la vie sociale, qu’ils s’instruisent. C’est toutes la société qui est un lieu de savoir, toute la vie une école. Il prend alors une position opposé à ce qu’il considère comme une institution monopolistique du savoir. Redonner sa place à l’imprévu et au « non règles » dans l’apprentissage, par opposition à la fabrication calibrée d’employés.

   Il relève deux objections à son idée :

-          Une telle entreprise peut se faire à partir de questions ou idées précises. Les partis, églises ou centres culturelles le font ! De même, es séminaires universitaires, programmes d’étude etc. cependant, cela se fait dans un cadre et un sujet très restreint, décidé par l’organisateur. Une rencontre et des discussions « pré-emballées » 

-          Pourquoi ne pas donner son identité, âge, opinion préalable et compétences ? Parce que du fait de la place qu’occupent les diplômes et les rangs dans la société et l’esprit des gens, un réflexe de soumission intellectuelle peut se produire dans les esprits de certains. Cela peut dévier le jeu.

-          Problème pour fournir les locaux, faire les horaires, donner une protection etc. Mais de tels rencontres doivent avoir lieu dans un cadre très libre, sans horaire, local précis, cadre. Deux personnes peuvent se rencontrer et lier éventuellement amitié, élargir leurs horizons, approfondir le travail voulu.

   Pour illustrer la possibilité d’un tel fonctionnement, l’auteur donne l’exemple d’une société médiévale. Souvent présenté par le paradigme moderne, comme foncièrement obscurantiste et en permanence violente et soumise au joug des seigneurs féodaux. La vision de cet univers doit cependant être nuancée. C’était une société où le langage, l’urbanisme, le travail, la religion etc. formaient un ensemble unique et chacun étant complémentaire de l’autre. Pas d’institutions distinctes, sans rapport avec les hommes. Seule la participation active à la vie politique locale, au lieu de travail, à l’hôpital, à la bibliothèque, etc. peux servir d’élément de comparaison permettant de mesurer la valeur des institutions sur le plan de l’éducation.

   L’école donne à l’Etat un pouvoir absolu. Nous le laissons nous juger et nous lui confions la population entière. Nous abandonnons notre discernement et laissons le monopole en la matière à l’Etat et ses institutions. Il existe également la croyance du discernement pour les autres, de ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. L’école divise entre l’académique et le non-académique (période, méthode profession). Ainsi, se distingue deux réalités : l’éducation à l’écart de la société, et le reste, sans la moindre valeur éducative. Dans la religion traditionnelle, on promulguait des lois, pour distinguer le profane  et le sacré, de façon absolument arbitraire. C’est le même processus qui arrive avec l’école ! Illich, parle de « religiosité de l’école ». D’après Emile Durkheim, opposer la réalité sociale en deux sphères opposées est propre à une religion constituée.

 

Figure 2: Religion instituée

 

Figure 3: Ecole instituée

 

   Ivan Illich opère alors une séparation entre « éducation » et « école » (institution). Il va même juger l’école en contradiction avec le principe d’éducation. Il prône une déscolarisation de la société. Loin d’être irréalisable, elle dépend de la volonté et de la force de caractère des personnes, pour déscolariser l’éducation et l’apprentissage.


 

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