La transmition

Publié le par 問道

   L’idée première de la réflexion de l’auteur à ce sujet est qu’un enseignant n’est pas un produit que l’on place dans une vitrine. C’est un homme vivant dans l’espace et le temps, et évolue en conséquence. L’élève, pour recevoir un enseignement, doit solliciter l’aide d’un enseignant. Il est donc préférable d’avoir un enseignant physiquement présent. Ainsi, l’objet de l’étude est vivant et peut servir de modèle. Pour apprendre une langue, par exemple, il est toujours préféré d’apprendre en petits groupes autour du professeur plutôt que de pratiquer dans un laboratoire.

   Déscolariser signifie faire croitre l’effort de chercher une sagesse pratique. Le maître doit renoncer à vouloir être le modèle unique, possesseur du « Savoir » singulier. Ainsi, l’on pourra croire son message. Chez les monarques, et autres élites, les parents cherchent comme précepteur, mais ne trouvent que des sophistes . Il leurs inculquent des dogmes, mais n’enseignent en aucun cas à étudier, apprendre à apprendre. Le maître entretien une relation personnelle d’une valeur inestimable avec l’élève. C’est ainsi les exemples de Kongzi et Bouddha, dans leurs relations à leurs élèves. Elles étaient personnelles, à mi-chemin entre la relation filiale et la relation purement pédagogique  (voir annexe)

   Les diplômes sont des obstacles à la libre éducation. Ils servent à confisquer l’enseignement au profit d’une caste certifiée, employée par une institution servant la domination d’une élite. Dans la pensée d’Illich, la liberté d’enseigner est égale à la liberté de parole. Il s’agit de faciliter l’étude. En effet, dans une société qui n’a que la liberté de parole, l’on a le droit de parler dans l’indifférence générale. Aucun outil, aucun moyen n’est donné pour concrétiser la pensée. C’est ainsi qu’il est développé dans ce livre l’idée de libérer l’apprentissage et la réunion, et la mise en relation de gens ayant les mêmes intérêts.

   De même, pour l’enseignement et l’apprentissage des métiers, devrait être ouvert à tous. Concrètement, Illich imagine un système de bons ou de crédits donnant le droit d’apprendre, que l’on gagne en enseignant. Des crédits qui ne seraient ni vendable ni transmissible, afin d’éviter de favoriser les plus fortunés. Quand à l’évaluation, alors qu’il est demandé beaucoup de superflues, destiné à évaluer le niveau d’endoctrinement de l’élève, il s’agirait d’évaluer les compétences stricts (dans le cadre de l’apprentissage d’un métier).

   La société doit cependant être ouverte. En augmentant les possibilités de choisir les différents enseignements, ajoutés à l’augmentation des chances de trouver l’instruction, l’on augmente le désir de trouver un maître. Certains de leur indépendance, les élèves accepteraient plus facilement d’être guidés, sans craindre la moindre manipulation de maîtres à penser. Ils seraient aussi plus aptes à reconnaître une sagesse d’une idiotie. Guider l’élève est une activité indéfinissable, car cela dépend des sujets, des personnalités et des contextes. C’est ainsi qu’une structure d’aide à l’orientation de l’étude ne doit servir qu’à le guider dans son apprentissage, rien de plus. C’est ainsi une société qui créer de la richesse créative, où l’étude est un plaisir.

   Illich prévient cependant la différence entre une « bonne déscolarisation » et une « mauvaise déscolarisation » :

Bonne déscolarisation

Mauvaise déscolarisation

-libérer le pédagogue de l’emprise de l’école et des institutions

-toute la vie en société serait pédagogique

-« Le meilleur des mondes » de Aldous Huxley : dominé par de « bienveillants administrateurs »

-abrutissement général géré par une avant-garde élitiste du système, qui gère la société « scientifiquement » et « efficacement »

 

 

bonne-descolarisation.jpg 

 

   Cela passe par une révision de l’image que l’on se fait des hommes : l’institution « école » a besoin d’hommes dépendants.




 

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