Les conséquences sur les dominés

Publié le par 問道

   L’institution « école » est devenue une sorte de religion d’un prolétariat modernisé, offrant une promesse de salut aux pauvres. Cette sacralisation de l’école par l’Etat-nation s’accompagne d’une imposition d’un programme gradué, sanctionné par des diplômes. Ce système n’est pas sans rappeler les systèmes hiérarchiques d’ancien régime. C’est ainsi que l’Etat moderne créé les moyens de veiller à ce que personne n’y échappe : des sortes de « brigades anti-école buissonnière ». De même, du temps des rois catholiques, les conquistadores et l’Inquisition soutenait les théologiens.

 

 100528ena_paris06.jpg  L’école ne permet pas l’éducation ni la justice sociale. Elle entretien une confusion entre « instruction » et « rôle social ». Hors, l’instruction consiste en l’acquisition de compétence ou de savoirs, et la promotion sociale dépend de l’opinion que les autres se font de vous. Par exemple, les célébrités médiatiques, incultes et idiotes, mais socialement promus à la notabilité. Dans le système actuel, l’idée que les autres se font de vous dépend de la durée de vos études. Hors, l’école n’enseigne et ne sélectionne pas forcément les plus intelligents, mais ceux qui satisfont le mieux à ses critères. Est-ce une libération ? Plutôt une modernisation du système de domination, une nouvelle légitimité. Elle répartit, inégalement (nous l’avons vue) les chances. Les pauvres lui font quand même confiance !

 

   Autre illusion : l’idée que l’école se fonde sur l’enseignement. Hors, beaucoup de savoirs sont acquis dans la vie quotidienne, auprès de la nature, dans la vie sociale c’est l’expérience. L’école obligatoire exclu ces apprentissages. Elle inculque des programmes académiques strictement codifiés et ce qui y est extérieur est exclu. Dans les pays qualifiés dits « développés », les enfants passent de plus en plus de temps à l’école. Ainsi, elle accapare de toute façon d’avantage de temps qui serait passé dans la société, la famille ou la nature. Elle accapare l’apprentissage des jeunes.

 

   Illich apparente l’apprentissage comme une aventure. On apprend souvent malgré soi. Par exemple, parler ne s’enseignement pas, mais s’apprend ! De même, aimer lire ne s’apprend pas à l’école, ceci est un cliché. Son idée est de donner (ou rendre) la liberté d’expérimenter librement les connaissances acquises et la découverte personnelle, chose impossible dans l’actuel système : contraire de la présence obligatoire et paradigme du « enseigner pour enseigner ». Il existe une confusion culturelle entre « formation » et « enseignement » :

-formation donné par l’instructeur : utilise l’ensemble des conditions données permettant de donner des réponses précises et définies.

-enseignement donné par un éducateur : faire se rencontrer des partenaires égaux, assortis, pour apprendre ensemble. Ce sont les interrogations des élèves qui permettent de les apparier. L’enseignant n’intervient que pour leur apprendre à comprendre eux même.

 

   Cependant, certaines compétences s’acquièrent par un enseignement structuré (une langue, la lecture, compter, ou faire un métier). Mais ceci est-il justifiable d’un diplôme ? Les professeurs du système tiennent à confisquer l’enseignement. Même pour apprendre un métier, cela passe par un professeur et non un « maître ». Pourtant, l’étude sociale des différents peuples montre qu’une personne exerçant un métier le ferait de façon satisfaisante : le chasseur enseignant la chasse, l’artisan ou l’artiste enseignant leurs arts… L’enseignant est souvent dépassé par ce qui sort du cadre institutionnel.

 

   L’école obligatoire est un système pervers. Il ne dit pas qu’il ferme l’accès à certain corps de métiers verrouillés. Par exemple, pour être pharmacien, il faut avoir fait de nombreuses années d’étude, sanctionnées par un diplôme. Ceci dans un système ou les longues études sont possible surtout pour les enfants de classes aisées. L’école donne l’image d’une résidence surveillée ou la récompense est de pouvoir y rester. Elle enseigne la peur de « l’en dehors ». L’en dehors, c’est l’inattendu, l’imprévisible, le hors cadre. L’élève apprend à être un transport roulant sur des rails, dans un chemin préalablement tracé, avec des horaires stricts à respecter, et incapables d’en sortir. Pour l’auteur, les réunions éduquent en des termes qui différent de la scolarité. Plus concrète, plus volontaire et plus libre, alors que même à l’université, il y a beaucoup de contraintes.

 

Paulo_Freire.jpg   Il est alors donné l’exemple du pédagogue brésilien Paulo Freire. Ce monsieur avait passé sa vie à alphabétiser les paysans analphabètes du Brésil. Mais, sa méthode était spéciale : il leur apprenait la lecture et l’écriture à partir de cas concrets qui les touche dans leur vie (accès au puits, dettes etc.) Il présente les mots vivants, et non flous. Durant cet apprentissage, les gens se soudent sont prêt à agir. Ils semblent prêts à prendre la réalité en charge à mesure qu’ils la décrivent et la maitrisent. En à peine une quarantaine d’heure, les paysans apprennent à lire et à écrire. Paulo Freire, s’est fait détesté par les éducateurs du système. Ses méthodes axées sur les termes importants de la vie concrète des élèves ne sont pas ceux du système. Les professeurs orthodoxes considèrent les leurs comme « seuls valables ».



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