Idées et pistes pour un changement

Publié le par 問道

Principes sur le changement

   Changer les structures et les institutions ne suffisent donc pas pour l’auteur de ce livre. Se contenter des structures économiques et institutionnelles, pour simplement en mettre d’autres, est considéré comme superficiel. C’est une question de paradigme et de rapport avec ce qui nous entoure. Il veut alors songer et tenter de penser quelque chose qui n’existe pas aujourd’hui. Il emploi l’expression « construire des ponts vers l’inconnu ». Il existe de nombreux groupes qui prétendent vouloir changer les choses sans toucher au principe de scolarisation. C’est ce que le comte de Lampedusa dans « le Guépard » écrit : « Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change ».

   Il trace alors un tableau des caractéristiques générales de nouveaux organes éducatifs avec trois objectifs :

-Donner un accès illimité au ressources éducatives (à tout âge, toutes heures, tous endroits, toute personne)

-Permettre la rencontre et le partage

-Permettre d’avoir la parole pour s’adresser à la société et donner les moyens de se faire entendre.

   A défaut d’autres mots, il décrit la structure qu’il imagine comme étant un « réseau ». Il s’agit de créer l’accès à des ressources d’apprentissages, évoluant avec le temps et les contextes.

 

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   Concrètement, il est donné l’exemple de l’Amérique du sud. Dans un pays comme la Bolivie, dans les années 1960. Dans un pays qui compte 7 000 postes de télévisions pour 4 millions d’habitants, on y construit une station de télévision. Avec l’argent dépensé pour construire des télévisions en Amérique latine, pour si peu de postes, on aurait put équiper 1 adulte sur 5 de magnétophones. Facile à utilise, permettant la transmission et la circulation d’idées et de témoignages de chacun par voie orale : une liberté d’expression plus authentique qu’avec des médias de masse (journaux, télévisions). Ceux-ci en effet, ne sont finalement que des instruments administrés, voix du maître, ayant la mission d’inonder l’esprit et le cœur du peuple.

   Pour Ivan Illich, la question « que faut-il apprendre ? » est une mauvaise question, dans la mesure où la réponse serait « mettre tout à disposition d’apprentissage pour qui veut apprendre ». La problématique qu’il pose serait plutôt : « De quoi doit disposer celui qui veux apprendre et avec qui doit t-il être en rapport ? » Celui qui veut s’instruire cherche les sources et l’assistance de ceux qui peuvent le lui permettre. Il aimerait aussi l’assistance de personnes pouvant critiquer son travail, des pairs[1] ou des aînés[2], pour l’améliorer. Il doit donc être en rapport avec ceux qui peuvent l’aider. Pour cela, Illich imagine quatre services devant permettre l’instruction libre et volontaire. Cependant, pour que ses idées fonctionnent et continuent d’avoir un sens, il ne faut pas oublier que l’instruction doit rester un choix personnel.

   Pas de programme établit à l’avance pour ensuite les faire ingurgiter aux élèves. Il s’agit d’apprendre à raisonner les problèmes concrets de la vie concrète et trouver des solutions concrètes. Cela passerait par rendre les objets à leur usage. Nous ignorons tout de la fabrication des objets que nous utilisons, et nous sommes incapables de les maîtriser. Pour réparer, ne serait-ce qu’une montre, nous devons passer par les services d’un expert en horlogerie. Nous ne savons pas fabriquer un petit moteur, qui pourrait nous être utile. L’école nous éloigne du monde social et trouble notre rapport à l’objet. Il s’agit de savoir comment les objets sont fait, fonctionnent et les rendre vivant aux yeux de l’observateur, pour en permettre la maîtrise.

   Il ne s’agit pas de « collectiviser », mais d’ouvrir la compréhension des techniques et l’accès aux moyens de produire. Par exemple, fabriquer un moteur pour qui veut se fabriquer un petit véhicule, ou laisser le libre accès aux rotatives pour imprimer un journal à qui voudrait publier. Il s’agit de rendre à la vie quotidienne sa valeur éducative. Apprendre la vie sociale aux enfants, à mettre en rapport à son environnement ce qu’il apprend et découvre. Le faire activement participer à la vie du groupe, permettrait aussi de moraliser l’acquisition de connaissance que ne permet pas le système éducatif (combien de laborantins formés à développer les armements bactériologiques ?). Dans une société vernaculaire paysanne, un enfant de huit ans pourrait être un petit berger emmenant les vaches de la famille aux pâturages. Il apprend à connaitre les animaux, les herbes et les insectes, apprend un art pour passer l’ennui, la géographie etc.



[1] Personnes ayant les mêmes intérêts, compagnons d’études ou de promenades studieuses.

[2] Des guides donnant toutes sortes de conseils pour aider l’étudiant.

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