Conclusion : le droit individuel

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

   Afin de mettre fin à la violence traumatisante des guerres de religions, le libéralisme allait se poser comme seule doctrine garantissant la paix. Ce miracle, grâce à une alchimie des plus prodigieuse : remplacer l’objet de la discorde, la religion, par un objet de convoitise : l’argent. Cela fonctionne, entre bourgeois, chefs d’Etats, élites ou leaders. Ces chefs en arrivent même à fonder une communauté cosmopolite planétaire, vivant sur des règles communes, là ou les utopies socialistes du XIX siècle ont échoués. Il est vrai qu’une telle démarche, ne peut aboutir qu’avec des individus déracinés, sans mœurs, cultures. Néanmoins, cette utopie libérale, à l’échelle des « gens ordinaires », rien n’est plus vrai. Les gens ordinaires veulent défendre leurs tradition, leur identité, leur héritage… le sens de leur existence commune (qui horrifie autant les bourgeois de gauche) ; ils sont enracinés ! La maxime de Voltaire « quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion », doit être prise pour ce qu’elle est : la parole d’un personnage ignare de l’humanité, mais célèbre et brillant écotier de son temps[1].

   Le droit et le Marché sont les deux outils devant permettre à la modernité, libérale, d’organiser cette nouvelle donne. Le Marché, qui s‘auto équilibre, nécessite que l’idée d’hommes atomisés se connectant dans des buts de rationalités, calcules et échanges, deviennent une réalité. L’anthropologie permettant de dévoiler que cette théorie n’est qu’une fable, elle devient alors un projet social et psychologique à caractère totalitaire[2]. Le travail de destruction en gros ayant déjà été fait au court du XIXe siècle en Occident, au XXe siècle en Afrique, en Inde et en Asie, il faut éliminer ce qui n’a pu être cassé par l’extrême violence, les derniers morceaux de décence commune. Le droit individuel s’occupera d’atomiser les hommes. De par son caractère coercitif, les sujets sont tenus de s’y plier et obéir. Il défini ce qui est possible de faire et de ne pas faire, ce qui doit être fait : les mœurs de la société.

   Ainsi, forgeant les mœurs des sujets, le droit individuel déstructure les sociétés, en coupant les liens qui rattachent les hommes. Les cultures étant des choses collectives, accorder des droits individuels, revient à pulvériser ces sociétés. Les blocs homogènes que sont ces machines institutionnelles modernes (dont le but est d’organiser l’exploitation et l’aliénation des individus), peuvent céder face à une foule ou un groupe. En revanche, face à des individus, ces institutions sont invincibles ! Défendre un peuple ou une culture opprimée, en jouant le jeu du droit individuel, de l’Etat de droit et de la politique institutionnelle, est donc condamné à l’échec. Pendre le pouvoir qu’octroi ces institutions également, car, comme l’a bien remarqué André Gorz, les institutions ont leurs propres logiques, qui s’impose au personnel administratif comme politique ! D’autant plus que, comme l’observe Jean Claude Michéa, la morale est privatisée[3]. Ainsi, une fois au sommet du mécanisme institutionnel, le leader range sa morale personnelle au placard, pour adopter celle de l’institution[4]. De même, échoir à ce sommet du pouvoir, signifie devenir un homme du sérail, car il faut nager dans ces eaux, s’y adapter, pour arriver au but… le paradigme du pouvoir s’imprime dans l’esprit de l’homme politique originaire d’un peuple opprimé.

   C’est ainsi qu’il convient de trouver d’autres voies, d’autres méthodes. Difficile à comprendre tant que l‘on reste entre les quatre murs sans fenêtre de nos cellules mentales… il faut faire preuve d’une certaine intelligence, mais aussi de courage, qui consisterait à surpasser ces murs d’enceinte pour observer l’infini des prairies qui nous entourent et que l’on ne voit pas : être libre.



[1] Une sorte de Paul Wermus ou autre parasite de la jet-set…

[2] Durant une conférence de Yaron Brook, celui-ci expliquait que pour que le capitalisme fonctionne, il était souhaitable détruire tout les codes sociaux, moraux, philosophiques, spirituels… ici

[3] D’ailleurs, le paradigme libéral considère la capacité d’un homme à mettre de côté ses convictions morales pour adopter celle de l’institution, comme une chose admirable

[4] Ainsi, vous pourriez mettre Karl Marx lui-même président des Etats-Unis, cela ne changerai rien du tout

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Clovis Simard,phD 07/12/2012 19:19

Un arrêt brusque de l'aliénation politique(confusion et matérialité)