Les origines du droit individuel

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

   Le terme de droit, recoupe ici un sens lié à l’idéologie qui sert de matrice aux lois. Il ne s’agit ici ni du droit romain, ni du droit des légistes chinois, mais du droit libéral. Pour comprendre ce qu’est le droit libéral, il faut comprendre comment le libéralisme conçoit la chose. Jean Claude Michéa propose l’idée que les guerres de religions entre le XVIe et XVIIe siècle, ont profondément traumatisés les philosophes et penseurs Européens. Jusqu’alors, la religion chrétienne, jouait le rôle de norme, imposant à la chrétienté une doctrine légitimant un ordre stable. Mais, la décadence et l’indécence des mœurs vaticanes, la corruption et les intrigues de grandes familles italiennes, vont lézarder l’édifice[1]. Il semblerait que ce facteur ne soit pas si décisif, bien que significatif. Au Saint-Empire (l’actuelle Allemagne), l’imprimerie de Gutenberg, permis une diffusion de la bible, traduite en langue « vulgaire ». La foi en l’Eglise romaine et sa doctrine était ébranlée, et des réformateurs, non pas de l’Eglise, mais de la doctrine chrétienne, allaient fonder les protestantismes.

 

   Le Christianisme comme seule vérité de l’univers, aux mains d’une institution détenant le monopole de la doctrine, il est bien évident que ces réformes protestantes allaient engendrer des réactions, souvent très violente de la part de l’Eglise[2]. Nombreux seigneurs, cependant, voyaient dans ces doctrine, l’occasion de s’émanciper de la tutelle du pape et devenir des seigneurs sans seigneurs au dessus d’eux. C’est donc des conflits sanglants et des massacres qui traumatisent le continent. Jean Claude Michéa parle de « guerres civiles idéologiques », et les qualifie de « pire conflit qui soit, car guerre désocialisant par excellence ». Des philosophes et penseurs, à la suite de cet échec de pacification par la religion, vont se mettre à penser un type de société pacifiée. Leur idée, c’est que cette violence, est dût au fait que chaque camps à voulu imposer à l’autre son point de vue et sa vision de la moralité. Ainsi, un Etat religieux ou moral, ne pouvant qu’aboutir à la violence, la solution qui fut trouvé, ce fut de créer un Etat absolument neutre au niveau de la morale.



[1] Le palais du Vatican devient un authentique lupanar, les membres du clergé animés par une cupidité qui n’aurait rien à envier à celle des dirigeants actuels des républiques populaires.

[2] Coutumière du fait, les Vaudois et les Cathares en savent quelque chose !

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