Institutionaliser le jeu pour en faire un sport

Publié le par 問道

L’institutionnalisation du jeu

robertguerin   Depuis un siècle, se sont créés moult organisations : ligues et fédérations, à plusieurs échelles. Ces organisations se veulent organisatrices des compétitions et arbitres neutres des contentieux. Elles prennent en main la logistique, l’arbitrage, l’enregistrement des participants et veillent au respect des règles. C’est le principe les justifiant, car ce n’est plus le cas. Les organisations du football n’ont plus que comme mission principales de contrôler le jeu et de soumettre les équipes aux impératifs des mécènes et des payeurs. Ce sont elles qui décident de l’intérêt d’une compétition et non les joueurs et les supporters. La compétition, c’est l’organisation des matchs, dont le terme sanctionne qui est le meilleur et qui est le plus mauvais. Ceci, sur un critère unique : la victoire. Il n’en existe aucun autre critère, ni le style, ni le courage et autres vertus, ni même, la fidélité aux valeurs sur lesquels ont été fondé le club (qui devient en grandissant, à son tour, phagocyte les valeurs qu’il symbolise). Les institutions, ont cette tendance à vouloir phagocyter les valeurs qu’elles sont censées représenter. L’école=instruction, comme la confédération=le football. Ainsi, une compétition entre plusieurs équipes de copains venus jouter à l’occasion dans une ambiance festive, n’a aucune valeur aux yeux des associations, des ligues et des médias. Pas de prix, pas d’enjeu de taille, pas de couverture donc, pas de football. C’est clairement une confiscation du jeu par une assemblée de notables, qui décident de ce que doit être le jeu pour tout le monde. Et à force de discours dans les médias, les amateurs se mettent à adhérer.

 

L’idéologie s’en mêle

38   Il y a clairement un virage qui s’est opéré durant la présidence de la FIFA de Joao Havelange. Mais, il convient d’évoquer la politisation (et l’idéologisation) du football avant lui. Déjà, en 1934, Mussolini avait investit le football en naturalisant les italiens descendant de migrants en Amérique du sud (les meilleurs joueurs alors), pour la coupe du monde organisé en Italie. Il mit également une pression plus forte en 1938 : « la victoire ou la mort ». Après la guerre, la Hongrie et sa merveilleuse Wunderteam, était alors écrasés par le parti communiste. Pour la finale de la compétition olympique de 1952, un responsable du parti leur ordonna « d’écraser ces chiens ». Les joueurs devenaient des militaires et étaient haut gradés. Mais néanmoins, il s’agissait de propagande classique, le jeu était de la responsabilité des entraineurs et des joueurs. C’est l’URSS qui passa un cap : l’équipe d’URSS devait montrer la supériorité du football soviétique sur les autres. A noter que l’entité « URSS » ne représentait pas un pays ou un peuple, mais, une idéologie. C’était la domination de pays et de peuples sous le joug d’une idéologie. Et ces institutions définissaient pays et habitants. Ainsi, n ne disait plus « russe », « ukrainien » ou « Arméniens », on disait « soviétique ». L’idéologie communiste fait un culte de la « science ». Tout doit être rationalisé scientifiquement, afin de donner des résultats. C’est le totalitarisme propre à ce système. Le football n’y échappait pas. Pas de place à l’imagination, l’improvisation, tout doit être organisé, planifié : le touché de balle, la sélection des personnes pouvant jouer au football, les déplacements, rien n’est laissé au hasard. D’autres équipes sont tactiquement très organisées, mais, la création offensive reste improvisée dans le jeu. Avec l’URSS, ce n’est plus le cas.

 

Equipe URSS 1988

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