Instrument permettant d'avorter le football en Afrique

Publié le par 問道

La standardisation ou comment le football africain est mort

carte-Afrique.JPG   Si les années 1970 ont vue le football africain faire son apparition en coupe du monde, ce jeu est ancré sur le continent depuis très longtemps, du temps de la colonisation. C’est une histoire ambigüe que celle du football en Afrique, à la fois symbole du colonialisme et du néo-colonialisme (chose dont se félicite le crypto-racistes de base voyant le noir avec un regard paternaliste, type Pascal Blanchard). Depuis la réforme du système colonial sous la Ve République (et non décolonisation), un nombre croissant de joueurs originaires des colonies jouent au service de la France. Les autres, jouent, non pas pour leurs pays et peuples d’origines, mais pour les Etats et entités administratives coloniales, toujours en place (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal, Mali, Algérie, mais aussi Ghana, Nigéria etc). C’est dans les années 1980-1990 que le football Africain brille le plus. Les médias européens et particulièrement français promettent dans l’avenir un vainqueur de coupe de monde Africain ! Les clubs s’arrachent les joueurs noirs jugés les meilleurs ! Et les équipes nationales réalisent des performances meilleures à chaque coupe du monde ! Toute l’Europe antiraciste se félicite, dans un élan collectif de démagogie. Le sommet de la démagogie, en France, est atteint avec l’équipe de France génération 1998 et l’idéologie « France forte parce que pleins de gens de divers origines » (sans jamais questionner l’origine de la présence de ces « blacks » et de ces « beurs » en France, exploitation coloniale post seconde guerre mondial, Françafrique…) La présence massive de footballeurs africains, de plus en plus jeunes en Europe fait plaisir et vue de façon positive. C’est une posture franchement crypto-colonialiste. « Crypto », parce que couvert par un voile d’antiracisme, mais colonialiste parce qu’il s’agit de vider l’Afrique de ses talents footballistiques pour les exploiter dans le spectacle européen. L’amateur de football africain voit l’Europe le priver de son plaisir de voir de bons matchs à côté de chez lui. Il doit pour cela regarder la télévision européenne, avec ses publicités, admirer les clubs européens…

 

Avorter l’Afrique pour l’exploiter

   De plus en plus jeune, l’on prend des jeunes joueurs noirs pour les placer en centre de formation. Comme les jeunes européens, ils sont donc privés du plaisir de jouer, en apprenant à voir le football comme un métier rémunérateur (Bakary Koné est considéré comme un joueur ayant réussi sa carrière à l’OM du fait qu’il touchait un gros salaire, alors qu’il a été d’un niveau insuffisant). Ils sont privés de leur imagination, qu’ils ne développent pas dans la rue les petits tournois de villages ou de quartiers. Ils sont aussi privés de la tradition et de la culture footballistique de ses origines. Formé à appréhender le jeu et à le pratiquer à l’Européenne. Les structures institutionnelles en Afrique sont complices. Une équipe nationale africaine n’est plus qu’une sélection de produits[1] souffrant de malfaçons de la sélection française. Mais il y a un phénomène aussi significatif. Depuis les années 1980, l’on dit à Paris, dans les journaux, plateaux télévisés ou studios de radios qu’il faut « aider le football africain à progresser ». Un discours au combien paternaliste, comme si le football Africain devait progresser et avait besoin de l’aide des Européens. Cette attitude, bardée de bons sentiments trahit un comportement particulièrement pervers. « Progresser » st une notion européenne de l’existence humaine. Pour les Européens il s’agit d’européaniser le football africain dans son organisation, sa tactique et la perception du jeu. Les fédérations sont calquées sur les modèles européens, les entraineurs et sélectionneurs blancs prolifères, comme si les autochtones n’étaient que des corps savant joué, et rien d’autre. Aucune chance n’est donné au football africain d’être un football à part, avec ses particularités culturelles, paradigmes, techniques et tactiques. Le football africain n’est réduit à n’être qu’un appendice du football européen avec des sélections sans âmes, au succès conjoncturels. Ceci, avec l’assentiment des citadins africains, qui à force de regarder la télévision, deviennent d’authentiques colonisés mentaux et moraux.



[1] Puisque les centres de formations sont des fabriques ou les enfants sont transformés en footballeurs destinés à être vendus, ils sont des « produits ».

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