Parlons un petit peu de football

Publié le par 問道

   Dernièrement, je me suis mis à lire « une société sans école » d’Ivan Illich. Ce fut une merveilleuse lecture, qui m’ouvrit les yeux sur un certain nombre de choses que je pensais acquises comme bénéfique : l’école. D’après Illich, l’école est une machine à standardiser les esprits et à produire des consommateurs producteurs. C’est une institution fondamentale du système de moderne. J’appel ici « modernité », philosophie occidentale mettant au centre de l’existence la consommation et la production. Plusieurs écoles semblent s’opposer (capitalistes libéraux, capitalistes dirigistes (type Gaullisme), centristes, keynésiens, socialistes, marxistes et autres produits dérivés). Tous, fondent leur paradigme sur une activité créée durant la période dite « les Lumières » : l’économie, succédant à la scolastique médiévale. L’école est une machine à inculquer aux enfants le paradigme moderne et en fait des personnes acculturés par la « modernisation » culturelle et morale. Il y aurait de quoi approfondir sur ce thème, mais, ce ne sera pas fait dans ce texte, ce n’est pas le sujet.

 

   A la lumière de la pensée d’Illich, je me suis mis à penser le football et son organisation. Regarder les matchs d’aujourd’hui, avec en référence les matchs d’un passé pas encore si lointain, m’a aussi aidé à construire cette réflexion. A quelques exceptions prés, le football d’aujourd’hui est ennuyeux, uniformisé et écœurant. C’est à la base, est un jeu né durant l’âge d’or de la modernité. Sport pratiqué par les ouvriers d’usines fraichement déportés des campagnes, ou de pays étrangers, ce jeu simplissime rencontre un très grand succès sur la moitié du monde ! 3 continents se prennent de passion pour ce jeu : l’Europe, l’Amérique latine et l’Afrique. Chaque continent, chaque culture (encore vivantes à l’époque), y trouvaient un nouveau support d’expression. C’était un jeu. De même, les communautés, opposées (villages ou tribu rivales, nations, quartiers, bandes) y trouvaient un moyen pacifique d’y exprimer leurs rivalités ou oppositions, autrement qu’à coup de massues.

 

   Le charme et le succès du football, c’était sa simplicité. Pas aussi structuré et compliqués que le rugby, ou le basket, elle permet de jouer de façons différentes. Et c’est ce qui faisait son succès et son charme. La brutalité anglo-saxonne affrontant la technique latine, la subtilité hongroise, puis la spontanéité noire (pour faire un gros schéma). Chacune des cultures y exprimaient leur intelligence et leur génie et la confrontait aux autres. Et le vaincu s’inclinait devant le jeu du vainqueur. La coupe du monde et les compétitions continentales, étaient vraiment intéressantes et excitantes. C’est aujourd’hui de l’histoire ancienne. Le football est un sport malade, même si le jeu n’est pas moribond, loin de là.

 

   Quelle est la différence entre le jeu et le sport ? Le jeu n’a pas d’enjeux supérieurs à ce qui se passe au terrain. Le match commence, il se déroule et se termine. Chez les supporters du village, l’enjeu peut se prolonger jusqu’au lendemain (fêter la victoire sur le village rival par exemple). Le sport, c’est le jeu contrôlé, corseté, organisé et enchaîné par des institutions et des organisations de toutes sortes. Le sport est la version parasité par tout ce qui tient un peu de pouvoir dans le monde (association, financier, médiatique, politique etc).

 

   Dans un premier temps, je parlerai des organisations du sport, voir leur influence, leurs incidences sur l’enjeu et le jeu. Ensuite, je parlerai des centres de formation et de l’uniformisation du jeu.

Publié dans Football

Commenter cet article