Séduction, réputation et conformisme

Publié le par 問道

   Voilà un mot qui nous semble tout ce qu’il y a de plus positif, et même subtile. Séduire, ce mot est lié à la notion de plaisir, nous séduisons les autres pour plaire… nous nous laissons séduire par bons séducteurs ou bonnes séductrices… Toujours en écoutant Fabrice de Almeida, l’on découvre ce qu’est vraiment la « séduction », même s’il en parle en politique, ce qui est sérieux, il n’en demeure pas moins que le principe de la « séduction » est le même à tout les niveaux.

 

   Au niveau des simples relations entre deux personnes au sein de la société, nous passons notre temps à séduire ou essayer de séduire. L’on cherche des partenaires sexuelles, un(e) futur cojoint(e), des amis aussi. Et, pour cela, la personne qui tente de séduire les autres se montre sur son meilleurs visage, aux yeux des autres. Séduire, c’est correspondre à l’image qui plait, donner à autrui ce qu’il veut pour en avoir ce que l’on cherche : la personne elle-même. De fait, séduire c’est mentir ! L’on présente ainsi une image de soi idéalisé, du point de vue de l’autre, ce que l’on n’est pas, en aucun cas, pour la simple et bonne raison que c’est impossible. Impossible pour la simple et bonne raison que les hommes sont aussi des individus, avec leurs goûts et leurs aspirations, leurs histoires et leurs relations particulières à tel ou tel autre chose. Personne n’est l’idéal de l’autre, juste, l’on donne l’impression à l’autre que l’on est ce qu’il rêve… ce n’est rien d’autre qu’une image. Et, toujours, les choses se finissent en catastrophe, parce que l’on est déçus, l’image n’est qu’une image et fini par jaunir, se tenir, se dégrader. L’on en souffre, de cette déception, nous tombons de haut.

 

 Séduire et une chose facile, l’industrie du luxe nous séduit, les vedettes nous séduisent. L’on nous met devant les yeux moult lumières de toutes les couleurs qui nous en mettent plein la vue. En général, on ne met pas de lumière pour éclairer quelque chose de brillant ou de lumineux, mais au contraire, pour éclairer quelque chose de noir, d’obscur. De la même manière, le monde des stars, du luxe et du prestige use de lumières artificielles, de diamants, de choses qui brillent pour cacher un monde des plus obscures, voir même lugubre, ou se cache des mœurs violentes, de l’égoïsme, de l’ambition dans le mauvais sens du terme (réussir sur les autres), du chacun pour soi. Dans ce monde, l’on n’adresse la parole à un autre que part intérêt. Celui dont on n’attend rien, n’est pas intéressant. Le paradigme de cet univers est simple : celui qui est en dessous de toi est une merde, celui qui est  égalité un ennemi et celui qui est au dessus est le maître.

 

   Le prestige joue aussi de la séduction. Le prestige c’est ce qui nous fait préjuger de la qualité d’un restaurant, d’une ville ou de ce que vous souhaitez. Le prestige, à ce sujet n’est jamais mérité, mais n’est jamais qu’une construction médiatique. Voyez l’exemple entre une université prestigieuse et une autre. De même, en cuisine ou en culture, le prestige n’est qu’une construction médiatique, en fonction de la réputation que font de vous les critiques. Cela d’autant plus que les journaux appartiennent à des groupes qui comptent des entreprises produisant ce qui peut faire l’objet d’une critique. Un grand restaurant appartenant au patron d’un groupe qui compte aussi un grand quotidien, voir même, la maison d’édition du groupe Michelin. Et l’on distribue les étoiles en fonction delà. Et je ne vous parle pas du copinage, qui fait qu’un film, vulgaire sombre merde comme « le jour et la nuit » de BHL soi considéré comme un chef d’œuvre par nombre de critiques.

 

   C’est autre chose concernant la qualité d’une ville. Une ville, ce n’est pas juste un endroit où vivent des gens, c’est aussi la capitale, le siège d’une culture. Les peuples monothéistes vivent dans la culture de la concurrence des civilisations e vont ainsi imposer leurs codes aux autres. C’est ainsi que l’Afrique noire et l’Asie souffrent d’un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’occident, que l’Afrique du nord, et l’Asie de l’Iran jusqu’au Pakistan soient sous domination bédouines. N’importe qui de ces endroits, allant chez le dominant culturel, (je dirai presque le colonisateur dans certain cas) non seulement trouvera l’endroit magnifique et géniale, mais avant même d’y arriver, trouve déjà l’endroit magnifique et… génial. Il a grandi depuis petit avec l’idée de la supériorité du dominant sur lui, lui colle toutes les qualités et même, imprime ce qui sont ses goûts et aspirations : le mode de vie du dominant culturel.

 

   Le conformisme est ce sur quoi joue la séduction à grande échelle, dont est issu la réputation. C’est beau, c’est bon, parce que c’est prestigieux. C’est prestigieux parce que c’est reconnu et loué par le grand nombre, le « grand public ». On trouve beau une fille que tous trouvent belles, les filles plus encore avec les garçons. Un grand film est un film qui a fait beaucoup d’entrés, on va le voir parce que beaucoup vont le voir, de même pour la musique. Le conformisme, à la base, commence par l’imposition d’un caractère dominant sur son groupe qui ensuite, lui emboite le pas. Il suffit donc éventuellement de séduire le dominant d’un groupe, d’une façon ou d’une autre, pour qu’ensuite, à ses paroles, les caractères dominés suivent et font la réputation.

 

   La séduction, c’est un peu l’usage plus où moins subtil de la langue de bois. C’est une manipulation de celui que l’on veut séduire pour le faire adhérer. La séduction vise à couvrir l’intelligence de l’autre en jouant de ses plaisirs, ses aspirations et de ses croyances. La réputation, résultante d’une opération de séduction à grande échelle répond du même principe et, permet à celui jouissante d’une « bonne réputation » de ne plus avoir besoin de séduire et même, de s’appliquer. Il s’agit de persuader l’autre qu’on est grand, non pas sur son action direct sur lui, mais sur la pression qu’exercent la société et l’esprit de conformisme qui fait que, par peur d’être isoler, l’on adopte les goûts des autres. Pour ma part, je me méfie de ce qui est trop beau pour être vrai… méfiance à l’égard de ce qui est trop ce que j’en attends. Être séduit, c’est être berné.

 

 

 

 

Publié dans Rectifier les noms

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article