Questions et réponses

Publié le par 問道

   Beaucoup de questions et très peu de réponses, à vrai dire, peut-être même pas une seule réponse. L’homme moderne est bien dépourvu quand le problème est survenu. Vous avez dut remarquer ma profonde détestation du dogmatisme et de l’idéologie. Comme vue autrefois ici, la maîtrise de touts les aspects d’une existence dans une thèse, une réponse, en tout cas un texte ou un exposé me semble louches. Pourtant, dans cet Occident ce monde moderne même, l’homme en semble friand, peut-être même en addiction ! Certainement la peur anime ce besoin de réponse offrant l’illusion de la maîtrise des choses, l’illusion de stabilité morale et intellectuelle. Nous avons peur d’être dépassé, tout petit, l’inconnu, l’hors de maîtrise nous effraye. Deux solutions s’offrent à nous : l’ignorance et l’exploration.

 

 

   L’ignorant, agit de plusieurs façons. Il crée des réponses universelles, non pas sur la base de son exploration des choses, mais sur ce qui peut-être le rassure. Il construit des illusions, s’imagine puissant, particulier, maître, meilleurs. Il est monothéiste. L’autre ignorant se veut explorateur et chercheur, mais en fait, n’est que technicien, car son but et son action ne consiste qu’à maîtriser physiquement les choses, les asservir, les formater à sa convenance : rationaliser. Il est l’homme moderne.

 

   L’explorateur agit autrement. Il se trouve petit dans un monde qu’il imagine plus large, plus grand et plus profond que ce qu’il voit, que ce qu’on lui en dit et, semble attiré. Il ne se satisfait pas des réponses, veut voir l’envers du décor, l’autre côté de l’image. Donc, il explore, va dans l’inconnu, découvre des choses et, évolue au fur et à mesure de ses découvertes. Il n’est pas, avec le temps qui passe, celui qu’il fut avant ses explorations, prend non pas de l’arrogance, mais de l’assurance. Il n’a pas peur de ce qui le dépasse, bien au contraire… il reconnait volontiers ne pas maîtriser les choses, préférant à cela les connaître et vivre avec, sans avoir besoin de les asservir à ses peurs. Il est plus sage, plus tranquille.

 

   Dans mes pérégrinations, j’ai pu constater deux traditions, que je qualifierai d’occidentales et d’orientales. Occidental étant le monde écrasé sous le poids de la pensé monothéiste, Oriental étant le monde polythéiste, sans dogme dominant et écrasant ou contraignant. Dans la tradition occidentale, lorsqu’une question est posée, c’est la réponse qui compte, alors que pour les orientaux, c’est la recherche de la réponse qui est importante. Ainsi, la Chine ne connu jamais guerres de religions, les asiatiques eux même ne pratiquant jamais l’exclusivisme «spirituel », au contraire des occidentaux, qui ont dans leur paradigme l’idée que la religion du roi est la religion du peuple.

 

   Face à ce besoin de réponse, l’occidental est frénétique, il en devient impatient, méprise la recherche de la réponse, juste la finalité compte. « La fin justifie les moyens ». Et devant la difficulté à trouver, parfois le caractère insondable d’une chose, il s’énerve, méprise, nie l’existence même. L’oriental ne sait pas ce qu’il cherche, ni ce qu’il va trouver… d’ailleurs, cherche t-il ? Il explore, voyage, découvre, gratuitement et désintéressé. Le maître occidental vous enseigne le dogme qu’il appel « Vérité absolue ou lois naturelles du monde », le maître oriental vous enseigne « l’art d’apprendre ».

 

   Je ne sais pas si vous avez déjà vécu cette expérience, mais il me semble que l’exploration, aussi bien en science dure que sociale ou historique, on en fini jamais. Lorsque l’on répond a une question, que l’on fini par arriver à ouvrir une porte, l’on se retrouve dans une pièce sans fin, dont les murs sont couverts de portes… et l’on vient de quitter une pièce elle-même remplis de portes. Cela, même en science dure, dont les réponses une fois trouvé après expérience, ne souffrent plus vraiment de contestations. La gravité ne fait plus débat, le principe de la photosynthèse non plus, même le principe de l’évolution des espèces n’est plus contesté que par quelques bigots, idiots, mais riches !

 

   Les premiers, idéologisés, jouent sur nos peurs, les seconds, explorateurs, sur notre curiosité. Ainsi, le monothéisme ou le rationalisme donne des réponses toutes faites qui rassurent, non pas par la qualité des réponses, mais par leur caractère sans équivoque des réponses. Comment ne pas être convaincu par une parole aussi sûre de ce qu’elle véhicule ? L’humilité ne convainc pas vraiment, les hommes, dans leurs faiblesses et leurs peurs cherchent l’autorité d’un commandement arrogant, quitte à croire les plus énormes mensonges, en connaissance de cause. Ca rassure !

 

   La question est posé : est-ce que d’être rassuré suffit pour vivre, exister ? J’ai rencontré des gens comme ça, ils ne savent pas vraiment où ils vont, mais ne veulent pas le savoir. J’ai aussi rencontré des gens qui ont été comme ça, croyant ou adhérant à un dogme et qui, devant son échec, devant l’écroulement de leurs illusions, deviennent cyniques, vaincus, aigres… pour eux, si leur dogme a échoué, rien ne peu réussir, tout est vain et ils sombrent dans une espèce de névrose. Ils ne surpassent pas leurs échecs, n’admettent pas qu’ils ont fait des erreurs et que peut-être, leur croyance n’est tout simplement pas profonde.

 


 

 



A lire : « Leçons sur Tchouang Tseu » de Jean François Billeter édition Allia

 

Publié dans Rectifier les noms

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oOÖOo... 27/07/2009 17:39

Mais toi, en quoi as-tu confiance ? Et que remets-tu en question exactement ? La faiblesse de la raison (ou au contraire sa capacité absurde à prouver une chose et son contraire...) dans notre recherche de vérité ? Ou la puérilité -même de cette recherche ? En Orient, on dit qu'il faut revenir au degré 0 de la connaissance pour être vraiment sage. Je ne suis pas sûre que cela nous dispense d'apprendre, il faut apprendre puis oublier. Flirter avec les limites du savoir pour basculer sciemment dans le vœu de l'ignorance, enfin, non, dans l'acceptation que nous ne saurons jamais rien, et que ça n'a finalement vraiment aucune importance. Cela dépend du positionnement - intellectuel ou spirituel - que l'on adopte je suppose.

問道 27/07/2009 19:54



   Je remet en cause le rationalisme, qui me semble être l'inverse de la "raison", le rationalisme pervertit la notion de Raison, en vérité! C'est une espèce de folie de
"l'efficacité"... c'est un peu ce que l'idéologie est au savoir ou le scientisme à la science. Je remet aussi en cause l'arrogance des créateurs de vérités.

   Disons que d'après ce que je peu te dire aujourd'hui, c'est que foncièrement, nous ne savons pas grand chose de plus que les hommes anciens, juste nous l'exprimons avec un autre
langage. Peut-être en savons nous même moins sur certaines questions!



yiwa 22/07/2009 13:16

Coucou, ça fait un bail. Je vois que tu lis toujours bcp bcp.
C'est vraiment courageux.
Bonne continuation.
à+