Les faiblesses d'Alain Duhamel

Publié le par 問道

   D’abord, ce n’est pas une personne que je méprise, j’aime bien l’écouter témoigner et expliquer l’ambiance de travail et le caractère des hommes politiques qu’il a interviewé dans sa carrière, Giscard qui attendait que ses questions lui arrivent à l’avance pour préparer « l’interview », Georges Marchait qui avait un cahier bleu ou il y préparait ses réponses sur les questions clés, Mitterand, Chirac… c’est certainement une personne d’une grande qualité. Mais, il y a une chose qui me titille :

 

   C’est cette fâcheuse tendance à confondre « paix » et « stabilité ». Ces deux notions seraient donc synonymes dans la langue française ? Peut-être dans la langue française moderne, mais il me semble que ces deux notions sont distincts. Je discutais avec une correspondante hong-kongaise, elle était d’accord avec le fait qu’il ne faille pas confondre les deux. La « stabilité » et la « paix », sont deux choses bien différentes, qui touchent deux espaces différents ! La paix, touche la vie des hommes, qui vivent en société (ou en dehors pourquoi pas), c’est d’avoir une vie amputé d’un certain nombre d’un certain nombre de problèmes tels que les agressions d’origines extérieurs (invasions, colonisations), intérieurs (dictatures, forte criminalité) mais aussi, jouissant d’un certain nombre de libertés, d’opinions, de croyances ou d’adhésions.

   La stabilité, c’est une notion d’avantage politique. La stabilité touche d’avantage au maintien d’un régime, le statu-co politique. Rien ne doit changer, rien ne doit être bouleversé. La stabilité s’accommode de la dictature, en Afrique et en Asie notamment, où des régimes, au nom de la « stabilité », usent de terreurs, font dans l’occupation et la privation de liberté. La France prône sans cesse la « stabilité », ce qui semble cacher en fait, comme des insectes cachés sous une grosse pierre dans un jardin, des relents de racisme : « il faut de la stabilité pour ces gens violents et incivilisés baignant dans leurs archaïsmes, ils vont apprendre la civilisation et la modernité comme ça ! »

   La « paix » appartient à la langue des humains, la « stabilité » à la langue de bois, technicienne, du politicien et du fonctionnaire !

 

   Confondre ces deux notions me semble soi faible, soi hypocrite. Faible parce que l’on limite sa définition de la violence aux seuls conflits, entre états ou révolutions, alors qu’existe dans des pays à régimes stables avec violences policières, ethniques, judiciaires, religieuses, culturelles, sans libertés et corrompus jusqu’à la moelle. La stabilité d’une dictature est la paix ? Hypocrite parce que l’on tente de faire passer ces deux notions pour synonymes, les politiciens intellectuellement défaillants, mais quand même hypocrites, sous intellos de salons à 50 maos, profitant de la médiocrité ambiante pour se jouer de la naïveté d’autrui, et d’autres apparatchiks exotiques du monde des arts et des lettres plus où moins officiels ou plus tolérés que d’autres sachant dire aux autres ce qu’ils veulent entendre.

 

   Je mets Alain Duhamel dans la première catégorie. S’il était un politicien ou un fonctionnaire simplement « ah ben il parle le langage de son métier », mais il est journaliste, il doit donc faire un effort pour informer, expliquer, comprendre le langage de cette faune et le traduire dans la langue des français (ou francophones) commune ! Je n’ose croire qu’il fasse exprès et qu’appartenant finalement au même monde, il ne soit que le membre d’une sous catégorie d’une espèce de caste idéologique dominante ! L’hypocrisie est de toute façon, aussi une faiblesse…

 

   Sincère donc dans cette confusion et donc ne pouvant expliquer la nuance du langage politicien, c’est ce que je veux dire par « faiblesse d’Alain Duhamel ».

 

Publié dans Rectifier les noms

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