Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 13:20

Pink Floyd: The Wall

 

 


 
Par 問道 - Publié dans : Ivan Illich
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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 13:09

   C’est un constat qui peut-être terrifiant, que fait Illich sur la société et sur l’école. L’école, qu’une élite éduquée nous présente comme un bienfait, ne serait en fait qu’une usine fabriquant de dociles sujets. Cette institution, sous couvert d’éducation généralisée pour tous, n’est qu’un instrument permettant d’assoir la domination de certains. Se forme dans l’esprit une sorte de fétichisme de l’institution, qui ne devient plus un instrument ou une organisation, mais la valeur elle-même. Devenu sacré, le détenteur des commandes des dites institutions, en deviennent quasiment divinisés. C’est néanmoins un système d’une extrême particularité : alors que dans d’autres systèmes, la soumission est produite à coup de coups et de répressions violentes, l’école produit la soumission volontaire. Elle apprend à rendre sa propre domination séduisante et souhaitable.

   Aussi, alors que l‘on prétend l’école permettant l’enseignement, la critique ou l’ouverture d’esprit, l’auteur de ce livre constate l’inverse : elle sert à confisquer le « savoir », en la codifiant et la rationalisant. S’opère une stricte séparation entre « ce qui mérite d’être enseigné », et ce qui est « négligeable ». Séparation qui s’opère par le pouvoir, selon les critères de ceux-ci. Elle sert donc à intérioriser les valeurs du dominant comme légitime, dans l’esprit de gens qui en ont d’autres (et qui deviennent ainsi illégitime ou inférieurs). Le savoir est attaché, isolé, emprisonné et confisqué. Le constat est là : l’école ne crée pas de l’intelligence ni de la liberté, mais du pouvoir. C’est une institution primordiale et centrale dans un ordre totalitarisant. Ceci explique ainsi son caractère obligatoire : personne ne doit y échapper.

   L’école uniformise également. Par les « aides à l’éducation », c’est une globalisation de la société de consommation et du pouvoir de ses élites à l’échelle planétaire qui est mis en place. En dehors des détails liés à l’intendance, les structures et la pensée de la scolarité est la même chez touts les Etats modernes : fermé, avec enseignement réduit et codifiés, obligatoire. A l’échelle d’un pays occidental, ce système permet de construire une société de caste, ou les mieux formatés dominent les « inadaptés ». Preuve qu’il ne s’agi pas de rationalisme économique, mais d’une question de pouvoir, le système dépense et gaspille de plus en plus d’argent pour entretenir ce système qui :

-ne fonctionne pas, du point de vue de l’enseignement

-fonctionne à merveille, du point de vue de son but obscur : maintenir la domination d’une élite sur le reste.

A l’échelle mondiale, elle permet au peuple fondateur de l’idéologie « modernité » (les occidentaux) de dominer les autres : imposer ses normes et les faire adopter comme normalité universelle. Mais aussi d’instaurer dans les esprits l’image d’une race et d’une culture seigneuriale ou divine qu’il faut copier pour s’élever.

   Ne voulant proposer une alternative précise, et ainsi, éviter de ressembler à ce qu’il condamne, Illich propose des voies, plutôt qu’un système. Dans sa pensée, toute la vie d’un homme peut-être source d’enseignement et sujet d’étude : la vie en société, la découverte de la nature, l’apprentissage des savoirs et des savoir-faire. C’est un enseignement libre de contraintes administratives et de clichés. Il parle de libérer les sources d’études, livres ou objets, les équipements, mais aussi libérer le droit de réunion des confiscations par les institutions de pouvoir. Ses solutions élargissent le champ des existences possibles et des expériences de vie. Plus qu’une simple critique d’une institution mal en point, c’est une authentique critique d’une société crypto-totalitaire. Une lecture qui illustrant à merveille la réalité du monde dans lequel nous vivons : digne des plus célèbres romans de dystopies : « 1984 » de Georges Orwell, le « meilleur des mondes » de Aldous Huxley.

Par 問道 - Publié dans : Ivan Illich
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 19:02

   L’idée première de la réflexion de l’auteur à ce sujet est qu’un enseignant n’est pas un produit que l’on place dans une vitrine. C’est un homme vivant dans l’espace et le temps, et évolue en conséquence. L’élève, pour recevoir un enseignement, doit solliciter l’aide d’un enseignant. Il est donc préférable d’avoir un enseignant physiquement présent. Ainsi, l’objet de l’étude est vivant et peut servir de modèle. Pour apprendre une langue, par exemple, il est toujours préféré d’apprendre en petits groupes autour du professeur plutôt que de pratiquer dans un laboratoire.

   Déscolariser signifie faire croitre l’effort de chercher une sagesse pratique. Le maître doit renoncer à vouloir être le modèle unique, possesseur du « Savoir » singulier. Ainsi, l’on pourra croire son message. Chez les monarques, et autres élites, les parents cherchent comme précepteur, mais ne trouvent que des sophistes . Il leurs inculquent des dogmes, mais n’enseignent en aucun cas à étudier, apprendre à apprendre. Le maître entretien une relation personnelle d’une valeur inestimable avec l’élève. C’est ainsi les exemples de Kongzi et Bouddha, dans leurs relations à leurs élèves. Elles étaient personnelles, à mi-chemin entre la relation filiale et la relation purement pédagogique  (voir annexe)

   Les diplômes sont des obstacles à la libre éducation. Ils servent à confisquer l’enseignement au profit d’une caste certifiée, employée par une institution servant la domination d’une élite. Dans la pensée d’Illich, la liberté d’enseigner est égale à la liberté de parole. Il s’agit de faciliter l’étude. En effet, dans une société qui n’a que la liberté de parole, l’on a le droit de parler dans l’indifférence générale. Aucun outil, aucun moyen n’est donné pour concrétiser la pensée. C’est ainsi qu’il est développé dans ce livre l’idée de libérer l’apprentissage et la réunion, et la mise en relation de gens ayant les mêmes intérêts.

   De même, pour l’enseignement et l’apprentissage des métiers, devrait être ouvert à tous. Concrètement, Illich imagine un système de bons ou de crédits donnant le droit d’apprendre, que l’on gagne en enseignant. Des crédits qui ne seraient ni vendable ni transmissible, afin d’éviter de favoriser les plus fortunés. Quand à l’évaluation, alors qu’il est demandé beaucoup de superflues, destiné à évaluer le niveau d’endoctrinement de l’élève, il s’agirait d’évaluer les compétences stricts (dans le cadre de l’apprentissage d’un métier).

   La société doit cependant être ouverte. En augmentant les possibilités de choisir les différents enseignements, ajoutés à l’augmentation des chances de trouver l’instruction, l’on augmente le désir de trouver un maître. Certains de leur indépendance, les élèves accepteraient plus facilement d’être guidés, sans craindre la moindre manipulation de maîtres à penser. Ils seraient aussi plus aptes à reconnaître une sagesse d’une idiotie. Guider l’élève est une activité indéfinissable, car cela dépend des sujets, des personnalités et des contextes. C’est ainsi qu’une structure d’aide à l’orientation de l’étude ne doit servir qu’à le guider dans son apprentissage, rien de plus. C’est ainsi une société qui créer de la richesse créative, où l’étude est un plaisir.

   Illich prévient cependant la différence entre une « bonne déscolarisation » et une « mauvaise déscolarisation » :

Bonne déscolarisation

Mauvaise déscolarisation

-libérer le pédagogue de l’emprise de l’école et des institutions

-toute la vie en société serait pédagogique

-« Le meilleur des mondes » de Aldous Huxley : dominé par de « bienveillants administrateurs »

-abrutissement général géré par une avant-garde élitiste du système, qui gère la société « scientifiquement » et « efficacement »

 

 

bonne-descolarisation.jpg  

 

   Cela passe par une révision de l’image que l’on se fait des hommes : l’institution « école » a besoin d’hommes dépendants.




 

Par 問道 - Publié dans : Ivan Illich
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 12:56

Principes sur le changement

   Changer les structures et les institutions ne suffisent donc pas pour l’auteur de ce livre. Se contenter des structures économiques et institutionnelles, pour simplement en mettre d’autres, est considéré comme superficiel. C’est une question de paradigme et de rapport avec ce qui nous entoure. Il veut alors songer et tenter de penser quelque chose qui n’existe pas aujourd’hui. Il emploi l’expression « construire des ponts vers l’inconnu ». Il existe de nombreux groupes qui prétendent vouloir changer les choses sans toucher au principe de scolarisation. C’est ce que le comte de Lampedusa dans « le Guépard » écrit : « Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change ».

   Il trace alors un tableau des caractéristiques générales de nouveaux organes éducatifs avec trois objectifs :

-Donner un accès illimité au ressources éducatives (à tout âge, toutes heures, tous endroits, toute personne)

-Permettre la rencontre et le partage

-Permettre d’avoir la parole pour s’adresser à la société et donner les moyens de se faire entendre.

   A défaut d’autres mots, il décrit la structure qu’il imagine comme étant un « réseau ». Il s’agit de créer l’accès à des ressources d’apprentissages, évoluant avec le temps et les contextes.

 

  evolution-apprentissage.jpg

 

   Concrètement, il est donné l’exemple de l’Amérique du sud. Dans un pays comme la Bolivie, dans les années 1960. Dans un pays qui compte 7 000 postes de télévisions pour 4 millions d’habitants, on y construit une station de télévision. Avec l’argent dépensé pour construire des télévisions en Amérique latine, pour si peu de postes, on aurait put équiper 1 adulte sur 5 de magnétophones. Facile à utilise, permettant la transmission et la circulation d’idées et de témoignages de chacun par voie orale : une liberté d’expression plus authentique qu’avec des médias de masse (journaux, télévisions). Ceux-ci en effet, ne sont finalement que des instruments administrés, voix du maître, ayant la mission d’inonder l’esprit et le cœur du peuple.

   Pour Ivan Illich, la question « que faut-il apprendre ? » est une mauvaise question, dans la mesure où la réponse serait « mettre tout à disposition d’apprentissage pour qui veut apprendre ». La problématique qu’il pose serait plutôt : « De quoi doit disposer celui qui veux apprendre et avec qui doit t-il être en rapport ? » Celui qui veut s’instruire cherche les sources et l’assistance de ceux qui peuvent le lui permettre. Il aimerait aussi l’assistance de personnes pouvant critiquer son travail, des pairs[1] ou des aînés[2], pour l’améliorer. Il doit donc être en rapport avec ceux qui peuvent l’aider. Pour cela, Illich imagine quatre services devant permettre l’instruction libre et volontaire. Cependant, pour que ses idées fonctionnent et continuent d’avoir un sens, il ne faut pas oublier que l’instruction doit rester un choix personnel.

   Pas de programme établit à l’avance pour ensuite les faire ingurgiter aux élèves. Il s’agit d’apprendre à raisonner les problèmes concrets de la vie concrète et trouver des solutions concrètes. Cela passerait par rendre les objets à leur usage. Nous ignorons tout de la fabrication des objets que nous utilisons, et nous sommes incapables de les maîtriser. Pour réparer, ne serait-ce qu’une montre, nous devons passer par les services d’un expert en horlogerie. Nous ne savons pas fabriquer un petit moteur, qui pourrait nous être utile. L’école nous éloigne du monde social et trouble notre rapport à l’objet. Il s’agit de savoir comment les objets sont fait, fonctionnent et les rendre vivant aux yeux de l’observateur, pour en permettre la maîtrise.

   Il ne s’agit pas de « collectiviser », mais d’ouvrir la compréhension des techniques et l’accès aux moyens de produire. Par exemple, fabriquer un moteur pour qui veut se fabriquer un petit véhicule, ou laisser le libre accès aux rotatives pour imprimer un journal à qui voudrait publier. Il s’agit de rendre à la vie quotidienne sa valeur éducative. Apprendre la vie sociale aux enfants, à mettre en rapport à son environnement ce qu’il apprend et découvre. Le faire activement participer à la vie du groupe, permettrait aussi de moraliser l’acquisition de connaissance que ne permet pas le système éducatif (combien de laborantins formés à développer les armements bactériologiques ?). Dans une société vernaculaire paysanne, un enfant de huit ans pourrait être un petit berger emmenant les vaches de la famille aux pâturages. Il apprend à connaitre les animaux, les herbes et les insectes, apprend un art pour passer l’ennui, la géographie etc.



[1] Personnes ayant les mêmes intérêts, compagnons d’études ou de promenades studieuses.

[2] Des guides donnant toutes sortes de conseils pour aider l’étudiant.

Par 問道 - Publié dans : Ivan Illich
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 12:40

   Illich pointe les idées voulant changer l’école. Il les considère comme superficielles. Effectivement, aussi différentes et opposées qu’elles puissent paraîtres, les deux courants restent sur la même vision institutionnelles de l’apprendre. Le professeur est prit entre trois feux :

 

deux feux

ecoleoppo

   Apparemment en opposition, ces deux courants baignent en fait dans le même jus idéologique : celui de la scolarité. Loin d’être contradictoires, mais au contraire complémentaires, la droite vise le contrôle social, alors que la gauche vise à développer l’initiative, mais uniquement dans le cadre restreint de la société telle qu’ils la veulent (la seule possible). Ces disputes n’ont pour but qu’une consolidation du système, selon les points de vue des différents camps. C’est une amélioration de l’usine à fabriquer des consommateurs. Ils sont réunis par l’idéologie de la croissance économique, et l’école doit continuer à exister pour continuer à discipliner et rendre compétents les pauvres dans le travail de production et le soutien de la consommation.

   Avec la croissance de l’urbanisation, et de l’anonymat de chacun, les enfants ne sont plus considérés comme les fils d’une maison ou d’un homme, ou un membre de la société, mais comme un chiffre, un corps, une statistique. Il n’a plus ni visage ni existence. Le système ne le considère plus que comme une ressource naturelle, traité et raffiné par l’école. Ce système catalogue les élèves dans des cases rigides à une dimension, dans le but de les rendre exploitables. Chaque classement obéis à une logique de contrôle et d’exploitation. Ainsi, nous sommes étudiants en histoire, en art, en musique, en cinéma, en économie etc. et dans chacune de ces cases, existe d’autres cases plus petites, la spécialisation se faisant de plus en plus précise. L’école calibre et uniformise la connaissance et l’apprentissage. La connaissance ne devient qu’une activité de stockage d’informations marchandisées. C’est ainsi, que l’on peut rencontrer des personnes très érudites en matière de bouddhisme et de connaissance des bodhisattvas, faire l’apologie de général d’armée ayant pratiqué ou couvert la torture.

   C’est un système administratif absurde animé par un paradigme absurde et étroit. La modernité fait la confusion entre croissance technologique et contrôle technocratique. Pour le technocrate, la société n’est à considérer que s’il peut la reprogrammer vers plus d’efficacité vers l’objectif qu’il fixe et s’il peut prévoir les rapports et interactions avec l’environnement. C’est le planificateur qui décide alors de ce qu’est la liberté des « bénéficiaires » qui peuvent choisir entre plusieurs produits d’une gamme conditionnée. L’école rend le système encore plus absurde du fait qu’elle fait participer les administrés à leur propre emprisonnement.

   L’école est le cœur du système. Sa standardisation à l’échelle mondiale, fussent changeant les couleurs ou les rituels folkloriques, n’a pour but que d’uniformiser le monde à la domination bureaucratique. Si les leaders politiques feignent le désaccord et l’opposition, ils partagent la même logique : instaurer chez le peuple la soumission volontaire, qui sollicite la bienveillance de la sainte institution. C’est elle qui forme et conditionne l’économique et le politique. Se contenter de changer quelques structures économiques et politiques ne consiste qu’en un petit peu de maquillage, mais rien ne changerait au fond.

Par 問道 - Publié dans : Ivan Illich
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