Lundi 9 novembre 2009
   Rencontre avec l'Oncle Bernard suite

   Arrive alors, dans la continuité, le capitalisme et le marxisme! Naturellement, puisque l’on s’est engouffré avec les religions dans le totalitarisme ! Ils nous prennent dans nos angoisses, notre cœur, douloureux pour nous dominer et nous soumettre à son ordre et sa définition de l’existence. Lire Shang Yang et Han Feizi, les principaux penseurs légistes, idéologie que l’on pourrait qualifier de totalitaire, l’on se rend compte du caractère réel du capitalisme! Chez Shang Yang, la société idéale ressemble à s’y méprendre à la termitière de Freud dans « Malaise dans la culture », chez Han Feizi, l’intérêt personnel est ce qui fait marcher la société elle fait du collectif… un magicien en somme. D’autres choses permettent la comparaison, mais elles ne seront pas toutes définies ici.

   Le Communisme, aussi est totalitaire, ce fut évoqué ici, à propos de cette façon qu’avaient les deux compères à limiter l’histoire de toute l’humanité à une vulgaire lutte des classes. « J’ai de plus en plus de mal à voir la différence entre capitalisme et communisme ». Je lui dis et il me répondu qu’il y en a pas vraiment, c’est de « l’économie est le centre de l’existence », un paradigme du « tout quantifiable »… Cette idéologie reprend les mêmes thèmes et les mêmes idées à son compte dans le fond! Mais le destin du communisme était nécessairement, à un moment ou un autre, de muer en totalitarisme, quand on tient les propos du manifeste, la vérité absolue sur le sens de l’histoire, et la solution ne pouvant venir que de la liquidation d’une partie de la société, que nous le voulions ou non, d’hommes, cette idée nouvelle, donc destinée aux perdants de l’ordre alors établi, des gens un peu désaxés, psychologiquement énervés, « perdus pour la société » comme disait Lénine, ne pouvait pas ne pas rencontrer d’esprits violents n’attendant qu’une doctrine pour devenir totalitaire.

   « De toute façon, dans toutes les cultures, on trouve l’obscurantisme et la lumière, ce n’est pas une question de culture fondamentalement ceci ou cela, mais d’idéologie » disais-je comme conclusion. Il me demande alors ce que je compte faire sur l’avenir et je lui dis « ah, je ne sais pas ce que je ferai, je ne connais pas l’avenir aussi bien que Jacques Attali » réponse qui a le don de le faire rire ! Évocation alors de mon séjour à Dauphine, ou sévit le thuréfaire du libéralisme Philipe Chalmin, cette fac de « born again du libéralisme ». « Monsieur, ils sont hallucinant là bas, ils récitent la leçon en étant persuadés que ce ne sont pas des conneries ! Ils sont jeunes, ils ont la foi ! Et vas y que je te balance la compétitivité, et la concurrence… ils prêchent une religion de « winner » sans se rendre compte que c’est gros comme une maison qu’ils en seront les loosers ».

   Et l’abbé Chalmin parlant de « mariage heureux » à propos de la dictature communiste en Chine et du capitalisme, les 10% de croissance un fois sur LCI… « Dites, il est fou ce pauvre monsieur », je lui dis et ce encore le faire rigoler ! « Mais bon, ils trouvent Deng Xiao Ping génial pragmatique et brillant alors qu’il n’était qu’un con qui arrivait à être plus imbécile et nuisible que Thatcher » et il trouve comme moi qu’effectivement, Deng Xiao Ping était un imbécile inculte ! Arrive le moment de partir, il me confit la réalisation d’un dossier : « pourquoi le capitalisme n’est pas né en Chine ? » Une belle rencontre, avec un homme ouvert, qui écoute, respecte les autres.

A voir :


Par 問道 - Publié dans : journal en vrac
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Jeudi 5 novembre 2009
   Rencontre avec l'Oncle Bernard!

   Retour encore à Paris VIII, pour un cour d’économie, en « séminaire externe » dans le cadre de mon Master. L’après midi est déjà bien avancée, et j’attends devant la porte. Bien en retard, il arrive, mais pas grave, il arrive quand même et rentre dans sa salle, je l’intercepte et me présente. Apparemment, je suis son seul étudiant pour ce cours, étrange, sa notoriété est pourtant réelle ! Les prélats du capitalisme, et autres libéraux, le détestent, lui qui n’aime pas « l’ordre naturel de l’humanité », les marxistes ne l’aiment pas, trop pédagogue et plus « au-delà du capitalisme » que militant et « anticapitaliste ». Moi je l’aime bien, il fait de l’économie avec de l’histoire, de l’ethnologie, de la psychanalyse, de la littérature… il a une démarche que je qualifierai de « polanyiste » !



Bernard Maris
envoyé par reagman2000. -

   On s’installe et on discute. C’est un monsieur très peu bavard, il écoute beaucoup et écoute vraiment, même un simple étudiant alors que lui est professeur ! Je lui parle de mon mémoire et des choses surprenantes sur la façon dont est définie la « puissance militaire » chez ces anciens penseurs chinois. De la civilisation chinoise, dont il ne sait pas grand-chose. Il a ainsi découvert que les débats « gauche-droite » que nous avons aujourd’hui, avaient leurs équivalents sous les Song, entre ceux qui voulaient soutenir les classes les plus faibles (Wang Anshi en est la figure la plus célèbre) et ceux plus élitistes. Le but étant de renforcer l’Empire, le pays pour regagner les territoires perdus au nord sous l’avancée de peuples des steppes altaïque. Lui-même avoue, ne pas comprendre pourquoi ce pays à un moment clé de son histoire, n’a pas inventé le capitalisme…

   Et là, nous tombons d’accord ! « Le monothéisme est une idée totalitaire à la base totalitaire » et cela pour des raisons de base objective : le Dieu est un seigneur absolu et tout tourne autour de lui. C’est par rapport à lui que se définissent le « bien » et le « mal », le « moral » et « l’immoral », il est au centre de toutes les préoccupations des hommes et exige que la société tourne autour de lui et de sa religion. Autre raison objective, la notion de « vérité absolue », son caractère dogmatique. A partir du moment où, l’on définit une idée, un concept et ses lois non naturelles comme vérité absolue, cela signifie que tout le reste est faux et ne peut contenir une once de vérité. Enfin, il est bien évident qu’une idée absolue ne peut se voir que comme universelle, et donc, impérieuse, il faut donc allée anéantir les autres cultures, pour les forger à l’image souhaitée. L’universalité autoproclamée.

   Arrive alors la question de l’islam, vue mes origines, j’ai été autre fois forcé de vivre dedans, je le mis à l’aise : « moi monsieur, je n’ai pas de problème avec ça : elle arrive à être encore plus dure que le christianisme ! On essaye de parler « d’islamistes », mais dans son cœur, dés le jour J de sa création, l’islam est violent et totalitaire ! Rien que pour rentrer, il suffit de dire une phrase : « j’atteste qu’il n’y a d’Allah qu’Allah et que Mohammed est son prophète ». C'est-à-dire qu’on vous demande d’attester de ce que vous n’avez jamais vu et de ce que vous ne pourrez jamais vérifier ! La foi, bien entendu aveugle. Après, pour en sortir, bien y pas ! Si on abjure, on meurt. De toute façon, suffit de lire la biographie de Mohammed pour s’en convaincre ! » Le prof remarque alors qu’en France, « on a toujours l’image d’un occident médiéval arriéré et d’un monde islamique hyper avancé et cultivé ! ça vient d’où à votre avis ? » Je lui parle alors de « l’islamophilie », cette débilité d’une certaine élite en quête d’exotisme pour briller en soirée mondaine. Mais en vérité, le « monde islamique » (je n’aime pas ce terme), était aussi violent et obscur que l’occident, guerres, fitna, répressions… mais ce qui donne l’illusion, c’est que politiquement, le monde islamique semblait globalement abouti, installé dans son ère et l’occident, perdant son centre, l’empire romain, devait se reconstruire.

A suivre, mais en attendant, à lire : L'autre économie

Par 問道 - Publié dans : journal en vrac
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Samedi 24 octobre 2009
   Désolé pour cette longue absence. J’ai été pris par mon inscription à Paris VIII et la rédaction de mon mémoire. J’ai fini le gros œuvre, il me reste le peau finage. Mais ce n’est pas une chose dont je tiens à vous parler aujourd’hui. Pendant ce long mois de disparition, je ne suis pas non plus resté cloitré entre ma rédaction et mon inscription. J’y aussi appris un certain nombre de choses, qui continuent de me conforter dans mon idée: nous vivons une époque épouvantablement obscurantiste! En effet, nos mots et concepts se mélangent et notre culture, nos débats deviennent une espèce de pâte informe indigeste.

   Par exemple, le mot « intelligence » et la notion « finesse d’esprit ». Nous les accordons à l’emporte pièce, à n’importe qui. Les qualités d’intelligence et de finesse d’esprit, sur des critères des plus rustres : l’efficacité de leurs actions par rapport à leurs objectifs. Ainsi, un homme politique, vivant dans une faune politique, faite de violence et de coups bas, prêt à tout pour atteindre ses objectifs, y compris le plus catastrophique, parce qu’il atteint son but : prendre le pouvoir et le garder, est considéré comme intelligent et fin d’esprit. De même pour l’homme d’affaire, qui accumule de plus en plus, s’offre l’impunité par la corruption, il est intelligent parce qu’il sait nager en eau trouble. C’est l’efficacité à court terme qui fait le critère d’intelligence, même si à long terme, son action engendre des catastrophes et même si son objectif est étroit et qu’il est incapable d’avoir une vision plus large.

   Ce que notre époque appel « intelligence », ne me semble guère en être vraiment. Déjà, vivre et agir pour un intérêt petit et égoïste, au mépris des autres me semble être l’expression d’un esprit profondément immature. Une époque trouvant cela être intelligent peut-être marqué par le sceau de l’infantilisme. Être capable d’utiliser tout les moyens pour y parvenir, y compris les plus nuisibles, n’est-ce pas justement l’expression d’un esprit rustre voir même brutal ? Notre époque trouve cela donc intelligent et l’on crie même parfois au « génie politique »; l’expression d’une époque particulièrement arriéré. Les gens intelligents selon les critères de notre temps, se donnent totalement et sans aucune retenue vis-à-vis du reste, à ces activités aussi vaines qu’infantiles que sont « la politique » et « le business ».

   Notre époque confond ainsi intelligence et cynisme. Le cynisme est vue comme une vertu, au contraire de ceux que l’on appelle avec mépris « moralistes ». Hors, le cynique ne tient absolument pas compte de ce qui existe au delà de son étroit objectif; il fonce dessus sans calculer les incidences de son action, avec un langage technicien et froid, une rhétorique de robot calculateur et un air intelligent, parce que parlant et se justifiant sans le moindre doute. Hors, l’action cynique ne calcule pas les incidences de son action à long terme, son objectif est toujours immédiat. De même, le cynique néglige les incidences de son action autour de lui, les nuisances sur d’autres qui, peuvent ensuite retomber sur lui (et qui toujours retombent sur lui). Il n’a en fait, aucune idée de l’interaction des choses entre elles. L’air intelligent et brillant du cynique n’est que l’illusion de l’intelligence. Le cynique n’est finalement qu’un imbécile qui se fantasme intelligent. Et notre époque trouve cela brillant !

   Qu’est ce que l’intelligence et la finesse d’esprit ? Un ami évoqué par le passé, N.S. parlait de « l’esprit critique ». Ce peut-être une composante d’une éventuelle définition de la « finesse d’esprit ». Lui est un esprit que je qualifierai de fin. L’on peut rajouter aussi la capacité à apprendre de son expérience et de l’expérience d’autres. Après tout, la vie d’un homme et même, l’existence de l’humanité, voire plus est apprentissage et expérience, si nous le voulons vraiment (mais cette idée ne semble pas être d’actualité aujourd’hui depuis deux cents longues années maintenant). Eventuellement, peser les intérêts et les inconvénients de son action ou de son ambition, avant d’agir peut-être aussi une partie de ce que nous pouvons appeler finesse d’esprit. Certains parlent même de la capacité à percevoir avec finesse la nature des choses et leurs interactions dans son univers… il y en a énormément d’autres, tant d’hommes et tant de façons d’être intelligent ou à l’inverse, bête !

   J’ai eu des discutions avec des jeunes de vingt ans. L’un m’a donné comme critère de civilisation la capacité à envoyer des bateaux de guerre à l’autre bout de la terre, un autre, de pouvoir être la pire des brutes dans un panier de brutes pour prendre le pouvoir. Ce ne sont pas forcément des mauvais garçons, ni forcément des idiots, juste qu'ils ont vingt ans et n’ont pas peaufiné leurs culture et point de vue personnel, ce qui est normal. Ils appartiennent complètement à cette triste époque, à son obscur et dense conformisme et semblent chercher à s’y faire une place. Comment leur reprocher de vouloir être « le meilleur des nageurs parmi les autres nageurs dans une piscine rempli d’urine » ? Ils veulent appartenir à ce monde, en ont besoin, leur individualité a besoin de cela pour se rassurer.











A lire : Freud Malaise dans la culture
Par 問道 - Publié dans : journal en vrac
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Mercredi 21 octobre 2009
La société de concurrence

   J’ai lors de mon dernier billet tapé sur un concept absurde du marxisme, parmi d’autres, la « lutte des classes ». Je vais maintenant taper sur le capitalisme dans sa forme la plus pure et épurée. Si Marx voyait la société et le cheminement de l’humanité comme un affrontement de blocs sociaux, cette idée d’affrontement est aussi très présente dans la non moins absurde idéologie libérale. Elle en serait peut-être même un de ses fondements. Néanmoins, elle porte un autre nom que « lutte », elle s’appelle « concurrence ».

   La concurrence, d’après nos chères idéologues, est une chose paisible, qui se règle à coup de baisse des prix des biens de consommations et d’amélioration des produits. Elle est censée niveler par le bas ce qui est pénible et niveler par le haut ce qui est agréable. Comme en sport, la concurrence obéit à des règles que chacun respecte et c’est l’amélioration de l’athlète qui s’entraîne dur pour s’améliorer. C’est ainsi que se font les vainqueurs et les perdants. Le monde de la concurrence est donc cette espèce de merveilleux monde fait de gens absolument honnêtes et sincères : le meilleur des mondes n’est-il pas ?

   Revenons donc sur Terre et voyons un peu ce qu’il en est : les sportifs trichent pour arriver à leurs fins, obtenir leurs les victoires. Soit par la corruption, soit par le dopage, ou d’autres méthodes encore. Les hommes et les femmes, également, trichent pour arriver à leurs fins dans la vie, par la politique ou la séduction, le sexe, la corruption, mais aussi, le coup bas et le sabotage. Je vous invite alors à relire mon écrit sur la lutte des classes, à propos des relations entre les hommes, au sein de la même classe, les petits chefs… cela montre aussi l’absurdité de la thèse libérale. Dans une société basée sur la concurrence, l’on dépense notre énergie à saboter ce que fait le voisin davantage qu’à l’amélioration de ce que l’on fait. Car le moteur du commun des hommes n’est pas de faire de belles choses, mais de se faire valoir de l’autorité, du pouvoir. Arriver à l’excellence est bien difficile, être le meilleur parmi des gens moyens est plus facile et plus efficace !

   La concurrence, appartenant à l’idéologie libérale (concervator) et à laquelle nous croyons et que nous considérons comme ordre naturel de l’existence, se base sur une instrumentalisation du nom du célèbre savant Charles Darwin. Le « darwinisme social », expliquant que puisque la sélection naturelle fonctionne sur le principe « les meilleurs survivent et les plus faibles disparaissent », il serait normal que la société fonctionne sur ce même principe. C'est-à-dire que ceux qui nous parlent de « progrès » et qui accusent les gens qui remettent en cause le culte du marché et de la croissance « d’archaïques » ou accusant les décroissants de « prôner le retour à l’homme des cavernes » ou « au moyen âge », eux nous parlent en bien d’une conception de notre existence qui valait dans un monde où l’homme n’était qu’une espèce quelque part au milieu de la chaîne alimentaire. Discours très contradictoire !

   Aussi, instrumentalisation du nom de Darwin, c’est pour se donner une espèce de caution scientifique, alors qu’en fait, Darwin expliquait que si l’homme a réussi à se hisser jusqu’à être l’animal à l’existence la moins précaire sur terre, c’est parce qu’à un moment dans son histoire, il a compris l’intérêt d’aider et de soigner ses faibles et la puissance qu’engendrait une telle attitude : la création de la société ! C’est parce que nous soignons nos malades, protégeons nos petits, entretenons nos vieux, éduquons nos idiots (contentons nous de dire que nous tentons), que l’humanité a pu être aussi forte et prospérer ! Et les libéraux (concervator) utilisent le nom de Darwin pour dire l’exact inverse. Soit ils se rendent compte, donc leur idéologie n’est que manipulation, soit ils ne s’en rendent pas compte, prêchent de bonne foi et sont donc incultes et idiots (à éduquer pour renforcer l’espèce donc). Soit c’est une tromperie, soit une « pensée » bancale. C’est certainement sachant cela que Milton Friedman dit « qu’importe que l’on sache que la Terre soit ronde ou plate pourvu que l’on puisse faire du vélo dessus ». Je vous laisse juger de l’obscurantisme, cet obscurantisme qui parle de « progrès »… décidément, qu’est-ce, le progrès ?

   C’est un peu le serpent qui se mort la queue, les hommes ne faisant pas preuve d’altruisme, ni de solidarité, le nivèlement par le bas est inévitable et la violence fait son lit : on jalouse le « vainqueur », qui n’est en fait que le plus fin politicien ou, le mieux pistonné (dans les cas les plus grossiers), on veut sa peau même, en plus de celle des autres : l’envie et la jalousie nous font haïr ceux qui sont ce que l’on voudrait être, non plus en groupe, mais dans notre coin. Les libéraux disent « l’homme est ainsi alors il faut l’accepter »… la preuve étant la société dans laquelle nous vivons. Il faudra un jour donc, discuter de ce que l’on appelle « prophétie auto-réalisatrice ». Nous sommes en plein dedans !

   Dans les deux cas, il ne s’agit jamais de faire appel aux valeurs d’altruisme, de compréhension ou chercher l’entente entre les hommes, une société apaisée; mais au contraire, l’on s’adresse à notre égoïsme, notre frustration, notre violence, notre haine même, entretenant nos angoisses. Les deux jouent de notre énergie destructrice ou autodestructrice, pour les exploiter. Exploiter dans quel but ? Pour le compte de quoi ? Que construire avec de l’énergie née de la soif de destruction? Vaste question et force est de constater qu’en fait, ce n’est pas « l’énergie » produite qui compte, mais l’intention; ce qui nous fait produire cette énergie ! C’est là que ce décide ce qui en sera fait !

A lire : Rien de spécial… lire friedman, hayek et compagnie rend con!
Par 問道 - Publié dans : journal en vrac
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Samedi 19 septembre 2009
La lutte des classes

   Voici donc un concept qui a souvent été évoqué, voire même, a justifié certains actes : la « lutte des classes ». C’est dans le manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels que fut consacrée cette conception de la vie sociale comme fondement unique de l’histoire, de la vie des hommes sur Terre : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes ». Beaucoup de choses me frappent à propos de cette citation, outre l’absurdité d’une telle affirmation et sa déconnexion des réalités sociales et ses subtilités, c’est aussi le caractère arrogant. Cette arrogance typiquement occidentale de Marx et Engels. Et dire que ce sont les marxistes qui se prétendaient défenseurs des peuples colonisés ou en guerres coloniales contre l’impérialisme et l’arrogance occidentales…

   L’arrogance occidentale d’une telle expression vient du fait que Marx, s’il a beaucoup voyagé en Europe, n’a pas exploré le monde. Il est d’ailleurs à noter que Marx a soutenu la guerre de l’opium en Chine, car il pensait que le capitalisme était supérieur au « despotisme oriental ». Cette position marque bien le mépris et l’occidentalo-centrisme de Marx qui ne fut certes, qu’un homme de son temps. Même si la dynastie Qing, d’origine Mandchous et non chinoise, a finalement toujours agit en pouvoir issu d’une invasion étrangère à travers son empire (avec quelques subtilités qu’il faudra décoder un jour). Marx n’a pas étudié l’histoire de ce pays, sa civilisation et ses diversités, ni la situation qui y régnait. Juste, il se fiait aux clichés et à l’étroitesse d’esprit d’une vision du monde quelque peu grossière. C’est ainsi que pour lui, l’horrible capitalisme, qu’il observait, qu’il décrivait et détestait en Europe et en occident, était quand même meilleur que ce qu’il pouvait se passer ailleurs, dans le schéma « le pire de ma civilisation vaut mieux que ce que l’on m’en décrit ». Et si, les marxistes étaient autant racistes que ceux qu’ils haïssent ? De même, ils n’ont pas brillé par leurs qualités d’ethnologue, Marx n’est pas allé explorer les autres peuples si différents de lui et de son monde, pour ainsi prétendre que la lutte des classes fait « l’histoire de toute société ». Lui et Engels ont ainsi, comme n’importe quels créateurs religieux ou idéologues arrogants (ce qu’ils ont été finalement), autoproclamé de façon absolument arbitraire l’universalité de leur concept et même, son intemporalité, avant qu’eux ne le brise.

   Maintenant, l’absurdité de sa thèse sur la lutte des classes. Par cette phrase, Marx montre une vision des classes sociales, des différentes composantes d’une société, comme des blocs monolithiques et hermétiques. Il s’agit des gentils prolétaires contre les méchants bourgeois, qui ne vivent jamais ensemble, ne négocient jamais ne font rien ensemble. Pourtant, chose observable, dans un groupe d’hommes, une société, il y a des gens qui complotent contre d’autres, avec qui ils ont pourtant des intérêts communs, mais privilégies leurs intérêts propres, petits et égoïstes. Ce comportement est tout ce qu’il y a de plus rationnel, l’idée qu’un patron puisse être plus enclin à donner un petit peu plutôt que beaucoup, ce qui peut-être donné à un individu d’origine modeste sera toujours infiniment plus petit que ce qu’il faut donner au groupe.

   Dans la hiérarchie de l’entreprise, le premier à oppresser les travailleurs de base sont les petits chefs, issus eux mêmes de ces travailleurs de base, mais trop contents de s’en tirer individuellement et de pouvoir jouir du pouvoir qu’ils ont sur les autres. Ils sont méprisés par leur supérieur hiérarchique et se vengent de ce mépris sur ceux à l’échelle juste en dessous. Dans la tête du petit chef, s’il se fait disputer par sa hiérarchie, ce n’est jamais pour une autre raison que la fainéantise et l’incompétence de ses inférieurs hiérarchiques! Les objectifs imposés par ses supérieurs sont toujours réalisables, non pas parce que jugés raisonnables après réflexion et calcul, mais parce que venant de la hiérarchie et qu’il faut donc obéir.

   Et puis, ce que Freud appelait « narcissisme des petites différences » et les « pulsions de mort ». Individuellement, une partie de nous se déteste, a envie de mourir, de se détruire (Thanatos) et, comme nous avons aussi une pulsion de vie (Eros), cette haine de soi dévie sur la haine d’autrui, non pas autrui le très différent, mais autrui qui nous ressemble le plus! Chacun déteste son semblable le plus ressemblant et veut le détruire parce qu’il lui rappel lui-même. C’est ainsi que par exemple, dans les lieux de travail, un travailleur se retrouve toujours rival ou ennuyée par un autre travailleur pourtant embarqué dans la même galère que lui! Parfois, cette attitude va jusqu’au petit complot pour faire sanctionner ou licencier celui-ci. De même, le petit chef, déteste ceux qu’il commande, là ou le patron les méprise bien souvent, puisqu’il en est issu et qu' il leur ressemble!

   Les bourgeois, eux aussi ont les mêmes tares, à leur échelle, haine de ceux qui leur ressemblent, petits complots, ragots… la société bourgeoise, c’est l’empire des coups bas. Chez les bourgeois, existent, comme chez les gens des couches moins aisés, le meilleur comme le pire. En fait, la lutte des classes de Marx et Engels, c’est « le choc des civilisations » à l’échelle de la société. Il fut répondu à Huntington qu’il ne s’agissait pas d’un choc des civilisations, mais des barbaries, aussi présentes en Occident qu’ailleurs alors que les valeurs plus positives sont présentes aussi bien en Occident qu’ailleurs. De même, il ne s’agit pas d’une lutte des classes, mais d’une lutte du respect contre le mépris.

Je ne voulais parler que du concept de lutte des classes. Il y a tant à dire !

A Lire : Manifeste du Parti Communiste
Par 問道 - Publié dans : journal en vrac
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