Le droit individuel: introduction

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

   Guerre des Touareg pour leur indépendance dans l’Azawad, victoire des indépendantistes catalans aux élections, l’Ecosse qui avance aussi dans cette voie, viennent s’ajouter au combat des Tibétains, des Amérindiens, des Kurdes, des Basques et tellement d’autres. Certains s’en sortent mieux que d’autres ! Les Touareg font la guerre à la fois au Mali[1], aux groupes islamiques armés (qui seraient aidé par l’Algérie ou le Qatar, ou les deux) et, contre la France, qui, renfermée dans son paradigme colonial de l’Afrique, refuse obstinément[2] que soient remis en cause les structures de domination qu’il a crée durant le colonialisme ouvert[3]. Les Catalans, opprimés par la couronne d’Espagne depuis bien longtemps, ont eu à subir la répression franquiste, puis les coups fourrés et tartufferies de la démocratie représentative espagnole[4]. L’Ecosse, vie une situation beaucoup plus soft. En Afrique du sud, les peuples noirs, ont subis l’apartheid, pour vivre aujourd’hui sous un régime représentatif, présidé par un noir[5].

   D’autres cas sont plus dramatiques : les Tibétains, vivent sous la terreur du Parti Communiste Chinois, les Amérindiens doivent affronter des Etats capitalistes jusqu’à la moelle, après que les Brésiliens et les Américains, ont couvert les autochtones de cadeaux empoisonnés[6]. C’est la maladie, mais surtout l‘alcoolisme et l’acculturation via les mass-médias, la consommation et l’école publique obligatoire, qui sont les armes plus décisives encore que les balles. Ceci est également vrai pour les Aborigènes d’Australie. Leurs situations semblent avoir évolué : ils ne se font plus tirer dessus ou matraquer, juste marginalisés et leurs territoires rongés par le cancer de l’exploitation économique. Durant un XXe siècle de lutte, ils ont tout de même acquis des droits, les Etats se sont formellement démocratisés ; tous jouissent de droits individuels !

   Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Du point de vue de ce « meilleur des mondes », l’histoire s’apprête à toucher à sa fin[7], ce qui signifie que quasiment tous les problèmes sont en passe d’être définitivement réglés, par la magie du droit individuel. Mon propos est que, loin d’être un dut ou un don, le droit individuel est une arme de destruction morale et psychologique des peuples, la plus sournoise qui soit. Pour comprendre le sens du « droit individuel », il convient de réfléchir sur la signification de ces deux notions qui forment ce mot : le droit, et l’individu. Dans un premier temps, nous verrons l’origine de la société libérale, en suivant le développement de Jean Claude Michéa, qui a pensé le sujet, puis tenter d’expliquer les deux jambes de l’Etat libéral, pour enfin voir les incidences sur les peuples en question.



[1] Dont certains ultra de l’Etat-nation malien, se montrent si certain de leur bon droit qu’ils se laisse exprimer, à l’égard de ce peuple nomade, des idées qui n’ont rien à envier à ceux de ces Afrikaner adeptes de l’apartheid

[2] Dans une attitude de dénie rigide d’une conjoncture de l’histoire qui tient plus de l’enfant gâté que de l’adulte raisonnable et intelligent

[3] « Colonialisme ouvert », c'est-à-dire ouvertement avoué, reconnu, par opposition à un colonialisme masqué, sous marin ou marron (plus à la mode américaine en Asie).

[4] L’Espagne dont même la langue, est un instrument de guerre contre les cultures vernaculaires. Pour s’en convaincre, lire Ivan Illich « Le travail fantôme ». On peut trouver le texte en question ici

[5] Qui n’a en fait, pas changé grand-chose à leur situation: misère, démembrement social et culturel par le Marché, exploitation.

[6] Tissus contaminés, alcools…

[7] Lire Francis Fukuyama

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