王夫之 Wáng Fūzhī sa pensée politique (partie 3)

Publié le par 問道

La politique intérieur

   Pensant que le rôle de l’Etat dit protéger le petit peuple des envahisseurs et des 小人 xiǎorén, il ne doit pas être un instrument de contrainte et entrer dans une logique technicienne du gouvernement. C’est ainsi qu’il critique un projet de réforme agraire du maître 朱熹 Zhū Xī, grand réformateurs de la pensée du 儒家 Rújiā durant le grand mouvement intellectuel de la dynastie 宋朝 Sòng cháo.Dans l’idée du réformateur, il s’agissait d’organiser rationnellement, sur des bases techniciennes, le partage et l’organisation des terres. Les critiques de 王夫之 Wáng Fūzhī,  portent d’avantage sur le principe d’une telle démarche, qu’il trouve illégitime et erronée. En effet, à travers l’empire, les milieux et situations sont multiples à travers et impossible à maîtriser dans leur totalité. Toutes réformes venant d’un technicien, imposée par l’autorité centrale, créerait plus de problèmes que de bienfaits. Il préfère, laisser agir et gérer les paysans qui, ont hérités, sur leurs milieux du savoir des anciens, auxquelles ils ajoutent leurs découvertes, et les transmettent génération après génération. Ils ont aussi leurs sociétés avec leurs particularités adaptés à leurs milieux naturels et à leurs contextes. Aussi brillantes et complètent que puissent être les théories sur le papier, elles ne maîtriseront jamais les problèmes. La complexité du monde est telle que jamais aucun traité, aucun homme, aucun discours ne saurait tout maîtriser. L’existence est vaste et elle change, évolue en permanence. Tenter d’ordonner et quadriller rigoureusement les choses lui emblent alors vain. Par l’exemple de l’agriculture, ce peut-être la vision de la civilisation qui est la sienne qui s’exprime.

   Dans la même logique, il fustige à la fois réformateurs et conservateurs. A partir de l’adage de 論語 Lúnyǔ : 子曰 學而不思 則罔 思而不學 則殆 zǐ yuē : « xué ér bú sī zé wǎng  sī ér bú xué zé dài » (étudier sans réfléchir est vain, réfléchir sans étudier est dangereux). D’un côté, il reproche aux conservateurs de ne chercher qu’à copier le passé sans esprit critique et au mépris du contexte de leur époque. Ils créent, par leur logique, des contradictions aux conséquences néfastes, en voulant créer des institutions inadaptées. D’un autre côté, il reproche aux réformateurs de vouloir le changement radical, en rupture, et d’agresser la société, affaiblissant la civilisation. Pour lui, il faut construire le présent et laisser l’avenir se construire, en continuité du passé. Il s’agit de corriger ce qui ne fonctionne plus et ce qui est obsolète tout en gardant les bases qui font la civilisation, comme les feuilles mortes tombent d’un arbre, d’autres poussent à la place, sans que ça change la nature de l’arbre. Aussi, savoir et pratique sont également liés. L’histoire ne consiste pas à simplement savoir ce qu’il a pu se passer dans d‘autres époque, mais au contraire, servir à l’homme présent. Ce doit être un instrument pour se guider et voir clair le monde dans lequel il vie. Lire ne consiste alors pas à déchiffrer des caractères avec les yeux, mais engendrer une réflexion critique du lecteur sur le monde qui l’entoure et lui même. Sans cet esprit critique, l’histoire devient alors un fléau. Au bout de sa logique, il préfère alors un illettré inculte, qu’un lettré embourbé dans ses mots incapable de critiques.

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