王夫之 Wáng Fūzhī sa pensée politique (partie 2)

Publié le par 問道

L’Etat

   Sur la question de l’unité d’un empire ou d’un pays, il se montre à la fois social, mais également spirituel. Pour lui, imposer une unité nationale par la loi ou la force est vain. Ce qui fait l’unification d’un empire ou sa dislocation, c’est l’existence ou l’inexistence d’un principe unificateur commun. Ce sont les forces qui animent la société qui créent les unifications et les dispersions. L’air du temps fait que des hommes, différents, cherchent à construire une entente autour de ce qui les uni. Une unité de loi et de force ne serait qu’apparente. Au sein d’un même pot, peuvent vivre des éléments séparés, distinct les uns des autres. Le rôle du souverain est donc d’abord, de créer du lien entre les hommes. Ces liens, c’est l’amour de la population pour le souverain, mais aussi entre sujets, d’une région à une autre. Il en est de même au sein de l’administration ou de la cour. Ce principe unificateur, ne doit cependant pas être fabriqué de toute pièce, ou imposé de l’extérieur. C’est un sentiment qui existe déjà en chacun des hommes « unissable ». Comme une graine existante dans le cœur des hommes, le souverain est le jardinier qui la fait germer et entretien la plante. Ainsi, pour tenter de traduire  王夫之 Wáng Fūzhī en langage occidental moderne, l’Etat n’est qu’un instrument dont se munies les populations partageant un sens commun, pour vivre ensemble, et non l’inverse.

   Le rôle premier de l’Etat, toujours d’après 王夫之 Wáng Fūzhī, est surtout de protéger le petit peuple. Dans la nature, les fourmis, ne se mélangent pas avec les rouges et les fourmis volantes, parce que dans la fourmilière, le souverain protéger ses sujets des attaques des deux autres. Il doit alors protéger le pays des invasions étrangères. Mais aussi, à l’intérieur de la société, il doit protéger les plus faibles contre les plus puissants qui veulent les écraser. Il a pour les activités mercantiles un mépris de guān (lettré, mandarin). Il distingue le 君子 jūnzǐ (homme vertueux) au 小人 xiǎorén (homme de peu), gâté et prêt à toutes les malices pour parvenir à ses fins de gain.Ainsi, concrètement, l’Etat doit défende le petit paysan contre les grandes entreprises. Dans sa vision des choses, la défense de la civilisation contre les agressions extérieures des barbares et l’activité intérieure des affairistes sont une seule et même cause. Il émet une analyse historique, selon laquelle, les dynasties issues d’invasions étrangères s’appuient sur les 小人 xiǎorén pour installer et assoir leurs dominations. Ces derniers, en échange, bénéficient de leurs largesses pour s’adonner à leurs activités mercantiles et s’en satisfaire. Les uns ayant besoin des autres pour maintenir leur main mise et, les autres bénéficiant de leur protection dans leurs activités. Ce fut effectivement le cas sous la domination mongole des 元朝 Yuán cháo. Dans son idée, la Chine, en tant que civilisation et façon d’appréhender la vie, est faible quand les marchands sont forts, du fait de leur esprit guidé d’avantage par leur désir d’accumulation de richesses, opposés aux principes de vertu et du bien social. Il réfute ainsi la position de certains Chinois collaborateurs des envahisseurs selon laquelle, l’envahisseur mandchou mettrait fin au désordre et à la guerre civile au sein de l’empire et qu’il faille pour ça les soutenir. L’ordre et la paix ne peut-être le fait d’une dynastie que la propagande officielle veut chinoise, mais qui n’est et ne sera à ses yeux, et aux yeux de la société chinoise, que la domination brutale d’un envahisseur.

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