王夫之 Wáng Fūzhī: sa pensée politique

Publié le par 問道

626px-Asia terrain   S’il combat, avec ses moyens les Mandchous, qu’il hait de toutes ses forces, il n’en demeure pas moins réfléchi sur la question de sa civilisation et ses relations au monde. Il s’est ainsi posé la question du monde et des différences entre hommes, la question de l’Etat et sa relation à la population.

 

Les diversités du monde

climat_asie.gif   L’une de ses œuvres les plus marquantes de 王夫之 Wáng Fūzhī est le 黃書 Huángshū (livre jaune). Dans ce livre il cherche dans l’histoire de l’empire les raisons de la chute de la civilisation face aux agressions des peuples venant de la steppe. Pour lui, l’incapacité des 宋朝 Sòngcháo à chasser les nomades des territoires du nord de la Chine et les laisser s’installer et se mélanger aux Chinois locaux, forment la première cause de l’impuissance de l’empire devant les nomades. La distinction entre Chinois sédentaires et nomades des steppes est pour lui clair et naturelle. Pour lui,les différents modes de vies, cultures et civilisations ont pour racine les différentes relations qu’entretiennent les hommes avec leurs environnements naturels. Il parle de différentes espèces d’hommes, comme il existe différentes espèces d’animaux, selon qu’ils habitent un endroit au climat chaud ou froid, humide ou aride, de plaine, de désert ou de forêt etc. Ces milieux naturels influent sur les perceptions du temps et de l’espace, et même la perception et l’usage du corps. Ce sont aussi les structures sociales, les habits et les activités, qui contribuent à forger les groupes et à les différencier. Loin du cosmopolitisme de nombre d’intellectuels, 王夫之 Wáng Fūzhī est d’avis qu’il faille maintenir les barrières et la diversité entre les espèces et les hommes, pour maintenir un monde ordonné et harmonieux sous le Ciel. Il est vrai que le monde asiatique, est un univers extrêmement vaste et diversifié, au contraire de l’Europe, continent étroit ou les différences entre voisins sont moins importantes et ancrées. Les métissages engendrent à son idée une acculturation, qui se traduit par une perte de valeurs sociales et l’addiction aux jeux et à l’alcoolisme, ainsi que des mœurs brutales, du fait du conflit entre valeurs sociales différentes et souvent contradictoires.

   Pour illustrer son propos, il prend pour référence la nature et constate la diversité des espèces. Il compare des espèces différentes, du même animal : les oiseaux. Alors que les oiseaux des montagnes ont les pattes écartées alors que les oiseaux des marais ont les pattes palmées. Pour 王夫之 Wáng Fūzhī, sans parler de « sélection naturelle », c’est l’adaptation à leur milieu qui fait ces distinctions et ces diversités. Les activités ont aussi leur rôle. En effet, il observe que les animaux montés sont physiquement fait pour que leur force s’exerce verticalement et les animaux de labour pour exercer leur force horizontalement. Il en va également de même pour le milieu naturel, il y a des plantes dont la culture est adaptées aux temps humides et chauds (le riz au sud) et d’autres adaptés au gel (le millet au nord). Créer donc des barrières entre les espèces et les peuples n’est donc pas vue comme une chose isolante et perverse, mais au contraire, comme un acte de sagesse des anciens, qui ont pris le partit de se conformer à la nature dans laquelle ils vivaient. Malgré sa haine des envahisseurs nomades, il reconnait l’humanité des autres hommes non chinois, et ce qu’ils ont physiquement en commun avec les siens. Il constate la « diversité » comme loi naturelle du monde, et, l’uniformisation briserait l’équilibre et engendrerait la destruction. Il oppose Chinois et nomades des steppes dans le cadre des invasions de la Chine par ces derniers, mais ne prône pas non plus la sinisation de ces autres populations.

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