Une structure de domination

Publié le par 問道

   Le système scolaire réclame toute l’énergie et le temps de ses fidèles. Le maître y est gardien, prédicateur et thérapeute :

-Gardien d’institution, il guide les élèves dans des rituels interminables, l’obéissance, et le prépare à ingurgiter le programme.

-Prédicateur : il censure les mœurs, se substitut aux parents. Dieu ou l’Etat se chargent de l’endoctrinement et inculque les bonnes mœurs, selon les canons de l’institution et de ceux qui en sont à sa tête.

-Thérapeute : il est autorisé à connaître et examiner la vie personnelle des enfants, au sein de leur famille. Ceci couplé avec son rôle de prédicateur, il impose à l’élève ses propres conceptions de la « vérité » et de la « justice », qui ne sont rien de plus que les conceptions de ce qui l’a formé. L’enseignant est un nouveau clerc. Le système catégorise par âge et fabrique ainsi une ségrégation permettant de soumettre à l’autorité et d’exclure les « hors cadre ». Le déserteur ou le cancre apprend ainsi qu’il est un inférieur. Cependant, il n’en est pas moins institutionnalisé : il défend quand même le système, la société qui a fait la « révolution permettant la monté des espérances ».

   Chose que l’auteur du livre constate, c’est que les libertés ne concernent pas l’enfant à l’école. Depuis son époque, on a crée des tribunaux pour enfants, adoptés des principes et des lois pour protéger l’enfant des parents, de la famille ou de son entourage. Dans la déclaration du droit des enfants, c’est les Etats et les institutions qui ont devoir de veiller au bien être des enfants et de les protéger. L’enfant doit être protégé de tous les maux, sauf ceux provoqués par l’école et des institutions, qui ne sont jamais évoqués[1]. Elle appel même à la scolarisation obligatoire. C’est une des plus grandes perversités du système : l’endoctrinement, le formatage et la transformation du jeune humain en serviteur-consommateur n’est pas considéré comme un avilissement, mais un « droit »[2]. C‘est la novlangue de Georges Orwell dans 1984. Le pouvoir du maître est et reste ainsi absolu.

   Est consacré ainsi le caractère absolument sacré de l’école. : On y confond règles/lois et valeurs. Enfreindre une règle (par exemple laisser copier un camarade en difficulté durant un examen) hante la conscience personne par un fantôme de culpabilité. Comme un animal fidèle, l’école impose un collier, mais dans le cœur plutôt qu’au cou. Le diplôme est la carte d’identité de l’animal consommateur. Il défini son coût et son prix. Il appartient à un monde où il a une valeur marchande.

   Illich, qui a été prêtre, considère l’école comme l’Eglise moderne : elle est gardienne du mythe de la société, institutionnalise ses contradictions et est le lieu du rite reproduisant et creusant les écarts ente mythe et réalité. On peut remettre en cause le mythe ou l’institution, mais en aucun cas le mythe. Hors, il s’agit ici de se libérer de l’enchantement du rituel et de le prendre pour ce qu’il est. Aucune société n’a vécu sans rites, mais dans la société contemporaine, le rituel est permanent, abrutissant et cher. C’est une société qui prétend croire en la « raison » sans qualificatif, et qui appelle ses rites « éducation ». Il est aussi, important de comprendre que ce rite ne sert ni l’acquisition de connaissance ni l’égalité sociale. C’est une ritualisation de a compétition (via la promotion) et c’est pour Illich ce qui compte d’avantage encore que l’enseignement lui même. C’est cependant, un problème qui dépasse le simple problème de l’école.

 


[1]CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L'ENFANT ONU : 20 novembre 1989 (Texte intégral) : http://www.droitsenfant.com/cide.htm

[2] Article 29

[3] Sigmund Freud, malaise dans la culture, Paris Universitaire de France, Paris, 1995 p. 19

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