Une structure de domination 2

Publié le par 問道

   C’est un système animé par l’idéologie du « toujours plus » : plus longtemps on y reste, plus de programmes l’on ingurgite, plus l’on est soigné par le système (qui nous construit des routes neuves, des stades, des chapelles, fait des programmes d’études internationales, et les entretiens). Le diplômé est un animal dressé à dévorer l’aliment qui lui est servit. L’on y inculque le paradigme de la croissance (consommation en progression sans fin, progrès eternel), ce qui peut-être considéré comme contraire à la maturité. Freud semblait lui-même aller dans ce sens :

«  Les interdits sont nécessaires parce que certaines personnes et choses ont en leur propre une force dangereuse qui se transfère par contact avec l’objet ainsi chargé presque comme une contagion »[1]

   L’enseignement est considéré comme un service, donc un produit de consommation sans fin. Elle culpabilise ainsi les « sous-consommateurs ». Son image vertueuse et bienfaitrice fait culpabiliser ceux qui y échouent. D’eux même, ils se frappent d’une sanction morale. Pourtant, Illich l’explique dans la première partie, que le système est organisé pour faire échouer les modestes et profiter aux élites.

   Usine à fabriquer des consommateurs, elle sert le système appauvrissant et exploitant :

Figure 4: Mécanisme de l’école fabrique à consommateurs appauvris et exploités

mecanisme1 

 

   L’école est une industrie où c’est la main d’œuvre qui crée la plus grande partie des demandes. Traditionnellement, l’aliénation est vue comme une conséquence du travail salarié. Mais l‘école les « pré-aliène » car les élèves sont écartés du monde. Leur savoir n’est plus que marchandise qu’ils consomment et produisent sur le marché de l’école.

   Même si l’école n’est pas la seule institution à imposer sa propre réalité, elle est la pire. En effet, prétendant former le jugement et l’esprit critique, elle fait de tout de simples services de consommation. Sa mission est de cacher les réelles contradictions entre principes proclamés  et réalité effective. Religieuse et dogmatique, l’esprit critique enseigné est superficiel et limité.

 

  

[1] Sigmund Freud, malaise dans la culture, Paris Universitaire de France, Paris, 1995 p. 19

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