Une fausse alternative : le marxisme

Publié le par 問道

   Beaucoup de personnes, certainement de bonne volonté, se sont fourvoyés dans l’alternative marxiste. Si Marx et ses disciples ont critiqués et attaqués le capitalisme, il s’agit cependant d’une opposition superficielle. Ils partagent en effet le même paradigme : le même culte du dépassement des limites et de la toute puissance, du travail et du travailleur comme élite de l’humanité… ce n’est pas une alternative au capitalisme, c’est une réorganisation de celle-ci. Une sorte d’alter-modernité. Il n’y a ainsi que le capitalisme qui soit aussi occidental. que le marxisme. Certains considèrent même les idées de Marx comme étant du « christianisme athée ». Dans les pays sous domination idéologique du marxisme, comme la Chine, l’on ne voit plus son histoire, sa tradition et ses pensées qu’au travers le prisme des clichés et des vulgates chrétiennes puis occidentales. Ainsi, parler de « philosophie », de « religions » de « superstitions » à propos de ses traditions, parler de « féodalité » à propos de l’histoire impériale et autres absolues absurdités.

 

    Le marxisme ne remet pas en cause la place prépondérante de l’économie, de la production, du travail, dans la société et l’humanité. L’espoir de Marx, c’était le prolétaire, le travailleur, qui devait renverser l’ordre bourgeois et faire la révolution. Hors, l’expérience montre que si ceux qui travaillent font des grèves ou des manifestations, ils ne veulent pas changer de société, juste améliorer un petit peu leur condition. D’autres ont essayés avec les paysans, mais, de l’aveu de Régis Debray, compagnon de route d’Ernesto Guevara en Bolivie, les paysans, les peuples matériellement modestes ne veulent pas forcément la révolution, mais juste se sentir chez eux sur leurs terres. Ce sont les personnes professionnellement inactives, physiquement oisives qui peuvent peut-être porter le changement. En effet, si le travail physique aliène les hommes, les oisifs ont le temps, l’énergie et le loisir d’imaginer d’autres choses, de remettre en cause, de critiquer. Ils ne sont pas poursuivis par les considérations de survie, ils ne vivent pas à gagner leur pain quotidien, leur temps est plus long. Le totalitarisme, qu’il soit communiste ou nazi, de même que religieux, ne s’y est pas trompé : ils n’ont jamais empêchés de travailler, bien au contraire, mais ils ont censurés et contrôlés les arts et les lettres !

 

   Ce ne sont pas des hommes qui travaillent, que peut venir un changement. Lénine, l’ayant compris, mis au point la notion de « révolutionnaire professionnel », c'est-à-dire des gens qui ne font que ça. Certains sont des brigands, d’autres des étudiants, universitaires ou des artistes. Cependant, ils n’ont pas une idée du changement très sain. Ils sont endoctrinés, fanatisés et prêt à tout les sacrifices, y compris humains, pour consacrer leur doctrine. Ils sont éduqués pour la révolution, rien que la révolution. Une icône de ce révolutionnaire professionnel est Ernesto Guevara. Révolutionnaire motivé, présenté comme un exemple révolutionnaire et romantique, son engagement, y compris physique lui vaut la sanctification. Cependant, son engagement se faisait aussi pour de mauvaises raisons. La révolution d’Ernesto Guevara ne fut pas une lutte pour libérer les peuples du capitalisme, pour leur indépendance, souveraineté libertés et le respect de leurs cultures. C’était combattre le capitalisme pour le socialisme. Il a voulu exporté sa révolution hors de Cuba, dans des pays ou elle n’avait pas lieu. Elles n’avaient pas lieu pour divers raisons, souvent pour de mauvaises. L’adepte guevariste vous dira peut-être « Mais le socialisme, c’est sa libération », chose qu’il sait aussi bien sans avoir désappris son paradigme, pour ensuite intérioriser celui des autres.

 

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