Un petit peu de vocabulaire

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

Entropie

   C’est un terme qui date du XIXe siècle. Le physicien allemand, Clausius, étudiant la relation entre chaleur et pression dans un système clos cherchait un mot pour dénommer cette fonction. En 1865, il trouve le terme « entropie ». Ce terme, vient du grec « entropéo » signifiant « tourner », « tordre », « pervertir » ou « humilier ». Depuis, il désigne l’algorithme définissant un phénomène non remarqué. Mais, Ivan Illich saisit un autre sens : une déviation inconnue pervertissant les meilleures intentions. Il parle de « déviation frustrante ». Ainsi, l’école abrutissante, le système médical iatrogène (engendrant des conséquences néfastes sur la santé), l’accélération faisant perdre du temps. Dans son évolution, ce mot devient une sorte de passe-partout à deux sens :

-  nouvelle déviation sans sens traditionnel, si pénible qu’on évite d’en parler.

- faire de notre implication dans la société de consommation un tabou. On emploie le terme « entropie » faisant apparaître la dégradation sociale comme une loi de la nature.

Ces perversions de bonnes intentions ne sont jamais décrites comme des « flux d’énergie » ou d’informations.

   Pourtant, les dégradations culturelles, dues à la globalisation, résultent de la cupidité, et non d’une loi naturelle. De même, les disparitions des cultures de subsistances enracinées sont, certes, un aspect de l’histoire, mais un phénomène récent. Enfin, la disparition de pensées privilégiant une matrice « ciel-terre-eau » est le fait de l’action d’hommes, qui n’a pas toujours existé. Rien de tout cela est naturel !

   L’usage du terme « entropie » est donc frappé d’ambiguïté qui masque une sorte de « perversion morale », car son allure scientifique est lourde de sens. En employant ce terme, on donne une caution scientifique à la dégradation et la destruction, comme s’il s’agissait d’un fonctionnement naturel du cosmos. Cela masque ainsi le fait que cette dégradation est le fruit d’un mode de vie que chacun de nous promeut. Néanmoins, en tant que métaphore, il sert à alerter de la dégradation sociale, de la perte de beauté, de diversité, et de la croissance du sordide et du trivial. Mais il convient de s’en méfier à cause de la déviation socio-économique pervertissant tous les aspects de l’existence postmoderne.

Publié dans Disvaleur

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