Un espoir, mais sous condition

Publié le par 問道

   Aujourd’hui, en occident, je ne vois qu’une catégorie d’hommes qui s’intéressent vraiment à l’autre. Ce sont les décroissants. Leurs critiques de la modernité et de la transformation évoquée plus haut est pertinente et remarquablement bien construite. Loin des clichés et des vérités faciles du marxisme. Ils ne cherchent une autre voie pour moderniser, ils cherchent à libérer l’actuel occident de ses enclaves et œillères idéologiques. C’est un nouveau paradigme, non marchand, qu’ils veulent consacrer. Dans leur vision des choses, les questions sociales, écologiques, économiques, mais aussi spirituelles et morales sont liées et plus ou moins, savamment imbriquées. Ce sont ceux qui ont, en occident, le rapport à « l’autre » le plus sain.

 

   Le rapport à l’autre le plus sain, dans la mesure où, ils ne semblent pas construire de dogme universel et intemporel. Bien au contraire, c’est l’idée qu’il n’existerait qu’une conception de l’existence et du rapport à ce qui n’est pas soi, qui vaille la peine d’être vécu et qui doit exister à la surface de cette Terre. Paul Ariès, une personne estimable, évoque en Chine, les paysans qui essayent de ne pas disparaitre en tant que paysans chinois, pour devenir de vulgaires et misérables pièces d’une machine à produire. Il s’attaque nommément à l’uniformisation du monde par le dénominateur le plus obscure, le plus bas : les marques. En revanche, en lisant le journal « la décroissance », je fus amusé en lisant l’édito du philosophe maison : Fabrice Flipo. Le philosophe maison parlait des révolutions qui secouent la plupart des Etats membres de la ligue arabe avec l’optimisme de celui qui ignore tout de la chose. Son premier paragraphe est une sorte de canon des faiblesses de l’homo-occidens moyen. Mais ce fera certainement l’objet d’un prochaine modeste texte.

 

   Leur cause, en revanche, peut se pervertir. Rien ne dit que ce mouvement ne sombrera pas dans un fantasme universaliste globalisant et uniformisant, au mépris des diversités humaines. Ce courant de pensé peut aussi se cristalliser, se raidir et devenir un dogme idéologique, finalement totalitaire. Mais, ce serai leur faire un procès d’intention, si le risque existe, aujourd’hui, ils n’en sont pas là. Je souhaite à cette école de ne pas se laisser parasiter par des revanchards de la révolution marxiste, ni par des faux rebelles du dit « tiers-monde ». Je ne suis pas ce pauvre benêt de Luc Ferry… C’est certes un risque, mais ça vaut le coup d’essayer.

 


   Voici donc ce que je voulais dire sur ce sujet. Ce ne sont pas avec les européens ou les « hommes blancs » que j’ai des griefs ou des détestations. Juste, je regrette ce que les élites politiques et économiques ont fait d’eux, et je leur souhaite de sortir de cette broyeuse d’humanité et de cette décadence ! Je leur souhaite de pouvoir, le moment venu, sortir de l’obscurité dans laquelle ils ont été enfermés. Le problème n’est pas un problème de race ou je ne sais quoi. Le problème, c’est la « junk civilisation ».

 

Publié dans Rectifier les noms

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