Un aveuglement volontaire

Publié le par 問道

   Il est normal que les notables de la république, formatés qu’ils sont par les plus performantes de leurs écoles, fassent cette confusion. Ces hommes de pouvoir ne peuvent en aucun cas véhiculer l’idée qu’un pays et les institutions politiques le dominant soit distinct ; l’idée serait trop dangereuse pour leur propre situation, si l’on se mettait à opérer cette distinction. C’est une question de légitimité pour eux. Cependant, il semblerait que ce n’est plus un comportement ni une pensée calculée, mais un réflexe. La confusion entre « pays » et « pouvoir et institutions dominant » est devenu « normalité naturelle ». Naturellement, dans le langage, il n’est question que de « tel pays », « tel autre pays », mais jamais du nom de l’Etat. A plus forte raison quand les Etats ont des noms qui indiquent l’identité politique, idéologique et institutionnel du système en place : « république, république fédérale, confédération, république populaire, états-unis, république démocratique et populaire etc ». Il n’est pas question de « République française », mais de « la France », il n’est pas question de la « république populaire de Chine », mais de « la Chine ». Un des sommets de la vulgarité, étaient dans le fait d’appeler « URSS » « la Russie ». Un prosaïsme que se permettait le dernier mythe de la République : Charles de Gaulle.


   Cette déficience intellectuelle déteint également sur l’esprit du citadin, et particulièrement, celui de la capitale. Le citadin de la capitale vivant aux pieds du pouvoir, ses oreilles sont à proximitées des bouches décrétant la vérité, ses yeux idéalement placés pour scruter les doigts du maître. Le parisien est l’idéal youkie du pouvoir. Elevé par celui aux pieds duquel il couche, il reproduit les mêmes tics : sans être un notable du système, il adhère à sa domination et partage son paradigme déficient. Le citadin, d’une manière générale, a fréquenté les écoles et universités du système, où c’est le système qui fait ce qui doit être enseigné. Et il n’en sort pas. Dans sa confusion, il confond lui aussi « institutions » et « valeurs qu’elles sont sensés représenter », mais dans un langage propre et apparemment logique. Et il pratique le même art de la confusion savante avec plaisir et maestria. C’est ainsi « origine sénégalaise » au lieu de parler des « origines wolof », « origine Sarakolé », « origine peul » etc. A propos du cas chinois, ils parlent d’un conflit entre Chinois et Tibétains, alors qu’il s’agit d’un ethnocide mené par le parti communiste chinois au Tibet, soutenus seulement par le citadin endoctriné, qui fait subir le même sort aux Hans ! Entre Chinois et Tibétains encore vernaculaires, traditionnelles, vivant dans la zone frontalière commune, peux de problèmes. A Taipei, ville Han, il existe beaucoup de Tibétains qui vivent sans problèmes et leur culture est plutôt respectée.

Publié dans Lacunes françaises

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