le cosmopolitisme ou la forme la plus aboutie de la xénophobie

Publié le par 問道

   C’est le buzz du moment, le sujet qui fait l’actualité. Entre une bounty qui fait dans le « racisme, mode d’emploi », et d’autres qui me saoulent avec leur « universalisme », « citoyen du monde » et autres sucres d’orge empoisonnés, je me dis que, quitter la France et le monde occidental ne peut être qu’un acte moralement sanitaire pour moi. Je dois cependant prendre, parait-il, mes précautions et dire « oh non je ne suis pas raciste blablabla » et justifier ce que je vais dire par la suite… mais je ne vais pas le faire, parce que, je n’ai de compte à rendre à personne, ni aux racistes, ni aux antiracistes. Certains comprendront mieux que d’autres et seul eux ont de l’importance.

 

   S’il n’y a pas deux façons d’être raciste, mais des millions voir des milliards, je ne vois aujourd’hui que deux façons de vouloir la disparition de l’autre : le génocide, violent, l’extermination physique. Le génocide n’est pas forcément brutal, il peut être une chose organisé, rationnel moderne. La Shoah est l’exemple le plus connu et le plus clair du monde occidental. L’URSS a aussi expérimenté la méthode, en organisant des famines, mais n’allant pas au bout de sa logique.

 

   Il y a une autre méthode, plus dangereuse et perverse : le cosmopolitisme. Nous croyons que les idées cosmopolitistes sont positives et optimistes, mais il n’en est rien. Les discours sucrés, plein de bonnes intentions peuvent aussi être dangereux. En effet, une personne cosmopolite, c’est quelqu’un qui a une idée pessimiste de la nature humaine et des sociétés. Il pense que les hommes, forment des communautés, des groupes, des sociétés pour des raisons obscures : rejet de l’autre, haine, racisme, guerre etc.

 

   Il n’en est rien cependant. Dans la plupart des cas, les hommes forment des communautés pour se solidariser, lutter contre la précarité de leur existence. Une communauté, c’est d’abord la création de solidarités : une société. De là, ils construisent des choses communes, un imaginaire, des langues, des techniques, des institutions, des lois, des procédures, des rituels etc... une culture et des normes. Il arrive qu’une communauté fasse la guerre à d’autres. Des groupes sont mobilisés par des leaders charismatiques pour attaquer l’autre. L’homme a en lui une part de naïveté et il lui arrive de croire n’importe qui. Il y a des hommes élevés dans la communauté, aux valeurs communes, obligation d’honnêteté dans son apport à autrui, solidarité, sous peine de voir se disloquer le groupe. Il en existe d’autres qui vivent, physiquement ou moralement, à la marge de ce groupe.

 

   Pour le celui qui vante le cosmopolitisme, les hommes forment des groupes uniquement pour s’attaquer et haïr les autres. Ce n’est pas plus compliqué que cela. L’homme d’une communauté exclurait les autres. Pour n’exclure personne, il faudrait alors dissoudre les groupes dans des ensembles plus grands. Cela mettrait fin aux guerres et aux haines: au racisme. En théorie, ça fonctionne, mais en pratique, c’est tout autre chose. Quand on désintègre les groupes dans un ensemble plus vaste, l’on se rend compte que s’instaure la loi du plus fort. C’est le groupe qui écrasera les autres qui prend le pouvoir et s’impose. Puisqu’il n’y a plus de limites, de territoires, de distinctions, tout est permis et, les hommes cherchent à construire d’autres limites, à leur avantage. En fait, on prétend vouloir intégrer tout le monde dans un même groupe, mais dans les faits, on exclu tout le monde. Et, on précarise l’existence des individus.

 

   Les Etats issus du colonialisme européens, en Afrique, du nord et sub-sahariennes, obéissent à cette logique. Le partage de l’Afrique sur la base de l’exploitation de ressources au mépris des habitants, ne veut pas dire que la question des peuples et tribus vivant sur place ait été négligé. Il s’agissait en fait, d’enfermer dans la même cage des groupes ennemis, les uns prédateurs des autres. Briser l’équilibre et leur laisser une seule gamelle pour tous. Dans la cage, le maître a sélectionné un animal pour lui confier la mission de veiller au maintien de l’ordre qu’il a établit. Mission accepté par l’animal de garde, qui se voit en échange confier la gestion de la gamelle et le droit de disposer des autres à sa guise. Disloquer les groupes et leurs cohésions, les unifier dans un ensemble illégitime et imposé, c’est construire toutes les conditions pour instaurer la loi du plus fort.

 

   Si ces idées à l’apparence si appétissante et séduisante, pour qui essaye d’entretenir des relations amicales et paisible avec son prochain, aboutissent à la loi du plus fort, ce n’est pas parce que la pratique trahirait une théorie bonne. C’est d’abord parce qu’il y a dans cette théorie, quelque chose qui cloche. Les communistes nous font le coup « l’idée est belle, l’application n’a pas été à la hauteur », comme si, l’idéologie et les tentatives de mises en pratique n’avaient jamais rien à voir. Les libéraux de gauche sont d'aussi habils contortionnistes, en appelant "néolibéralisme", ce qui n'est que le libéralisme triomphant. Dans le cas du cosmopolite, nous avons vue, c’est une personne extrêmement pessimiste sur la nature humaine et ce qui anime ses relations aux autres. Il trouve les hommes pas suffisamment bien pour mériter son estime (comme le religieux, ou le moderniste). Il y a aussi dans ce cas du racisme.

 

   La personne adhérant aux idées cosmopolites, est dérangée par l’existence de l’autre en tant qu’autre. Sa présence, son existence et son expression lui est insupportable et il voudrait le voir disparaître. Disparition de l’autre ne signifie pas métissage et brassage sur une base égalitaire entre les cultures et les identités. C’est l’ingurgitation du dominé par le dominant. Que nous le voulions ou non, il existe des groupes qui en dominent d’autres. Ils le font soit par leur nombre d’individus, soit par les armes, soit, plus profond encore, par la culture. Il existe, en effet des cultures dominantes et des cultures dominées ! Et, par un inexplicable mystère de l’existence des hommes, c’est toujours le moins nombreux, le soumis et la culture du dominé, qui disparaît et se fait phagocyter par le dominant.

 

   Autre idée raciste, cette façon de regarder de haut et de donner des leçons à ces populations à la souveraineté confisquée et qui aimeraient la retrouver. Ils ont le tord, de ne pas se laisser éclairer par leurs lumières de dominants. Touts ces peuples, à leur idée, doivent leur demander l’autorisation d’exister, d’être autonome, d’être des hommes à leur façon. Sinon, ils le condamnent. Ils se croient moralement, culturellement, intellectuellement supérieur. D’ailleurs, leurs ancêtres, avec leur modernité, leur progrès et leurs Lumières, se sont permis d’aller les remodeler à leur convenance: l'Etat-nation moderne fabriqué par le colonialisme.

 

   Remarquez, il n’y a pas plus cosmopolite que les empires. De si vastes territoires, magnifiques mosaïques de peuple, langues, cultures, c’est si beau ! Mais ce sont des empires, sous la domination d’un pouvoir central, fonder sur une ethnie particulière (celle d’origine de l’empereur) avec des complicités autochtones. Ces complicités méprisés et honnis, parce qu’à l’origine n’ayant sut trouver leur place dans leur groupe, servent des dessins qui font d’eux des notables, sur le dos des autres.

  

   Voici donc, l’avis d’une personne issus d’un peuple dominé et privé de souveraineté. Si vous êtes sincères dans votre recherche de fraternité et autres gentils sentiments avec les autres, commencez d’abord par apprendre à les connaitre et ensuite, les écouter. Sinon, les autres, continuez dans votre xénophobie marron.

Publié dans Rectifier les noms

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article