Les « occidentaux »

Publié le par 問道

   Il est possible que, pauvres lecteurs d’un pauvre blog, vous vous mettiez à croire que je suis animé par un certain sentiment de haine à l’égard de l’occident. Je préfère l’anticiper et donc expliquer les raisons de ma virulence à l’égard de cet univers. Ceux qui ont pris soin de lire et de s’intéresser à qui est l‘auteur de ces billets, saura que je ne base mes critiques ni sur le marxisme, ni sur l’anarchisme (encore que certains des penseurs anarchistes peuvent être brillants), ni sur ces machins inutiles et agités que sont le tiers-mondisme ou autres. Je ne suis pas non plus dupe, devant les apparats folkloriques à apparence culturel, mais en fait, croute superficiel d’un pouvoir totalitaire qui se déguise. Je ne suis rien de ces bêtes. Je suis une toute autre personne. Mes griefs à l’égard de l’occident sont autres. Mais d’abord, qu’est ce que j’appel « occident » ?

 

Qu’est ce que j’appel « occidentaux »

   Les mots ont surtout les sens que leurs donnent leurs auteurs. Ce que j’appel « occident » n’est pas forcément un bloc politique ou idéologique. Il y a deux lobes que l‘on identifie par « occident » : l’Amérique du nord et l’Europe, auquel l’on peut y ajouter l’Australie et la Nouvelle Zélande. Historiquement, l’Amérique du nord, ne s’est construite que comme une sorte de prolongement de l’Europe, au détriment des habitants autochtones. La particularité de l’Amérique du nord, fut qu’elle fut bâtit telle qu’elle est devenue, par des européens sans princes. L’Amérique du nord fut donc une sorte de prototype des idées modernes en matière de politique. Il s’agissait de s’émanciper de la mainmise de la lointaine couronne britannique. Celle-ci n’était pas sur place, l’Amérique n’était qu’une périphérie lointaine de l’Angleterre. Il s’agissait d’une guerre d’indépendance, et non du renversement d’un ordre autochtone, indépendant, sur place. Pas de noblesse, ni de structures de pouvoir ancré, à renverser. En Europe, ces idées durent affronter, soumettre, voir supprimer, les monarchies. Il existait un très ancien ordre établit, autochtone et physiquement présent. Avant le terme « occident », le nom le plus utilisé était « chrétienté ». Ce que j’appellerai « occident », c’est le résultat de la transformation de la chrétienté. Comme le bois dans le feu se transforme en carbone, l’eau se transforme en vapeur.

 

   Cette transformation a consisté à séparer et cloisonner les différentes composantes de la société. Le commerce, le politique, le religieux, le social et le culturel, jusqu’alors intimement liés dans un seul et même ensemble, se sont retrouvés séparés en espaces clos et isolés. Une telle transformation permis l’exploration de nouvelles possibilités. Le politique, le culturel et le commerce n’était plus touché ni limité par la morale, sociale et religieuse. Une telle transformation mis du temps, durant le XIXe siècle, effectivement, les grands bourgeois étaient chrétiens, aussi bien en France que dans l’Angleterre Victorienne. Cependant, si des individus demeuraient chrétiens, c’est la forge dans laquelle se modelait la société qui était bouleversée. Alors que le christianisme avait structuré la société, celle-ci devait être structurée par autre chose : Le commerce, via son bras armé : le politique. D’après Karl Polanyi, le grand bouleversement du monde contemporain, c’est la marchandisation de l’homme, de la terre et de l’argent.

 

   Nous vivons toujours dans cette révolution, qui depuis deux siècles, n’a consisté qu’à émanciper l’économie de ses limites sociales, culturelles, religieuses ou politique. Paul Ariès parle du « capitalisme le plus pur » pour parler de notre temps, résultant de cette évolution partant des révolutions modernistes. Une évolution que Jean Baudrillard à lui aussi observé dans « la société de consommation ». C’est aujourd’hui autour de l’économie que tournent la « culture », la morale, le politique lui est soumise, après 40 années de politique dit « keynésien ». Une société de nouveaux riches décomplexés, cyniques, individualistes… une sorte de « junk-civilisation ». Les « occidentaux », ce sont ces gens qui vivent dans ce type de société, s’y revendiquent, l’aiment et la considèrent comme indépassable.

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