Les Jésuites en Chine

Publié le par 問道

 

Ricci.jpg   Le mémoire, toujours le mémoire, sur l’art militaire des Chinois, et les traductions ou observations du Père Joseph Marie Amiot… presque terminé, il me reste à rédiger une partie, certainement importante, peut-être… De cette partie, il me reste à faire un chapitre biographique du Père et l’image de la Chine en France à son époque. Je viens de finir un chapitre sur l’histoire des Jésuites au sein de l’empire du milieu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire, des Jésuites en Chine, c’est un peu la chronique des stupidités occidentales à propos de l’empire du milieu !

 

   C’est donc en 1513 que les Portugais arrivent en Chine. Admirables Portugais qui, avant de s’avérer remarquables maçons, carreleurs ou concierges, étaient à la pointe de l’exploration maritime au sein de la chrétienté ! Que leur est-il donc arrivé à ces glorieux marins ? Peut-être leur nature de petites teignes, tous ceux qui jouent au foot savent de quoi je parle. En 1519, sans grandes raisons, ils attaquent et pillent Guangdong, obligeant l’administration Ming à prendre des mesures pour les isoler (5 siècles plus tard, non loin du cap de Bonne Espérance les Taos infligent un cinglant 7-0 aux nord Coréens). Mais bon, le commerce est autorisé, car parfois, être teigneux peut s’avérer intéressant dans le cadre d’une lutte contre la piraterie. On les autorise alors à s’installer à Macao. Le Chinois n’est pas rancunier, loin de là…

 

   Et là, les missionnaires, Augustins, Dominicains, Franciscains, Jésuites, arrivant avec les navires de commerce Portugais, comme la puce portant la peste arrivent dans les contrées chrétiennes à dos de cheval… Ce n’est qu’en 1583 qu’enfin, des missionnaires jésuites, Matteo Ricci et Michele Ruggieri (qui avaient du temps à ça, à l’instar de Francesco Totti n’ont pas été sélectionnés pour le coupe du monde, pour quel résultat !) réussissent l’impossible : pénétrer la Chine impénétrable jusque là, alors que la Squaddra n’arrive même pas à s’approcher du but Néo-Zélandais. (Prend ça Marcelo Lippi !) D’abord déguisés en bonzes, ils doivent se rhabiller en voyant le mépris des élites chinoise pour les moines Bouddhistes, ces gueux qui appliquent et enseignent une doctrine d’origine étrangère…

 

Mateo Ricci Paul Li   Ils se font alors passer pour des lettrés, et pénètrent la haute société chinoise en se faisant passer pour des moralistes et des philosophes. L’opération séduction pouvait commencer : la doctrine Ricci, que l’on peu appeler doctrine Valigano consistait à se foutre de la gueule du monde, mais en faisant preuve de sérieux et de douceur. En langage cauteleux, il fallait christianiser les peuples en douceur, en rendant leur dogme culturellement acceptable pour eux… à défaut de pouvoir conquérir, faisons du Valigano, à défaut de foutouhate, pratiquons la Taqia. Et ils sont séduisants ces deux barbares aux yeux bizarres et au long nez, ils semblent tenir aux rites et à la morale et même, affirment que leur doctrine est identique à ce que prônent les classiques ! Et là, arrive la perversité du message : « puisque nos deux écoles sont identiques et ont la même racine, pourquoi ne pas quitter votre vieux modèle pour le notre plus aboutit ? » Le Chrétien est vraiment fourbe, comme d’autres prêcheurs de religion moyen-orientale ! Certains se convertissent, mais, comme le remarquait plus tard Longobardo, pas parce que le christianisme les séduisait en tant que tel, mais parce qu’ils pensaient explorer une nouvelle voie pour l’école confucéenne.

 

   Autre méthode utilisée : fasciner les Chinois avec les techniques et sciences occidentales pour les convaincre du bien fondé de leur doctrine. Ainsi, l’astronomie ou la cartographie occidentale intéresse, les horloges et autres machines amusent… Les Spoutnik et fusées Apollo, ou fusées longue marche de l’époque, mais aussi les buildings, les voitures et les stades, et parce que je ne suis pas vache, les échangeurs d’autoroutes géants et… la lessive qui lave plus blanc ! Vous m’avez bien entendu messieurs dames ! C’est une affaire, attention messieurs dame, il n’y en aura pas pour tout le monde ! L’usage de la technique afin de montrer le bien fondé de son idéologie, de sa doctrine. La technique ou la technologie c’est aussi un instrument pour dominer les autres avec son prestige !

 

   A suivre

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