Langue de bois politique : le pragmatisme

Publié le par 問道

Le pragmatisme

Le pragmatisme, c’est la valeur qui sert d’étalon pour juger une politique. En matière d' économie et social, il n’y a pas un seul homme politique qui ne justifie ses décisions par « le pragmatisme ». Une personne pragmatique, c’est quelqu’un de raisonnable qui agit en fonction des moyens dont il dispose, qui s’adapte aux situations, pèse le « pour » et le « contre » par opposition aux « idéologiques » et aux « dogmatiques », qui eux, ne jurent que par la doctrine au-delà de toutes réalités concrètes et pratiques. Les pragmatiques prônent la stabilité et le dialogue pour éviter les catastrophes que sont les révolutions et les putschs, ils sont les garants de l’ordre et de la paix et nous sauvent, tous les jours qui s’écrivent, du chaos. De braves gens que ces hommes politiques pragmatiques. Il existe un panthéon des hommes politiques pragmatiques, Henry Kissinger, Charles de Gaules, Deng Xiao Ping et bien d’autres encore. Le premier, diplomate américain a contribué à la fin de la guerre du Vietnam d’une part mais aussi à la prise du pouvoir des Khmers rouges au Cambodge. Le second a mis fin à la colonisation de l’Afrique tout en mettant en place les réseaux Foccart (lire le livre Françafrique de François Xavier Verschave). Le cas de Deng Xiao Ping est, quant à lui, très significatif. Il est qualifié de « pragmatique » par opposition à Mao Ze Dong, sorte de révolutionnaire fou. A sa prise de pouvoir, la Chine était un pays majoritairement rural et à la jeunesse qui aspirait à la construction d’une ouverture vaguement démocratique (le printemps de Beijing de 1979). Avec ce qu’il avait, il a pourtant lancé la République Populaire de Chine dans une spirale industrielle rongeant et détruisant la société par l'industrialisation, la destruction écologique, et le désagrégement de ce qui restait de société et de valeurs sociales, en maintenant un état dictatorial engendrant le chaos qu’il prétend être seul à pouvoir empêcher, dans une logique de « prophétie auto réalisatrice ». Le « il est glorieux d’être riche » illustre parfaitement le caractère rustre et inculte de ce « génial esprit pragmatique » (de l’avis des hommes politiques dirigeants les démocraties occidentales). Il n'a donc aucunement tenu compte de la réalité chinoise de son époque, mais a plutôt cherché à appliquer dogmatiquement les vieilles recettes occidentales du XIXeme siècle, ne tenant compte que des chiffres de croissance et ignorant l’ensemble des autres problèmes qui se posaient. Dans la langue des hommes politiques, un pragmatique est une personne qui applique méthodologiquement l’idéologie, non assumé comme telle, à laquelle ils croient et dans laquelle baignent les cerveaux de cette faune politique, qui s’ auto-félicitent les uns des autres de leur génie.

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HAK SAM 14/11/2009 21:30


Le pragmatisme en soi n'est pas un mal, mais cela devient malsain quand les politiques s'en emparent!!! Cela resulte très souvent du vieil adage : "seuls les résutats comptent!" Tout en evitant de
prendre en compte la réalité socio-culturelle des choses, et ce n'est qu'une application toute bête de l'ideologie de la majorité en place!! On sait très bien que SDF est un mot pour atténuer la
violence de l'état social de cet individu!! Mais, la réalité est présente et n'est pas prête au changement à un meilleur avenir!!! Tiens cela me rappelle aussi Scorcese qui disait faire un film
pragmatique avec "Les infiltrés" et la biopic de Howard Hugues...