Langue de bois: Ordre

Publié le par 問道

 

   L’état est le garant de l’ordre, une de ses missions, peut-être même sa principale, selon le point de vue que l’on adopte, c’est de veiller sur l’ordre. L’Etat est le détenteur de la violence légitime, consistant à réprimer les atteintes des uns à l’intégrité physique ou matériel de l’autre (dans une société qui inclue la notion de propriété). L’ordre, c’est donc ce qui est censé protéger les membres d’une communauté, les premiers bénéficiaires étant les plus faibles, les pauvres, les marginaux, les handicapées physiques ou mentaux… les derniers bénéficiaires étant les plus forts, les riches, les gens armées, les gens physiquement plus costaud. L’Etat n’étant pas un corps vivant, mais une machine, un système, il faut donc des hommes pour faire fonctionner le système : des hommes politiques. Ils se réunissent, forment un gouvernement et définissent la politique qui va animer l’Etat et gérer la société. L’homme politique, en tant que marins faisant fonctionner le navire doit tenir compte de tout les passagers et comme tout bon conducteur, doit tenir compte des spécificités du véhicule qu’il conduit. Un bon conducteur ne conduit pas un camion de la même façon qu’il conduit une petite voiture citadine. Ainsi, l’homme politique tient dans ses mains le gouvernail du navire, il est donc le garant de l’ordre. Le personnel politique a donc le devoir de neutralité. L’ordre, d’un point de vue démocratique, est une notion indissociable de la notion de justice, puisqu’il s’agit de protéger les uns contre les agissements nuisibles des autres, sans distinction d’aucun ordre. Les agissements nuisible ou pouvant porter atteinte, sous entendent ainsi une capacité de porter nuisance, en avoir les moyens. L’ordre, dans une dictature, c’est veiller à ce que toute menace, critique ou remise en cause, d’un groupe ou d’un clan, de son système et de ses agissements, soi éradiqué, quels que puisse être la méthode. La dictature élimine les lois, elle impose ses règlements. Par exemple, la dictature n’interdit pas de tuer, elle interdit tout ceux qui n’appartiennent pas au groupe de porter atteinte à ses membres, s’autorisant à agir de la sorte selon ses envies ou ses intérêts. En fait, dans la langue de l’homme politique, « l’ordre », c’est lorsque leur politique ne souffre d’aucune contestation et lorsque la sécurité physique des personnes est assurés. Cependant, l’homme politique n’hésite jamais à désorganiser et déstructurer une société pour d’obscures raisons idéologiques et politiques. Les dictateurs instaurent un climat de peur et de suspicion, les élites politiques ne fait pas respecter les lois de leurs pays s’agissant des fraudes fiscales, des noms respects des règles sociales et des règlements des cotisations sociales. L’ordre règne quand il s’agit de réprimer le petit voleur de biscuits Pépito à la superette du coin, mais il n’est plus question d’ordre quand il s’agit de crimes économiques. Pour l’homme politique, faire régner l’ordre ne consiste pas à rendre la justice, à tenter d’harmoniser un peu la société et les relations entre les membres d’une société, mais à veiller au maintien des uns et des autres à leurs places respectives, maintenir une espèce de société de caste, plus molle qu’en Inde, mais terriblement réelle et pervers.

 

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un article

 

Alain Bauer est mis en cause pour avoir remis la légion d'honneur à un cadre important du Parti Communise chinois. Celui-ci se défend de la sorte:

 

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Le pauvre, alors qu’il est question de « morale », lui se justifie par la « technique ». Il représente bien la pauvreté intellectuelle des élites de notre temps… Jacques Ellul a bien parlé de ce phénomène…

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