langue de bois: L'ouverture

Publié le par 問道

L’ouverture

jiang_zemin_with_wife_bush_with_laura.jpg   L’ouverture, c’est l’inverse du repli sur soit, l’enfermement. S’ouvrir, c’est apprendre, dialoguer, l’on devient humble et paisible et l’on noue des liens de solidarité permettant d’être plus fort face aux problèmes qui, jalonnent l’existence, car seul ce qui n’existe pas n’a pas de problème. L’ouverture permet un élargissement du champ de vision et donc, de l’esprit. Régulièrement, nos chères élites politiques nous vantent la politique d’ouverture de tel ou tel dictateur ou système dictatorial. Ils se félicitent de cette « ouverture », emploient même ce terme à toutes les sauces, surtout les plus indigestes. Dans les langues politiques, une politique d’ouverture consiste en transformer un marché fermé, en un marché ouvert. Un système économique ou le seul acteur économique et metteur en scène est l’Etat, et donc le parti, se transforme et laisse entrer les entreprises étrangères, c'est-à-dire celles qui ont les moyens de s’implanter (rompus aux mœurs qui prévalent dans ce genre d’affaire). Certaines facilités sont faites, l’entreprise étrangère voit que l’on déroule pour elle le tapi rouge. En revanche, concernant un certain nombre de changements d’ordres plus politiques et culturels, comme cesser les persécutions envers ceux qui dérangent le Pouvoir, ouvrir les médias au débats et discutions, cesser la terreur et, quitter le pouvoir pour mettre fin au système dictatorial, aucune mesure ni réforme ne vont dans ce sens. Bien au contraire, avec le nouveau système économique, libéralisant les secteurs, supprimant un certain nombre d’habitudes, le risque de tensions et d’instabilité social grossit et, bien pratique donc le système dictatorial pour faire accepter (jamais de gré toujours de force), une nouvelle donne, un nouvel ordre, et faire travailler les gens, dans les conditions les plus… rentables pour l’entreprise. L’ouverture, ce n’est jamais ouvrir le champs de décision faisant l’avenir du pays au petit peuple qui sera donc en première ligne pour subir les conséquences d’un changement, mais d’ouvrir les portes de la citadelle aux élites économiques d’un autre pays, la négociation avec les élites politiques, présidents ou ministres ou secrétaires d’Etat, réduit à n’être que les représentants d’affaires des élites économiques. « Le capitalisme démocratise, l’ouverture économique apporte les libertés » nous disent ils souvent. Ainsi, l’entreprise qui corrompt les fonctionnaires et font travailler des hommes et des femmes sans droits ne sont que des humanistes apportant la « libération des hommes par le travail ». « L’ouverture » dans la langue politique, ce n’est à l’instar des autres termes évoqués plus haut, rien d’autre qu’un seigneur de guerre féodal ne fasse rentrer dans son château d’autres seigneur, féodaux d’origines aussi, mais à la « légitimité » plus ancienne. diapo_rail.jpg

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