La société : une machine comme une autre

Publié le par 問道

   La question de la société vue par la modernité doit aussi être évoquée. Mais non de façon rationalisée. Elle doit être liée aux questions portées plus haut. L’homme, dans toute son humanité étant vue comme mauvais, porteur et causeur de désordre. Un « mauvais » et un « désordre » à considérer du point de vue du paradigme moderne : mauvais pour le commerce (ce qui ne signifie pas mauvais dans l’absolu). La modernité considère qu’il faut le canaliser et le contrôler. L’utilitarisme de Bentham répond à cette préoccupation : il faut traiter scientifiquement les problèmes de sociétés. Il est vrai que la pensé scientifique a suivit le paradigme marchand dans sa voie de l’émancipation de l’ordre social de l’ancien régime.

   Néanmoins, de « science », elle est devenue « technique » et a influencé la façon dont la modernité voit la société. L’idée de Descartes définissant la nature comme machine en objet technique, et non plus création divine, va dans ce sens. C’est la « science » qui sera l’expression savante de la modernité. Durant le XIXe siècle, Ernest Renan parlait d’organiser scientifiquement les hommes comme d’une prétention audacieuse mais légitime. Aussi, lié à l’idée de l’utilitarisme comme légitimité, la société doit être organisée comme une machine, un objet technique.

   Le sens de l’existence d’une société humaine est de produire et échanger, de faire de la croissance. Aujourd’hui, la modernité démocratique emploi le même langage que la modernité totalitaire : le langage technique. Les questions fiscales, des retraites, l’économie, tout n’est qu’une question technique. Aux XVIIIe et XIXe siècle, nous l’avons vue, des philosophes préconisaient un traitement scientifique de la pauvreté. La société doit donc être dirigée par les techniciens. Il n’existe, ainsi, plus de question telle que « de quelle société voulons-nous ? » ou encore « quelle sera ma position sur tel sujet ? ». Il n’existe qu’une seule possibilité, qu’un seul sens de l’existence possible.

   C’est tout le contraire d’une société « démocratique ». La démocratie n’a de valeur que dans le cas où le peuple a été dressé à aller dans le sens souhaité par le pouvoir. Les sociétés occidentales ont été révolutionnées avant d’être « démocratique ». Outre la destruction du monde vernaculaire, pour faire de la société une machine productive, la révolution industrielle a aussi été une révolution des mentalités. La société devait être à l’écoute du nouveau dogme et le comprendre. Elle devait alors muer avec le pouvoir. C’est ce qui rend les régimes totalitaires si séduisant en occident : elles opèrent la « sainte mue ».

   Finalement, tout ce qui dérangeait l’Occident capitaliste avec l’URSS, c’était qu’elle menaçait l’Occident, pas qu’elle fut totalitaire !

Publié dans Modernité

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