La science contre le savoir?

Publié le par 問道

   Nous idolâtrons la « science », comme une héroïne de légende au sein du panthéon de la religion « modernité ». Elle est cet être divin qui permet à l’homme de surpasser les limites dans lequel il vie. C’est un personnage qui d’abord nous parle dans nos oreilles, pour créer de l’envie, du fantasme : « ah si je pouvais voler », « ah si je pouvais aller plus vite » etc. Puis, une fois ce désir ancré, la frustration nait apparait en lui une énergie incontrôlable : il se lève et cour, jusqu’à ses limites, qu’il fini par dépasser et… il se rend compte, trop tard qu’il vivait sur un littoral, au dessus d‘une pente escarpée. La science est un fantôme qui hante la falaise.

   La science est le fruit de la modernité, devant permettre la domination de l’ordre né de la révolution moderne. Elle permet l’exploitation des observateurs du monde, à des fins de consommation et de contrôle, cloisonnement du savoir. Cloisonner ainsi permet de mieux contrôler. Nommer quelque chose, le conceptualiser précisément consiste en la construction de mûrs d’enceintes. Des mûrs gris et lugubres fait de « c’est cela et rien d’autre » avec la rigueur scientifique, ou professionnelle, jouant le rôle de miradors. Cet emprisonnement du savoir, comme l’école obligatoire emprisonne l’enseignement, permet d’exclure tout ce qui gène, tout ce qui n’est pas utile au concepteur et décideur.

   Et cette exclusion consiste en le dénigrement des « superstitions », des « croyances » et de tout ce qui n’entre pas dans le cadre restreint de la science. Le savoir est scientifique ou alors n’est pas savoir. Nous sommes incapable d’imaginer une société sans « science », nous la confondons avec une « société sans savoir ». Les traditionnelles sociétés asiatiques, africaines, « amérindiennes » (en attendant de trouver un meilleur terme) n’avaient pas de science, mais elles avaient du savoir ! Et d’une extrême profondeur, que n’envisage même pas la science !

   Cette différence entre « savoir » et « science », est difficile à appréhender pour un esprit formé à l’esprit scientifique via l’école. La science n’est qu’une façon d’appréhender la nature et la connaissance de la nature. Elle la découpe, la classe, et range chaque chose dans des cases aux parois blindées. Le scientifique n’envisage son étude que dans le cadre restreint de l’objet qu’il étudie. Par exemple, dans la démarche scientifique, l’idée faire des sauterelles aux cuisses plus musclées n’est pensée que dans le cadre de réflexion limitée au fait de « faire des sauterelles aux cuisses plus musclées ». Et une fois réussit, l’esprit scientifique se félicite d’avoir réussit une telle performance et d’avoir fait plus fort que la nature.

   Dans une société sans science, mais avec du savoir, rien n’est cloisonné de façon hermétique. La « science » n’existe pas, du fait de ce décloisonnement ! Ce n’est pas une spécialité, la chose est ouverte à tous : les enfants, les bergers, les chasseurs, les artisans, les fermiers, les cuisinières, les pêcheurs etc. Tous, on en commun l’idée que l’univers, l’existence, n’est pas une grille de choses isolés, comme un patchwork, mais un vaste réseau ou touts est en relation avec tout. Et, cet homme sans science est sourd aux discours du fantôme, caressant le narcissisme. « Faire des sauterelles aux cuisses plus musclées ? Pourquoi faire ? Mieux que la nature ? Mais à quoi bon, nous y vivons, nous en sommes, elle est très bien comme ça ! Et puis, ce serait faire avancer ces insectes plus vîtes et aller plus loin et faire croître le fléau des nuages de sauterelles ! » Avec toutes les conséquences que l‘on peut imaginer.

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