La disvaleur d’Ivan Illich

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

   Dans son œuvre « la convivialité », Ivan Illich évoque le problème du langage. Le « recouvrement du langage » lui semble une condition importante pour sortir de ce qui semble de plus en plus être le totalitarisme de l’industrie. En effet, parler le langage industriel, moderne, technicien… c’est véhiculer son paradigme, mais aussi, exprimer le fait que nous portons ce paradigme en nous. Sortir de ce système aliénant et destructeur exige que l’on use d’un langage qui échappe à sa logique. Les langues non modernisées peuvent le permettre, mais l’usage de termes autres que ceux convenus et généralement utilisés est aussi intéressant. La langue et le langage est une amante parfois douce, mais souvent perverse.

   Ailleurs, Illich donne un exemple concret : « l’entropie » et la « disvaleur ». A partir de cette analyse du langage, le maître développe et exprime ainsi une idée nouvelle de la « valeur » et ouvre une porte vers un imaginaire, une façon de voir le monde et de s’y sentir, absolument autre. Il permet aussi d’ouvrir une fenêtre de compréhension sur une weltanschauung que nous pensons connaître, mais que nous refusons de réellement comprendre (tant les clichés sont nombreux et véhiculés).

    Ami du professeur d’économie japonais Yoshiro Tamanoï, celui-ci lui enseigne son idée de création de valeur par le développement d’une matrice « terre-ciel-eau ». Cette idée semble profondément asiatique, (n’en déplaise aux nationalistes d’un parti, industriels et intellectuels dérisoires dont l’univers sinologique se trouve plus à Shanghai qu’à Hangzhou). C’est ainsi tout un univers, un imaginaire et une façon d’être un humain qui nous est proposé, grâce à un terme : « disvaleur ».

Publié dans Disvaleur

Commenter cet article