La consommation matérielle comme critère de progrès

Publié le par 問道

   L’autre jour, je discutais avec un mec, qui avait ce génie des gens les plus brillants : hélas ses interlocuteurs ne l’avaient jamais compris… c’est le propre des grands génies ! Son cheval de bataille, qu’il tenait mordicus, c’était que depuis 30 ans environs, les politiques libérales ont apportés du progrès, parce que nous avons plus de matériel (l’ordinateur et l’internet, la TV, l’Ipod...) A ceux qui remettaient en cause le capitalisme, il leur demandait s’ils voulaient vraiment nous faire revenir au moyen âge. Il reconnaissait que les Friedman, Becker et compagnie étaient des imbéciles plus politiciens ou eunuques à la cour des Ming que vraiment intellectuels…

 

propaganda-prozac-copie-2.gif   Je fus de ses interlocuteurs d’abord sur une affirmation qu’il a fait, comme quoi, nous serions aujourd’hui plus satisfait que le paysan du moyen âge. Je lui dis alors que tout ce qu’il nous était possible de savoir, c’était sa situation matérielle, sa position sociale dans la société de son temps… mais pour ce qui est de savoir s’il était satisfait ou pas, cela nous était impossible à savoir ! Nous savons aussi qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas heureux dans notre société de consommation. Nous consommons à foison toutes sortes d’antidépresseurs, nous ne croyons plus en un avenir meilleur, chose exceptionnelle pour l’époque contemporaine… il semblerait même que la société de consommation en elle-même, soit le fait d’une humanité dépressive ou névrosé… Alors, l’ami sûr de lui, dit que ce sujet n’est pas relativisable, ce serait relativiser sur le fait que par exemple, une personne qui a le cancer est forcément malheureuse. Il semblait alors avoir oublié, que le cancéreux sait ce qu’est être en bonne santé, il l’a été il a des médecins ou infirmiers ou encore des proches qui sont en bonne santé… il a donc un élément de comparaison ! Mais le paysan du moyen âge ? Il ne connait que sa ferme, le pays alentour, sa famille, ses animaux, ses champs, son souverain, et ses certitudes sociales… cette dernière chose qui a disparue en 1789, sauf pour les classes dominantes nobles et bourgeoise… (Ce devait être une chose précieuse, pour qu’ils privatisent ainsi ce sentiment !)

 

   Arrivent alors la situation matérielle comme critère de progrès ! Les politiques libérales auraient été facteurs de progrès parce que nous avons des ordinateurs, des Iphones ou des lecteurs mp3… je lui fis remarquer que si ce fut bouleversant, ce n’est pas forcément du progrès, puisque ce que nous avons gagné en objets (à l’obsolescence programmé) nous l’avons perdu en protection sociale, en sécurité, en éducation, en services, en culture, en démocratie et même, en sociabilité ! Ce ne sont que des changements, mais pas des « progrès » ! Mais rien n’y fait, le « progrès de la condition humaine par l’accès aux biens de consommations » c’est le critère de progrès et le remettre en cause, imaginer d’autres critères, c’est une chose incompréhensible, même pour un génie incompris.

 

   Nous sommes tombés d’accord sur un point ! Les gens fortunés sont, sauf exceptions, des gens cupides qui s’en foutent des autres. Il pense cependant qu’ils ont été véhicules de progrès social… négligeant ainsi le rôle du gouvernement et de la politique à l’époque ou la Démocratie avait un sens (quand l’Etat se dotait des moyens de contrôler et encadrer l’économie, une partie de la classe politique combattant le « mur d’argent »)… le Front Populaire, l’Etat providence, le droit de grève, la fin du travail des enfants, la limitation du temps de travail, quand les riches, les patrons, exploitaient les ouvriers dans des conditions inhumaines à voir ce documentaire en deux parties plus bas. Son postulat de départ était que les riches payent des impôts, plus que les autres, donc contribuaient plus qu’un salarié lambda. Hors, les personnes fortunées dépensent beaucoup d’argents en corruptions pour couvrir leurs fraudes fiscales, s’évadent vers des paradis, font un lobbying intense pour voir une politique favorable à leurs intérêts, jusqu’à militer pour un retour au XIXème siècle… nous apprenons même que madame Bettencourt est imposé à 9% de ses revenus, le même taux qu’un cadre moyen !

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   Il faut en convenir, 9% des revenus de madame Bettencourt, c’est plus que 9% des revenus d’un cadre. Néanmoins, 9% de ses revenus pour elle est bien plus indolore que même 5% des revenus d’un cadre. A un certain niveau de fortune, nous ne sommes même plus à 10 millions € prêt. Mais ceci est un autre sujet. Alain Dominique Perrin, excécuteur testamentaire du sculpteur Cesar peut partir à Londres arce que vivre avec 320 000 € par mois après avoir touché 1 million d'euro  brut lui était inssuportable et à Londres, il vie avec 590 000 €, même si le coût de la vie est supérieur de 30%!

 

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A lire : la société de consommation de Jean Baudrillard

Publié dans Anecdotes

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VE 30/10/2010 18:32


J'ai pensé à toi l'autre jour quand j'ai déniché à Montreuil un bouquin qui a un peu vieilli mais nous instruit encore : le Guide de l'Anti-Consommateur, de Koechlin-Shwartz et Grapas. A feuilleter
en rigolant !


問道 30/10/2010 19:13



ben, déjà, c'est gentil de penser à moi! Ensuite, sympa que l'alliance de ce bouquin et de a pensée te fasse rire, c'est cool!!!!!!!



VE 30/10/2010 18:24


Contente de te lire, comme toujours.
Appelons-nous bientôt;
Bon courage pour la dernière ligne droite. VE


問道 30/10/2010 19:14



oh tu vas voir la suite, j'en suis un peu content...



Duchinois 02/09/2010 12:17


Quand je vais à la campagne et quand je regarde les enfants qui jouent au chat perché ou qui se contentent de quelques bouts de bois comme jouets et qui n'ont jamais vu de Ipod ou bien de PS, je
trouve qu'ils sont bien plus heureux que moi ou bien de certains enfants des villes qui boudent parce que leurs parents ne leur ont pas acheté un mp4 ou un mp5 ! Des fois, je les envie !


Henri 22/08/2010 20:13


Sans remettre en cause les 2000 ans de leçons que l on se doit de prendre en compte, je pense en effet qu'il s’agit maintenant non plus de se laisser croquer en étant un petit enfant du passé, mais
en devenant adulte et gérant le futur dans une idée moins court termisme, peut-être pas a 2000 ans, mais au moins un peu plus que maintenant.

Il y a 300 ans l économie n existait pas si standardise, dans 300 ans existerait elle toujours ou sera-t’elle transformé : aurons nous la même monnaie indexé pour tout le monde.

Bref des sujets qui demandent réflexion, un peu utopique, mais faut bien commencer un jour, et content de voir des points de vue sur internet qui remettent le « qui parait normal » en cause de
façon constructive. Même si sous l immensité d internet, c’est un peu comme crier dans une gare un jour de grève, malheureusement.


Henri 20/08/2010 09:20


Bonjour, et merci,

Je pense que le fond du truc réside moins dans l aspect matérialiste propose par cet auteur, mais bien plus dans le contexte de l’étendue des connaissances.

Avec toutes les options qui nous sont offertes, connaitre plus exige qu’on demande plus. Apres, sans dénigrer la vie au moyen-âge, les standards sont différents, c’est donc comparer un peu des
oranges et des tomates. On ne fait plus face aux mêmes défis, on doit les relever, mais pour cela les connaitre et se remettre en cause.

Et comme vous le dites, cette remise en cause se doit de se faire en dehors de la boite à outils standards de notre monde moderne, de cette « économie » philosophique à tout bout de champ. Aller
plus loin que l aspect rigoureusement monétaire. Car a la fin, a travailler dans ce milieu, on conclut vite que l’argent est créé par la dette. Le film Zeitgeist Addendum offre un point de vue
intéressant.

Hier, je vois une affiche publicitaire : We live in financial times. Well, ca m’a un peu interloque. Au delà de la pub pour le journal, ca montre bien que certains se satisfont du monde dans lequel
ils sont, difficile donc de le remettre en cause. Il le faut, et pour cela je loue vos articles. Apres, au delà de l aspect matérialiste, Créer de l’argent par l’argent, ce n est pas un peu simple
? De nos jours, dans les pays développés, je crois que l argent n est plus un facteur de développement mais une limite au développement humain, comment allons-nous gérer cette transition. Ca remet
en cause savoir ce qu’on va faire dans notre futur pour garder ou gérer ce futur qui nous attend.

Tout est un equilibre. je pense qu il faut que l'on reapprenne a rire de soi et remettre le cause le monde autour hors des chemins balises. bref, le comique reste une bonne aide aux nouvelles
idees, je continuerai de regarder certains comiques pour construire mon idee du monde dans lequel on vit. et puis ca fait rire, c est une raison non negligeable.


問道 20/08/2010 13:24



   Beaucoup en sont satisfait, parce que ça demande beaucoup de maturité de résister à la flaterie et de resister au titillement de nos vices. C'est un grand travail spirituel! Comment
sortir de l'infantilisme? Un prof pense que seul la pédagogie de la catastrophe fait grandir l'enfant gâté...