L’évolution de l’état totalitaire

Publié le par 問道

   Lorsque l’on parle de régime totalitaire, les premières images qui viennent, à juste titre, ce sont les camps, les purges, la terreur de masse et le culte de la personnalité. C’est naturellement le spectaculaire, ce qui peut se montrer à l’image et frapper les esprits, traumatiser un collectif. Mais il semble que ces quelques images, ne suffisent pas à faire ou non, un régime totalitaire, certainement, d’autres choses plus fines, moins visible l’expliquent. La première priorité d’un pouvoir totalitaire est de s’installer au pouvoir de façon durable, en éliminant tout ce qui pourrait le menacer. En opposition avec sa société et sa weltanschaung qu’elle veut radicalement changer, il lui faut donc la détruire de toutes les façons, traumatiser la société et la soumettre, imposer sa propre légitimité, l’idée que « la vérité est au bout du fusil » doit devenir la norme. Les gens doivent avoir peur, car la peur rend un pouvoir légitime plus vite, elle fait gagner du temps. Mais elle n’est pas aussi durable, il faut ensuite faire accepter la nouvelle donne comme évidente, comme naturelle. Est alors organisé au travers le pays, la société, via les différentes institutions et organisations, une opération de lavage de cerveaux à grande ou très grande échelle. Tout les moyens de l’Etat sont ainsi mobilisés pour redessiner la société à a convenance du nouveau pouvoir, détruire ses structures et fondements comme par exemple les familles (les enfants dénonçant les parents, ou les parents rejetant leur fils ou fille pour insoumission au parti ou non respect des préceptes religieux), bouleverser ses échelles de valeurs, les détruire. Le vide fait, tout ce qui a été détruit doit être remplacés par le Parti (ou les institutions du nouveau pouvoir) et l’idéologie. Le maître est idolâtré, son image doit-être omniprésente, ses discours reconnus comme sagesses ultimes et enseignés à tous ! De même, sont mis en place ce qui est complaisamment appelé « politique d’alphabétisation via la mise en place d’une éducation nationale gratuite », mais qui n’est en fait qu’organisme d’endoctrinement des enfants, ou « l’enseignement » et les programmes sont construits en fonction de l’intérêt du régime. De même, sous le totalitarisme, toutes personnes doit être isolé des autres, la société doit-être atomisé pour être affaiblit. Le régime, l’Etat devient le pays, seule référence d’appartenance culturelle, historique, seule lien commun entre tous.

   L’histoire y est manipulé, tout comme les études littéraires, philosophiques où autres. Sont aussi rajoutés les programmes d’études ou de l’idéologie au pouvoir, consistant en l’apprentissage par cœur de la dite idéologie. Cela ne va effectivement, pas sans incidences sur la société. Ayant appris l’intérêt de la violence pour se faire une place dans la société, de même que la violence à force de légitimité, l’individu, prend modèle sur ceux qui lui sont offert, adhère au seul discours qui lui est enseigné, et agit comme tel. Il devient cynique, se met à privilégier les « objectifs », son intérêt, en négligeant les possibles pertes autour de lui, pouvant être catastrophique pour la société. Mais, il n’a cure de la société, puisqu’elle n’existe plus, c’est le Parti, le pouvoir en place, qui existe et qui compte. De même pour la morale, elle n’existe plus, remplacé par l’idéologie. Tous les moyens sont bons pour parvenir aux fins voulus, quitte à faire des sacrifices, humains le plus souvent (écraser une majorité par le travail, massacrer les ennemis désignés, sélectionner les enfants selon des éventuels aptitudes physiques pour en faire les petits soldats du régime et les symboles de son œuvre)… La culture du mensonge également, puisqu’il n’est plus question de parler, discuter, échanger, mais d’être d’accord avec ce que le pouvoir dit, vérité absolue qu’il faut croire. La « vérité » ne s‘observe plus dans les faits, les conséquences, ne se cherchent plus, mais se décrètent : « La vérité est au bout du fusil ». Ainsi, s’installe une société violente, sans repères, sans valeurs, mais politisés et endoctrinés, à l’image du régime : nerveux et violent à la première contrariété. Chose qui peut aussi se vérifier à l’échelle des individus.

   Le système également évolue, il change. Plus stable et son pouvoir assuré, les opérations de terreur de masse ou les actions spectaculaires ne sont plus nécessaires. La société est prévenu et les cadres du système sont plus tranquilles, bien que toujours un peu paranoïaques. Régimes structurés sur la violence, né de la violence, se légitimant par la violence, s’exprimant avec violence et agissant avec violence, lorsque la nécessité de celle-ci disparait, les fonctionnaires peuvent s’adonner à d’autres affaires, tel que faire fortune. S’installe alors un régime ou la « liberté » économique devient la règle. Les gens plus ou moins proche du régime font des affaires, sous la protection d’un fonctionnaire et, en échange de sa bienveillance et, parfois de ses services, touche une partie de ses bénéfices. L’absence totale de contre-pouvoirs sociaux favorisant naturellement ce genre de pratiques, à plus grandes échelles. La corruption en système totalitaire en fait existe depuis le jour 1 de l’ère du nouveau régime, le leader s’appropriant les biens précieux et luxueux du pays, s’offrant la vie la plus confortable possible. Juste, avec le temps, la corruption se démocratise. C’est d’ailleurs la seule chose qui se démocratise ! Dans ce genre de régimes, le seul contre-pouvoir à un réseau de corruption est l’autre réseau de corruption rival. Néanmoins, ce genre de régime ne se résume pas uniquement à ce genre d’activités. La terreur existe toujours, mais moins spectaculaire plus précises, localisés, elle ne devient plus collective, mais personnelle, individuelle. La terreur de masse avait pour but de détruire les résistances sociales, collectives, la terreur individuelle vise à neutraliser les résistances personnelles des individus, bien que plus inoffensifs qu’en groupe. De masse ou individuelles, la terreur reste la terreur. Et puis, restent les structures anciennes, l’école endoctrinante, la censure, les médias diffusant la propagande, la manipulation de l’histoire ou de la culture afin de créer une copie de « patriotisme », ou le régime aurait remplacé la « patrie ». La confusion des deux est justement quand à elle toujours maintenu, l’Etat, le régime, représentant et organisant l’idéologie, elle-même remplaçant la culture ou la civilisation, remplace le pays ou la patrie, le groupe auquel l’on peut se sentir appartenir.

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 20/05/2012 20:57

CLOVIS SIMARD ‏@CLOVISSIMARD
LE GOUVERNEMENT CHAREST LEMAUVE A INSTAURÉ AU QUÉBEC UN RÉGIME TOTALITAIRE !! LA VIOLENCE ?

問道 22/05/2012 20:35



pour ma part, tout état moderne est totalitaire, certains ouvertement (socialistes, communistes, facistes, nazis, religieux), d'autres crypto-totalitaires (l'état dis "démocratie" parlementaire).
Ce n'est pas une surprise, ce sont des états non pas d'humains, mais de spécialistes, représentants et institutions. Les etats nord américains, qui imposent des choses inhumainent aux
Amérindiens, et cherchent à maintenir le contrôle sur les blancs... faut arrêter de jouer le jeu...