L'euthanasie du sinophile

Publié le par 問道

   J’ai par le passé évoqué ce drôle d’animal que l’on appelle « le sinophile ». « Sino » de Chine et « phile » de « amour ». Sous branche de la famille du « phile ». Il est un cousin proche de « l’arabophile », du « turcophile » ou encore du « russophile ». Le « phile » est un parasite, de couleur blanche, souvent vierge avant de visiter le pays objet de ses « philies », c’est d’ailleurs souvent pour ça qu’il devient « phile » du pays en question. Le sinophile vie une relation bizarre avec l’objet de ses admirations. Il se prétend « aimer la Chine », ce pays où ses fesses sont posés, où il gagne de l’argent, mais qu’il ne connait pas, en dehors de ses visites touristiques encadrées et de ce qu’en raconte la télévision officielle. Nous avions vu que la connaissance de la culture du pays, chez le sinophile, se limite à la culture officielle. Ses connaissances des minorités, s’il est curieux ne se limite qu’aux « études » ethnologiques officielles. Il est très friand d’événements à la gloire du régime, qu’il appelle « fêtes nationales » ou « fête pour tous les Chinois ». A noter qu’il est toujours prompt à se faire prendre en photo sous le drapeau rouge ou les statues ou portraits de Mao, ces lieux touristiques qu’il affectionne tant.
 

 

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   Le sinophile est toujours prompt à défendre ce qu’il se passe en Chine, pour le meilleur, le pire… et surtout le pire. Sur la vulgarité des nouveaux milliardaires qui s’offrent des centres ou exhiber leur vulgarité avec ostentation : « et alors, on a bien la même chose chez nous ». Sur la violence policière, il n’hésite pas à parler des violences policières en France ou aux Etats Unis… le sinophile aime la Chine et sa civilisation, au point de trouver formidable que ce pays singe jusqu’à la caricature le plus vulgaire et le plus cliché du monde occidental. L’originalité chinoise trouve aussi grâce à ses yeux, comme folklore pour montrer à ses compatriotes qu’il a des goûts anticonformistes…

picquart.jpg   Il est donc prêt à tout justifier dans ce pays, arguant que le pouvoir y œuvre pour améliorer les choses. Il n’hésite pas à évoquer les catastrophes du passé, les famines et violences, provoqués par les mêmes institutions qu’il juge aujourd’hui facteur d’amélioration de la vie des gens. Concernant les aberrations sociales, en tout genre comme ici ou , il ne voit pas les signes d’une humanité en décomposition, comme pourraient le constater des gens cultivés et fins connaisseurs des sociétés humaines (comme ici), lui y voit de « l’insolite, formidable, tout est possible ! » Un intellectuel en exil, Lao Cai, dit « avant d’aller en Chine, pour prétendre la connaître, commencez par vous connaître vous-même ».

   Ils ne savent en effet pas qui ils sont, ni où ils habitent. Choqués et médisants à l’égard de leurs sociétés d’origine, prétendant aimer cette civilisation si différente et « impénétrable », ils se félicitent de la voir importer, à son échelle, les tares de ce qu’ils détestent chez eux. Ils sont heureux de voir ce pays abandonner ce qu’il a toujours été, et qu’ils prétendent aimer, pour devenir un occident de substitution. Il s prétendent qu’en fait, ce sont les autres qui n’ont rien compris, parce qu’ils ne vivraient pas sur place, et n’auraient pas épousé une autochtone de décoration. La vie en Chine est formidable!

   Comme Keynes, préconisait « l’euthanasie des rentiers », en les faisant crever d’argent, monter les taux d’intérêts, l’inflation… il faudrait euthanasier les sinophiles. Cela se ferait après les avoir déchu de leurs nationalités étrangères (occidentales d’ailleurs) et leur offrant une vie de Chinois moyen, la majorité à vrai dire… la précarité sociale et sanitaire, la déchéance morale et la haine de soit, la soif inextricable d’être un Américain et d’y aller, l’impuissance face à la corruption et la violence des policiers, voir l’argent couler à flots chez les seigneurs du Parti et leurs amis, être obligé de s’autocensurer quand on a un avis à exprimer… avoir honte de ne rien connaître ni comprendre de sa culture et civilisation devant certains étrangers qui eux, ont montré une vraie curiosité, les expropriations de force pour être forcé d’aller vivre dans d’horribles cités (nos 4 000 puissance 10)… et je ne parle pas des autres choses…

 

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