Introduction

Publié le par 問道

 portrait_illich.jpg  Rédigé et pensé en pleine guerre froide, les hommes étaient tenus de choisir entre les deux camps qui confisquaient les possibilités de vivre : le « totalitarisme communiste », vieillissant et figée en URSS ou en pleine ébullition et agitation en Asie sous l’impulsion des délires de Mao Zedong, et le « monde libre »[1], capitaliste. Ivan Illich, était en dehors de ce petit jeu politique et ses concours d’éloquences. Né à Vienne, en Autriche en 1926, mort à Brême en 2002, son père était croate et sa mère allemande. Subissant le racisme montant en Yougoslavie et en Autriche, il poursuit ses études à Florence en 1942. Puis, il étudie à Rome  la théologie et la philosophie. Refusant un rôle de diplomate que voulait lui confier l’Eglise, il préfère partir aux Etats-Unis étudier les travaux d’Albertus Magnus, théologien et scientifique Germanique du XIIIe siècle. A partir de 1956, il est envoyé à l’université catholique de Porto-Rico, après plusieurs années vécus à New York. C’est là qu’il commence à remettre en cause le bien fondé de l’école, observant l’écart entre son but prétendu et sa réalité. En 1961, il fonde à Cuernavaca, au Mexique, le SIDOC : Centro Intercultural de Documentación qui sera ouvert jusqu’en 1976. A partir de 1976, il enseignera la philosophie à Brême. Il meurt en 2002, après avoir porté 20 ans une tumeur qu’il refusa de soigner. Il appliquera les idées qu’il prônait, rejetant l’acharnement thérapeutique. Mourir dignement en supportant la douleur, le moment venu, plutôt que de s’accrocher à la douloureuse survie.

ecole-mutuelle   Dans ce livre publié en 1971, Ivan Illich, lui-même pédagogue, s’attaque à une institution mythique, aimé et admirée de tous : l’école. Il est en effet, ancré et admit que l’école est une institution vertueuse, qui ne peut que faire du bien. Ce n’est pas une lecture facile à comprendre. Il convient en effet, de commencer par désapprendre ce qui a été inculqué. Des gens modernisés, ayant fait de hautes études et ayant le cerveau formaté, ne sauraient comprendre son propos. Fussent-ils des individus au quotient intellectuel supérieur à la moyenne. La longueur de leurs études et le soin que le système prend de ces ressources naturelles à les rendre exploitable pour le système, ne peut les aider à comprendre. Ce type de lecture met à jour leurs limites et le mythe e l’intelligence supérieur de l’ingénieur, du médecin, de l’économiste, du haut fonctionnaire etc.

   Pour comprendre ce type de lecture, il faut avoir encore vivant, le souvenir d’une existence non modernisé. Transmise par un parent ou directement vécu. Il faut aussi avoir conscience que la modernisation est une agression et non un bienfait. Au contraire de ses critiques, Illich est allé vivre chez ces peuples qui n’étaient pas modernisés : en Amérique latine, chez les mexicains et auprès des amérindiens. Des amérindiens qui aujourd’hui se battent contre l’école et la modernité menaçante. Vivre chez les Touareg du Sahara et les Pygmées, Bushmen et autres peuples vernaculaire aide également. En Asie, l’on peu apprendre chez les Hmong, les Mongoles et auprès de Tibétains, pas encore formatés (ici, sont mis dos à dos la politique du parti communiste chinois, mais aussi les études que suivent certains dans les universités américaines ou finalement, l’on y apprend qu’à appréhender l’existence en Américain). C’est à la réflexion atypique d’un penseur atypique qui nous est offert de rencontrer.

 

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[1] Un « monde libre » qui s’accommodait des dictatures sud-américaines, des réseaux françafrique, et des dictatures à Taïwan et en Corée du sud. A Partir de 1972, les Etats-Unis se sont en plus accommodés de la République populaire de Chine de Mao, puis de Deng, alors que la France n’a jamais caché son admiration et son amour  pour le parti communiste chinois et ses leaders.

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