Dans la série : « Tartuffe le rebelle »

Publié le par 問道

   … après Noam Chomsky, voici Jean Luc Mélanchon.

 Jean-Luc Melenchon Front de Gauche 2009-03-08

   Bien moins célèbre à l’échelle mondiale que Chomsky le prédicateur américain, Jean Luc Mélanchon est, à l’échelle française, un phénomène de foire. Dans le cirque médiatique actuel, il sait attirer le regard et s’octroyer la sympathie des laissés pour compte de la société de consommation, du capitalisme. Cela d’autant plus que, semble t-il, la médiacratie ne l’aime pas, et il leur rend bien. C’est, il semble, ça son programme de campagne : ne pas aimer la médiacratie et le leur rendre, coup pour coup. Il est vrai que, les gens de médias sont des imbéciles, qui baignent dans leur jus d’arrogance. Et dans leur bêtise, ils le comparent à Jean Marie Le Pen, le qualifient de « populiste » et l’attaquent par des leçons de morale et des attentats intellectuels. Ca a d’ailleurs, nous l’avons vue si bien marché avec le Front National. Ce petit jeu de comparer Mélanchon à Le Pen, ne m’intéresse pas et m’agace à vrai dire. Même s’ils n des points communs : une vision verticale de la société et une profonde xénophobie.

 

   La vision verticale de la société, c’est que ce grand démocrate à pour modèle d’alternatives le Cuba de Fidel Castro ou le Venezuela d’Hugo Chavez. Qu’est-ce que le Castrisme ? Ce n’est pas une dictature d’après Jean Luc Mélanchon. C’est en fait une authentique démocratie ou les touristes européens vont se remplir de Cuba Libre, gouter des cigares et faire la fête avec des Cubains heureux de vivre à Cuba sous ce régime. Le Venezuela, c’est un pays ou si les bourgeois et les Américains n’y complotaient pas tout le temps, tout irait mieux. En fait, dans l’esprit de ce Danube de la pensée, comme de ses adeptes, Cuba et le Venezuela ne sont pas des pays, avec des états et des peuples qui y vivent. Il se contre-fout éperdument des Cubains et des Vénézuéliens… comme des Biélorusses d’ailleurs. Ces contrées sont des mythes, des pays imaginaires, qu’il faut servir aux adeptes pour les faire rêver à un « autre chose ». Qu’importe ce qu’est cet « autre chose » pour la société et ses habitants, ce qui compte, c’est pour lui d’être la « figure d’une alternative au capitalisme » dans les médias et les élections. Les adeptes du Grand Timonier du Parti de Gauche se plaignent de la façon dont les journalistes le traient, l’insultent et le provoquent… mais à quel attitude s’attendre de la part des journalistes quand on leur dit « si je prends le pouvoir, voici mon modèle » et que ce modèle met des journalistes en prison ?


   Il s’est fait remarquer durant l’été 2008 par son adhésion absolument totale à la propagande du Parti Communiste Chinois à propos du Tibet. Sa position était en fait basée sur un tas de cliché : le Dalai Lama serait mi pape, mi roi féodal, qui régnerait sur des serfs esclaves, et qui auraient été libérés par la modernité apportés par le Parti Communiste. Le Saint Parti Communiste ! Mélanchon n’a jamais été intéressé par ce qu’avaient à lui raconter les Tibétains, il sait tout et a tout compris : le Tibet serait l’exact copié-collé de la société féodale en occident chrétien, mais dans des montagnes orientales. Il condamne le Dalai Lama et nie sa légitimité, sans avoir demandé l’avis d’aucun tibétain. Pas de place pour les nuances et les structures propres d’une société originale et vivante, faite par des hommes vivant dans un milieu naturel unique… après tout, le monde n’est qu’un patchwork de sociétés occidentales, toutes identiques… Un jour, à la télévision, ce média que hait Jean Luc Mélanchon, mais dans lequel il se rend souvent, il avait à faire à un homme africain, représentant d’un groupe indépendantiste au Cabinda. Notre Grand Timonier a accusé de terroristes le représentant d’un groupe politique indépendantiste, de « terroriste » avant même que celui-ci ait le temps de s’assoir, et il fit tout pour l’empêche de s’exprimer. Il fallut qu’un autre invité, Philipe Menard (si haïs des sbires du Parti Communiste Chinois et des castristes français) l’invite à ranger son arrogance coloniale et laisse le monsieur s’exprimer. « Arrêtez avec votre attitude raciste ». Il fit l’outré et exigea que l’ancien président de Reporter Sans Frontière retire ses mots… ce qui ne fut pas fait, si mes souvenirs sont exacts.

 

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   Menard à vue juste, c’est de l’arrogance coloniale qui anime Jean Luc Mélanchon. Celui-ci ne supporte pas de voir remis en cause les frontières, le saucissonnage sauvage de l’Afrique, par la colonisation européenne. Il ne supporte pas de voir des hommes non blancs dessiner les cartes du monde. Il lui déniait même le droit de s’exprimer. Son discours transpire l’idéologie de la « colonisation apporte la (notre) civilisation universelle aux peuples misérables et sauvages du monde ». Ce fut encore plus flagrant dans une émission sur Soljenitsyne. Il le traitait de « fasciste » « raciste » « réactionnaire »... L’auteur de l’Archipel du Goulag était coupable d’être trop russe pour adhérer aux « lumières » de l’occident du XVIIIeme siècle. Le professeur de civilisation russe, en face de lui, eut beau lui expliquer que les « lumières de Montesquieu et Voltaire ne sont pas universelles », que toutes les cultures ont leurs étoiles et leurs obscurités. Le petit père des peuples, Jean Luc Mélanchon rétorqua que « si, les lumières sont universelles ». L’histoire des peuples du monde est donc d’attendre que la France vienne les sortir de leur obscurantisme culturel.

 

   Voici donc, ce que peut dire un homme non français, à propos de Jean Luc Mélanchon et de son rapport à l’étranger. Un adepte de Jean Marie Le Pen n’aime pas les étrangers et veut que ceux-ci suivent ses règles, chez lui, Jean Luc Mélanchon, né au Maroc à l’époque du protectorat français sur le royaume chérifien, a une façon de s’adresser aux gens des autres pays, vindicative, autoritaire… haineuses. Il veut que les étrangers soient comme il veut, fasse comme il veut, chez eux ! Seuls les dictateurs trouvent grâce à ses yeux. Ou alors, j’ai mal compris… après tout, je ne suis qu’un étranger ! Cependant, une chose est sûre : je n’aime pas du tout la façon dont il me voit et le ton sur lequel il s’adresse à nous autres, non-français.

 

   Jean Luc Mélanchon n’est qu’une machine à « buzzer » dans le monde du divertissement actuel. Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on peut dire, mais de le dire et de faire parler de soi. On peut dire une énormité, personne à la télévision, les journaux et la radio n’a les moyens intellectuels de détruire vos bêtises. C’est un système dans lequel, la bêtise est plus forte que l’intelligence : il faut faire vite et simple, on ne peut pas tenir un discours expliquant que les choses sont complexes. Dans ce système, les Sarkozy, Mélanchon, et compagnies sont comme des poissons dans l’eau. Le média n’est pas neutre et dans les médias de masse, l’intelligence n’a pas sa place. C’est en cela que les émissions de débats intellectuels comme « ce soir ou jamais » ou les trucs de FOG sont plus dangereuses pour l’esprit que Cauet ou le Juste prix… mais c’est là un autre sujet.

Publié dans Rectifier les noms

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