Crypto-xénophobie

Publié le par 問道

 

   Voici un fléau qui a déjà été évoqué ici. En parler est difficile, dans une langue qui me semble bien inadapté pour critiquer cela, tant elle porte l’idéologie de son maître. L’antiracisme est le remède que certains français fort bien intentionnés ont trouvé, pour lutter contre le racisme. Le remède semble en fait plus nuisible, que la maladie. Pire, le remède n’est rien d’autre que la maladie qui avance caché. Il y en a de plusieurs sortes, mais, je vais me limiter à quelques catégories.

 

1/ Les évangélisateurs

   Ce sont des gens de très bonnes volontés, gentils, souriants. Ils se sentent investis d’une mission pour aider tout les malheureux peuples qui n’ont pas la chance d’être comme eux. Les chrétiens, ont crée cette race, depuis, capitalistes, tenants du « développement » et faune d’extrême gauche (communistes, socialistes, marxo-machins trucs), ont pris le relais. Pour les Chrétiens, les peuples non-monothéistes sont des sauvages à qui il faut apporter « la vraie religion ». Les Jésuites en sont un exemple. Pour leurs héritiers porteurs d’idéologies modernes, ce sont de pauvres débiles mentaux qu’il faut civiliser. Il convient de détruire leur mental, leur moral, leurs sociétés pour les pousser à copier le modèle dominant. Le colonialisme à l’époque ou elle était vue comme bienfaitrice était la « mission civilisatrice », construisant la paix des peuples au sein d’empires coloniaux cosmopolites. Les temps changeants, le colonialisme a laissé sa place. Le socialisme, le développement (notion absolument idéologique), « l’unité-nationalisme » (unité nationale d’Etats fabriqués par le colonialisme), le féminisme, la citoyenneté du monde etc… ont pris le relais. Il ne s’agit plus d’imposer soi-même son modèle, mais de le faire imposer par des évangélisés qui font animaux locales. Ils regardent les sociétés de leurs ancêtres à travers le prisme du colonialisme, comme évoqué ici. Chez d’autres, il s’agit de vouloir unifier l’humanité dans un joyeux ensemble, du haut de sa position dominante.

   Voici la parole d’un de ces crypto-xénophobes :

Être bicot ne suffit pas connaitre l'histoire du Maghreb, pas plus qu'il ne suffit d'être une poule pour connaitre la composition d'un œuf. C'est parce qu'il est juif ou parce qu'il est communiste que vous en avez après Stora ? Vous auriez au moins pu lui opposer un historien non-gwer, monsieur le raciste.

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Je n'ai pas parlé de fac française, j'ai parlé de fac d'histoire et d'historien non-gwer (puisque vous n'aimez pas les blancs, par principe).

Et non, les ragots du village ne valent pas une étude historique.

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Les ordres venus d'un mangeur d'enfants qui suce les hippopotames et qui ne sait pas écrire, je m'en cogne.

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2/ Les « philes »

   Déjà évoqués dans la version sinophiles, ils existent en version arabophiles et islamophiles. Ils passent, dans leur pays, la Béotie, pour des savants, des fins connaisseurs des sociétés qui leur est exotique, pittoresque, lointaine. Ils parlent beaucoup, jonglent avec les concepts philosophiques, « cassent les préjugés ». Ce sont de brillantes personnes. Passés l’illusion, grattant la croute, voir au-delà des apparences, l’on se rend compte qu’ils ne « cassent pas les préjugés », juste en substituent certains par les leurs. Leur jonglage, n’est en fait qu’une illusion, fascinant le public ignorant avec des mots et des phrasés qu’il ne comprend pas. Personne ne pouvant mettre à jour, car personne ne sachant de quoi ils parlent. Ils subjuguent ! En général, ils ne savent rien de la civilisation dont ils se prétendent connaisseurs. Juste, ils sont initiés à l’idéologie et à la propagande du pouvoir qui domine les dites contrées. Ce pouvoir ayant le monopole des moyens de communication, l'idéologie se substitut aux réalités. Ils n’aiment pas les pays et les peuples de ces mondes exotiques. Ils sont pour eux des sauvages incultes, qui ont bien de la chance d’être dirigés par des despotes éclairés (un terme pléonastique n’est-il pas ?) Ils adulent les conquérants, chantent la beauté des empires, cosmopolites et colorés… elle est là l’objet de leur affection et de leur domination : l’EMPIRE !

 

3/ Le coloriste social

C’est l’adepte du cosmopolitisme. Il aime voir des gens de différentes couleurs, de différentes contrées se mélanger, et se métisser. Apparemment, rien de bien méchant, sauf que : le coloriste social ne se demande jamais quel peut-être l’histoire de ces gens et pourquoi ils sont là. A priori, le cosmopolitisme est une chose positive. Qui peut-être contre la rencontre des autres et la coexistence pacifique ? Mais une telle chose ne vaut que sous certaines conditions. Par exemple, un lieu de carrefour de rencontre entre autochtones, voyageurs, vagabonds, marchands, troubadours etc… l’on peut prendre l’exemple des marchés médiévaux (sous réserves d’études précises sur le sujet). Le cosmopolitisme va quand il n’y a pas de pouvoir politique (et économique) qui impose la misère, l’exploitation ou fait couler le sang... ou, chose plus subtile, mais importante, quand il n’y a pas de domination morale des uns sur les autres, dans le cadre de rapports sains. Dans notre monde actuel, il n’existe pas d’entités politiques et culturelles cosmopolites qui se soient fait de façon « populaires ». Les groupes tiennent naturellement à leur intégrité territoriale, leur cohésion sociale et expressions culturelles. Les ensembles cosmopolites sont toujours le fait d’empires. L’empire, peut-être résumé de la sorte : « lorsqu’un groupe impose sa domination sur d’autres groupes ». Ce groupe dominant exploite les dominés, les vampirises en installant une capitale à l’empire, vers où tout converge (récoltes, biens, hommes). Cette capitale impose les normes culturelles et acculture les campagnes. Notre société est né du colonialisme et de l’après colonialisme (françafrique, politique arabe de la France etc). Toutes personnes migrantes en Occident est migrante du fait de la misère, produite par le monde moderne depuis 3 siècles.

Le migrant n’est pas un touriste, il n’est pas sur place pour le plaisir. C’est d’abord parce que la situation dans son monde le lui impose. L’empire cosmopolite pille méthodiquement le village, rend la vie au sein de la tribu difficile. Un jeune kabyle qui quittait son village pour la France était considéré, et se considérait comme un sacrifié. Depuis, la technique à peaufiné le système. La propagande médiatique du pouvoir crée fascination de l’autre, semblant engendrer une auto-détestation et donne envie de coller au canon du bon sujet : le citadin de la capitale. Voici un exemple de chanson, qui raconte le malheur des villageois de quitter leur tribu pour aller en ville, la « maison blanche ».

 

 

 


 

 

Mais qu’importent ces souffrances, qu’importent ces détresses. Le coloriste social n’a jamais cherché à connaitre ou comprendre l’histoire de ces gens. Pourquoi, se sont-ils mis à vouloir partir de chez eux pour venir là ? Non, ces questions ne sont pas intéressantes, pourquoi donc les écouter ? Connaître les autres n’a pas d’importance, c’est le projet d’ingénierie social qui compte !

 

   Pour ces gens, l’existence des autres ne vaut la peine que si nous les singeons, les admirons, rentrons dans les cadres ou subissons leurs projets. Ce sont eux, les antiracistes, qui se croient avoir la légitimité pour décider de nos existences. Ils n’ont aucune considération pour autrui. Leur xénophobie n’a pas le langage du rejet, mais celui du paternalisme et de l’adhésion à l’idéologie du dominant pour peu qu’il fasse couleur locale.

   Ils ne supportent pas qu’une voix étrangère vienne briser leurs clichés et vérités toutes faites. Ils ne les écoutent pas avant de les avoir formatés à leur moule. Un moule fait de télévision et médias, de leçons de morales et d’arrogances élitistes. Des gens qui donnent des leçons de racismes depuis leurs quartiers « propre » de tout étranger. Si mon mépris pour cette élite est réel, ce ne sont pas les pires. Il y a les gueux, vivant parmi les gueux « immoraux et racistes », mais qui croient et colportent le message de ces maîtres, au mépris de ce qu’ils vivent réellement. Pensant-ils alors se rapprocher de leur « grandeur », ils miment les évêques du paf, eux qui ne seront jamais que des petits curés vivant parmi les gueux.

A la vérité, il n’existe pas dans ce pays d’antiracistes, mais des personnes franchement xénophobes, et des crypto-xénophobes. C’est juste une question d’expression. Le premier est un idiot qui ne se rend pas compte qu’il n’a d’intérêt que pour servir de grossier pare-vent aux seconds. Seules quelques personnes, loin de ces débats, se montrent exceptionnelles ! Ce ne sont pas des antiracistes ou je ne sais quoi, juste, des gens biens, à la fois respectueux et réellement bienveillants.

Publié dans Rectifier les noms

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Natatchou 27/05/2011 04:06


Très bon article, qui amène à réfléchir, en tant que personne se pensant antiraciste, à sa propre perception. Juste petit bémol: tu ne donnes pas les noms des personnes que tu cites. Cela pourrait
permettre aux gens qui veulent approfondir le sujet (comme moi :) ) de faire des recherches.
Merci.


問道 27/05/2011 12:56



Mzrci! Ca me fait plaisir d'être compris par toi!!!


 


Tu sais, je ne veux pas dire aux gens qui aimer, qui ne pas aimer! L, de tête je n'en ai pas des noms de gens très connus, mais ils forment plus une sorte de "pulp"...