Création de disvaleur : l’exemple de la Chine Populaire

Publié le par Winston Morgan Mc Clellan

   Les agressions occidentales, auxquels viendront s’ajouter celles d’un Japon idolâtrant ces étranges et agressifs envahisseurs et leur représentation du monde, mettent à nus la réalité de la Chine de l’époque : un pays faible et une civilisation moribonde. Jusqu’alors, l’élite de ce vaste empire vivait dans l’illusion dans laquelle l’avait mise la dynastie Qing : une grande civilisation très ancienne qui se trouve entre de bonnes mains robustes et solides. Hors, il se trouvait que la réalité était autre. En effet, tout sinisé qu’ils puissent être, aux yeux des missionnaires jésuites, les Qing n’étaient pas réellement chinois et étaient obnubilé par leur illégitimité sur l’empire. C’est ainsi que fut mené une politique culturelle basée sur la censure et le non renouvellement des idées et conceptions. Pour dominer les élites chinoises, les Mandchous avaient malicieusement flatté la grandeur de leur civilisation. Hors, aussi brillante qu’elle fut, la réalité était celle d’un pays sous une occupation brutale, instrumentalisant la culture classique comme propagande légitimant le pouvoir en place.

   Les agressions du XIXe siècle firent voler en éclat cette illusion, mais paradoxalement, les élites intellectuelles n’ont pas cherchés à comprendre leur monde, mais juste à changer de lunettes déformantes. Graduellement, de la seconde guerre de l’opium jusqu’aux années Mao Zedong, ce qui ne devait être qu’une modernisation modérée, se transforme en haine de soi, s’exprimant par de surprenants textes appelant à liquider la civilisation chinoise pour sauver la Chine. On appel, par exemple, à remplacer « l’abrutissante écriture en idéogramme » par la brillante écriture alphabétique des occidentaux, sur la base de textes ethno-centrés et sinophobes et plein de finesses, de théoriciens américains.

   Après la prise de pouvoir des communistes, s’en suit un quart de siècle de folies destructrices et violentes, comme si, pour se faire une légitimité, ceux-ci se devaient de transformer les idées sinophobes des élites modernistes chinoises, en politique d’Etat. La société détruite à la mort de Mao, et les guerres de clans ayant trouvés leur épilogues, Deng pus passer à la phase deux de la construction d’un Etat moderne : l’industrialisation et la politique de croissance économique.

   Comme dans les autres Etats modernes, le modèle de croissance a enrichit environ 20% de la population, ce qui fait 80% de la population réduite à l’esclavage industrielle ou à la marge, dans des zones ou règne le crime (qui contribue d’ailleurs à la croissance et dont les maîtres pourraient se trouver dans les 20% de bénéficiaires du système). La modernisation industrielle a littéralement tué la vie et les activités rurales (petits ateliers, agricultures) qui faisait vivre plus de 100 millions de chinois. Aussi, cette modernisation à créer une bonne centaine de million de « mingong », (ouvriers migrants), sortent de fantômes errants, à la fois base du système économique, et honte du régime et de ses enfants (directs et indirects).

   A cela s’ajoutent les problèmes écologiques : les lacs s’assèchent, ou sont couverts d’algues, l’on ne respire plus de l’oxygène mais du CO², la désertification ronge le nord et menace Beijing, et les eaux sont empoisonnés. A cela s’ajoutent les scandales sanitaires (le lait à la mélamine qui tue les nourrissons, le dentifrice empoisonné, le chou au formol etc). Tout cela n’est pas pris en compte et ne peut être prit réellement en compte par le calcul économique. Certes, les économistes peuvent tenter de chiffrer concrètement ces destructions, mais cela ne peut permettre de comprendre réellement ce phénomène, dans la mesure où tous ces scandales, avaient pour but d’optimiser les bénéfices. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des chiffres économiques extrêmement positifs pour la République Populaire de Chine, « créatrice de  richesse » et de « valeurs », mais également, énorme producteur de disvaleur.

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