Nivèlement par le bas

Publié le par 問道

   Au quotidien, il m’arrive de trouver notre société franchement malsaine. Les hommes d’aujourd’hui n’ont plus de sens commun et ne s’aiment pas. Devant la situation enviable des uns, plus de vacances, moins d’heures de travail, au lieu de vouloir les rattraper, l’on veut dégrader leur situation, par jalousie. Ceci peut sembler lié au calcul rationnel du «  chacun pour sa gueule » aboutissant sur un équilibre bas.

   Régulièrement, les émissions de télévision invitant des économistes ou des hommes politiques, libéraux, parlent des privilèges des fonctionnaires, opposés aux autres dont la situation ne serait pas aussi enviable. Je ne sais pas si les fonctionnaires sont aussi privilégiés qu’ils le disent, mais j’imagine bien qu’un certain nombre d’avantages induit des contreparties. J’ai du mal à croire que par le passé, dans l’histoire de l’Etat en France, les politiques et trésoriers aient été de généreux mécènes couvrant les employés de cadeaux de façon gratuite et désintéressée. Effectivement, tous les ministres de l’histoire de la république avaient un trou dans la main ! Ou alors, les accords et conventions sociales ont été le résultat de prises d’otages armées.

 

 

 

 

   Ces gens qui parlent d’injustice à propos des avantages de ces gens, proposent, au lieu d’essayer de permettre aux gens du secteur privé d’aller dans l’amélioration de leurs conditions, de rabaisser celles des « avantagés » au niveau inférieur. Et ce discours fonctionne, régulièrement, les gens se demandent « pourquoi ils sont privilégiés, moi je n’ai pas tout ça, il faut leur enlever ». Nous sommes en plein dans la manipulation des pulsions égoïstes de chacun évoquées ici. L’égoïsme nivèle la société par le bas.

   En société, lorsque nous mettons les individus en concurrence, nous croyons naïvement que la mise en concurrence se fera de façon sincère et honnête et que chacun cherchera à être performant sans chercher à nuire à autrui. Résultat, l’on assiste plutôt à une véritable foire au sabotage, à la magouille et à la courtisanerie. La concurrence aiguise les instincts les plus veules des hommes. De société, nous devenons une meute. Et ce pendant que les chefs, se délectant d'un tel spectacle, retournent au moment où l’humanité, avec les animaux, est passée de la chasse à l’élevage. Les animaux de ce nouvel ère, qui ce peut-être si ce n'est... VOUS?

   Nous pensons vraiment que l’ordre libéral, de la concurrence et du selfishness, c’est du pragmatisme, que sa réflexion est du ressort de l’efficacité économique. Il est vrai que le verbiage technicien est fascinant pour le profane, mais il n’y a rien d’autre que du cynisme là dedans. Pourtant, l’inefficacité de ses modes de management est avérée et constatée, nous voyons la dégradation de la qualité des services et des produits, la vie des humains se dégrade d’année en année, même dans les pays dits « du Nord ». Le libéralisme, ce n’est rien d’autre qu’une idéologie de «  pouvoir » et de domination, devant permettre à une élite illégitime de maintenir sa mainmise sur les autres. Ils sacrifient l’efficacité sociale et économique réelles pour leur domination. Une élite illégitime parce qu’immorale, issue du copinage, du piston, de la rapine et du crime, et non de l’éventuelle recherche d’érudition, de talents, d’efforts ou de je ne sais quoi encore. Regardez l’actuel gouvernement !

Publié dans Capitalisme

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