Discours de l'idéologie en position défensive

Publié le par 問道

« Au secours, idéologie en péril ! »

    Il m’est souvent arrivé de croiser des beaux parleurs, adeptes d’une secte ou d’une idéologie, mais aussi d’une religion. Face à la décrédibilisations totale du corpus dogmatique et la mise à nue de sa réalité, via les conséquences qu’engendre l’application des théories, ils ont tous le même réflexe : la réforme du discours qu’il faut édulcorer et rendre plus présentable. Le but est simple : sauver l’idéologie et cacher sa réalité en la présentant sous de jolies couleurs pastelles.

    La démarche est simple et la même pour tous. Qu’ils soient religieux ou idéologues, chrétiens, musulmans, communistes ou capitalistes. Saucissonner le corpus pour le rendre présentable aux yeux de tous; vendre une version "light" d’un produit lourd et fort. Lui trouver des vertus de modération, qui n’existent pas à la base, dans les textes fondateurs. Il s’agit de faire croire qu’en fait, le dogme n’a pas vocation à être un dogme totalement applicable, mais juste partiellement appliqué et si possible, mélangé avec d’autres. Ces gens veulent nous faire croire que le sens de l’idéologie est de n’être que partiellement mis en œuvre et qu’il suffit de sélectionner ce que l’on y trouve en fonction de ses goûts : un petit peu de ceci, une pincée de cela. Nous nous retrouvons donc devant des sortes de self-services ! Ce qui en dit beaucoup sur la qualité des « pensées » en question…

    Une de ces pirouettes est de revenir à la source, jeter à la poubelle toute l’histoire de l’école en question, depuis son invention jusqu’à l’époque présente, voire même la nier. Il n’y a donc que le texte fondateur qui compte et les plus brillants et influents esprits de l’école, n’auraient été que des imbéciles qui n’ont rien compris, comparés aux si brillants communicants du temps présent ! Ignorer les cohérences et leurs analyses, il faut condamner leurs écrits les moins présentables… au micro ! Car, en off, et dans les centres de décisions, les corrections que l’on prétend apporter au dogme au pouvoir ne sont pas à l’ordre du jour, loin de là !

    Nous voyons donc, l’invention de nouveaux mots : « intégrisme », « islamisme », « ultra-libéralisme », « stalinisme »… une kyrielle de termes finissant en « isme » qui semblent autant de coquilles vident que l’esprit de ceux qui croient en la consistance de ces mots. Le but de ces termes est de séparer dans l’imaginaire des auditeurs l’idéologie que l’on veut protéger et, les catastrophes que sa consécration provoque. Ce ne serait que des excroissances qui ne sont en rien naturelles et en tout cas, aucun rapport avec ce qu’il faut sauver. Il est bien entendu pas question de démontrer, ni de proposer d’étudier les textes en question, mais juste, de répéter à longueur d’antenne « mais non ce n’est pas le vrai message, c’est juste de l’extrémisme ».

    C’est là encore une logique de compartimentage, créer des rideaux entre les stades de l’évolution d’une école, comme s’il s’agissait de bannières distinctes, sans aucun rapport les uns aux autres. Ces penseurs de la continuité qui, ont marqué l’évolution, la ré-actualisation au fur et à mesure des époques, creusé les concepts et les principes dans une logique du « toujours plus loin dans la voie tracée et dans le but du fondateur », ne seraient en fait sans aucun lien et sans aucun rapport. Et ce, même si, la lecture des textes fondateurs, l’étude de leurs principes fondateurs, de leurs sens, rendent l’évolution historique claire, limpide et même logique, jusqu’à la catastrophe arrivée.

   Tout ça n’est que discours et on y revient encore et toujours : du ressort de la séduction.

Publié dans Capitalisme

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