monothéisme et la logique du quantifiable

Publié le par 問道

   A une époque, il m’est souvent arrivé de discuter de l’islam avec toutes sortes de gens. J’ai discuté avec des : musulmans arabes, des musulmans français convertis, des musulmans jurant ne pas être arabes (mais on l’est forcément pour bonne part au final) des non musulmans gauchistes, tiers-mondistes et j’en passe et des meilleurs, des non musulmans athés mais incultes, des non musulmans athés mais cultivés… je n’ai à vrai dire jamais caché ce qui était au début une aversion, pour devenir une allergie morale et finalement un dédain puis un mépris. J’ai toujours parlé très franchement et j’ai souvent eu, de la part des musulmans et des tiers-mondistes l’exact même réponse : « tu n’as pas le droit de parler de la sorte de la religion de plus d’un milliard de personnes ». J’ai aussi eu une variante du genre « si cette religion est si nulle, comment expliques-tu qu’elle soit adoptée par plus d’un milliard de gens de l' Asie à l’Europe ? »

   D’abord, cette religion n’est pas « adoptée par les gens », ce sont les maîtres, les élites politiques qui l’adoptent pour leurs peuples, pour ensuite, organiser l’Etat et modeler la société au moule de cette si pratique doctrine d’un point de vue politique. Les chrétiens aussi ont cette logique, « la religion du prince est la religion du peuple » et ils ont durant leurs entreprises coloniales, agit dans cette logique et même, en initiant les monarques, roitelets et autres seigneurs, aux techniques de remodelage de la société selon leur bon vouloir, ils ont aidé ces « seigneurs » islamiques. Le deal étant d’accepter de faire rentrer dans la forteresse la « raison économique », de la protéger, en échange des outils renforçant le contrôle du pouvoir. La radio, la TV, les nouvelles institutions, les routes permettant d’avoir accès aux poches isolées donc résistantes, la rationalisation, les entreprises de désenchantements des peuples pour rendre leur cerveaux spongieux à la doctrine que véhiculent les médias.

   Ensuite, la deuxième réponse : « tu n’as pas le droit de parler de la sorte de la religion de plus d’un milliard de personnes ». D’abord, on décide de ce que j’ai le droit de penser et de dire et de ce que je n’ai pas le droit. Ensuite, on veut me forcer à respecter un dogme non pas sur le contenu du message, mais sur la quantité de prétendu adhérents! C’est là une logique typique de notre obscure époque, la quantité qui fait le critère de respectabilité. Les pouvoirs islamiques, d’ailleurs nagent absolument dans cette logique en organisant les institutions de façon à quantifier, dans leurs statistiques, le plus de musulmans possible. Mais, cela ne me semble pas être une chose nouvelle, dans cette religion.

   En effet, à l’instar du christianisme, l’islam s’autoproclame universel, et il a vocation à faire gonfler ses troupes, jusqu’aux limites du monde (voir de l’univers). C'est-à-dire qu’elle est la loi suprême qui doit dominer le monde. Ce n’est pas une doctrine très subtile non plus, le « moral », « l’immoral », le « bien », le « mal »… n’y ont pas leur place et son substitué par le « licite » et « l’illicite ». C’est en fait une idéologie de la superficialité ou tout le monde est le gardien de chacun. Ce qui compte, c’est d’en avoir l’air. Le rapport avec le « quantifiable », c’est tout simplement qu’il importe d’avoir un effectif en croissance. Les « idées » de son prophète, ne se suffisent pas à elles mêmes, elles doivent dominer et être adoptés par le plus de monde possible pour avoir une quelconque valeur à ses yeux. Et qu’importe la qualité des disciples, l’essentiel est qu’ils soient nombreux. J’en suis à me demander si au fond, Mohamed n’avait pas une petite opinion de lui ! Peut-être est-ce pour çelà qu’il avait tant besoin de dominer ! Je le prendrai presque en pitié. Le christianisme n’est guère mieux d’ailleurs, j’en suis donc à me demander si en fait, le « quantifiable » n’est pas lié à la nature « universaliste » d’un dogme !

   J’ai titré ce texte « le monothéisme et le quantifiable », et j’ai surtout parlé de l’islam, qui en prend plein la poire par rapport aux deux autres ! Le judaïsme qui, semble t-il a abandonné ce terrain depuis bien longtemps, il n’a pas à être évoqué ici. Quant au christianisme, je dois avouer que cette idéologie me concerne moins à vrai dire, même si, mon mépris pour cette piètre doctrine finalement très limitée, est réelle. Et l’attitude, coloniale des différentes Églises à travers l’Asie et l’Afrique les rendent encore plus méprisables. Faudra un jour que je lui explique, une bonne fois pour toute, à cette fille qu’au fond j’aime bien, pourquoi son attitude est irresponsable et immature…

   Qu’autant de gens différents aient au mot près, à la virgule près la même phrase d’objection. Ne trouvez-vous pas cela inquiétant ? C’est aussi ce qui fait la valeur de cette objection, ce qui en fait un argument : la quantité de gens parlant de la sorte !


Publié dans Monothéisme

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Alexandre 09/12/2009 21:23


J'ai essayé de raisonner quelque fois avec des religieux (musulmans et chrétiens évangélistes), mais je me suis rendu compte, finalement, que ça n'allait nulle part. Ils me sortaient toujours leur
argument "nous vivons dans le monde spirituel, alors que toi, tu vis dans le monde matérialiste, tu ne peux pas nous comprendre", alors s'ils refusent la raison, comment peuvent-ils raisonner?


問道 09/12/2009 21:48


  Un jour, un ami m'a dit "tu essayes de parler à leur tête, mais la religion parle à leur coeur", ce coeur, siège des angoisses et des peurs... le coeur ne connait pas la rationalité, il ne
connait que la souffrance ou l'appaisement. C'est pour ça que je suis incapable de ranger le Bouddhisme ou les traditions chamaniques ou rites culturels comme "religions"... je trouve en revanche
une parenté très clair entre la religion et les idéologies matérialistes... dans l'esprit dogmatique et cette façon de considérer le monde et la nature comme propriété...

ps: pour moi, la "religion" n'est que le fait des dogmes théologiques d'origines moyens orientales.