la société de la concurence

Publié le par 問道

   J’ai lors de mon dernier billet tapé sur un concept absurde du marxisme, parmi d’autres, la « lutte des classes ». Je vais maintenant taper sur le capitalisme dans sa forme la plus pure et épurée. Si Marx voyait la société et le cheminement de l’humanité comme un affrontement de blocs sociaux, cette idée d’affrontement est aussi très présente dans la non moins absurde idéologie libérale. Elle en serait peut-être même un de ses fondements. Néanmoins, elle porte un autre nom que « lutte », elle s’appelle « concurrence ».

   La concurrence, d’après nos chères idéologues, est une chose paisible, qui se règle à coup de baisse des prix des biens de consommations et d’amélioration des produits. Elle est censée niveler par le bas ce qui est pénible et niveler par le haut ce qui est agréable. Comme en sport, la concurrence obéit à des règles que chacun respecte et c’est l’amélioration de l’athlète qui s’entraîne dur pour s’améliorer. C’est ainsi que se font les vainqueurs et les perdants. Le monde de la concurrence est donc cette espèce de merveilleux monde fait de gens absolument honnêtes et sincères : le meilleur des mondes n’est-il pas ?

   Revenons donc sur Terre et voyons un peu ce qu’il en est : les sportifs trichent pour arriver à leurs fins, obtenir leurs les victoires. Soit par la corruption, soit par le dopage, ou d’autres méthodes encore. Les hommes et les femmes, également, trichent pour arriver à leurs fins dans la vie, par la politique ou la séduction, le sexe, la corruption, mais aussi, le coup bas et le sabotage. Je vous invite alors à relire mon écrit sur la lutte des classes, à propos des relations entre les hommes, au sein de la même classe, les petits chefs… cela montre aussi l’absurdité de la thèse libérale. Dans une société basée sur la concurrence, l’on dépense notre énergie à saboter ce que fait le voisin davantage qu’à l’amélioration de ce que l’on fait. Car le moteur du commun des hommes n’est pas de faire de belles choses, mais de se faire valoir de l’autorité, du pouvoir. Arriver à l’excellence est bien difficile, être le meilleur parmi des gens moyens est plus facile et plus efficace !

   La concurrence, appartenant à l’idéologie libérale (concervator) et à laquelle nous croyons et que nous considérons comme ordre naturel de l’existence, se base sur une instrumentalisation du nom du célèbre savant Charles Darwin. Le « darwinisme social », expliquant que puisque la sélection naturelle fonctionne sur le principe « les meilleurs survivent et les plus faibles disparaissent », il serait normal que la société fonctionne sur ce même principe. C'est-à-dire que ceux qui nous parlent de « progrès » et qui accusent les gens qui remettent en cause le culte du marché et de la croissance « d’archaïques » ou accusant les décroissants de « prôner le retour à l’homme des cavernes » ou « au moyen âge », eux nous parlent en bien d’une conception de notre existence qui valait dans un monde où l’homme n’était qu’une espèce quelque part au milieu de la chaîne alimentaire. Discours très contradictoire !

   Aussi, instrumentalisation du nom de Darwin, c’est pour se donner une espèce de caution scientifique, alors qu’en fait, Darwin expliquait que si l’homme a réussi à se hisser jusqu’à être l’animal à l’existence la moins précaire sur terre, c’est parce qu’à un moment dans son histoire, il a compris l’intérêt d’aider et de soigner ses faibles et la puissance qu’engendrait une telle attitude : la création de la société ! C’est parce que nous soignons nos malades, protégeons nos petits, entretenons nos vieux, éduquons nos idiots (contentons nous de dire que nous tentons), que l’humanité a pu être aussi forte et prospérer ! Et les libéraux (concervator) utilisent le nom de Darwin pour dire l’exact inverse. Soit ils se rendent compte, donc leur idéologie n’est que manipulation, soit ils ne s’en rendent pas compte, prêchent de bonne foi et sont donc incultes et idiots (à éduquer pour renforcer l’espèce donc). Soit c’est une tromperie, soit une « pensée » bancale. C’est certainement sachant cela que Milton Friedman dit « qu’importe que l’on sache que la Terre soit ronde ou plate pourvu que l’on puisse faire du vélo dessus ». Je vous laisse juger de l’obscurantisme, cet obscurantisme qui parle de « progrès »… décidément, qu’est-ce, le progrès ?

   C’est un peu le serpent qui se mort la queue, les hommes ne faisant pas preuve d’altruisme, ni de solidarité, le nivèlement par le bas est inévitable et la violence fait son lit : on jalouse le « vainqueur », qui n’est en fait que le plus fin politicien ou, le mieux pistonné (dans les cas les plus grossiers), on veut sa peau même, en plus de celle des autres : l’envie et la jalousie nous font haïr ceux qui sont ce que l’on voudrait être, non plus en groupe, mais dans notre coin. Les libéraux disent « l’homme est ainsi alors il faut l’accepter »… la preuve étant la société dans laquelle nous vivons. Il faudra un jour donc, discuter de ce que l’on appelle « prophétie auto-réalisatrice ». Nous sommes en plein dedans !

   Dans les deux cas, il ne s’agit jamais de faire appel aux valeurs d’altruisme, de compréhension ou chercher l’entente entre les hommes, une société apaisée; mais au contraire, l’on s’adresse à notre égoïsme, notre frustration, notre violence, notre haine même, entretenant nos angoisses. Les deux jouent de notre énergie destructrice ou autodestructrice, pour les exploiter. Exploiter dans quel but ? Pour le compte de quoi ? Que construire avec de l’énergie née de la soif de destruction? Vaste question et force est de constater qu’en fait, ce n’est pas « l’énergie » produite qui compte, mais l’intention; ce qui nous fait produire cette énergie ! C’est là que ce décide ce qui en sera fait !

A lire : Rien de spécial… lire friedman, hayek et compagnie rend con!

Publié dans Capitalisme

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