Le Jura 3

Publié le par 問道

Socrate…

Un brillant… âne. Là ou je logeais, juste en face du petit jardin, se trouvait un pré occupés par trois chevaux et un âne, qui portait donc le nom de Socrate. Et là, certains intellos intellectualisant, sans humour et ne sachant rien du monde animal, bondiraient, s’ils lisaient ce blog, il se trouve qu’aucun autre animal qu’un âne pourrait porter ce nom. Ses propriétaires, des fermiers, ont sur le coup fait preuve de beaucoup d’esprit ! Pour ceux qui l’ignorent, l’âne est un des animaux les plus intelligents du monde animal, bien plus malin que le cheval. Juste que, de temps en temps, il n’obéit pas, mais fait ce qu’il veut. Remarquez alors qu’il a les moyens de « vouloir » et de refuser d’obéir, ce qui, dans le monde animal, n’est pas évident, certaines espèces étant conditionnées et d’autres ne vivant que pour manger et se reproduire. L’âne est capable de vouloir et de ne pas vouloir.

Socrate est donc le leader intellectuel du champ, le cerveau du groupe, bien qu’il soi le moins beau, le moins élégant et le moins rapide. Remarquez, le Socrate historique ne fut, semble-t-il pas le plus bel athénien de son temps, loin de là. Parfois, tout ce beau monde se mettait à courir à travers le champ, dans leur enclos, faisant des longueurs et ne ralentissant qu’au dernier moment. L’âne Socrate, quand à lui, suivait tant bien que mal le groupe, mais vite dépassé et fatigué, physiquement inférieur, il s’arrêtait à mi-chemin de la longueur, ou au deux tiers, surveillait les chevaux et, redémarrait sa course selon la direction qu’ils prenaient, reprenant la tête de la horde et de la course, jusqu’à ce qu’il fut dépassé et que donc, il recommençait. Il triche ? Dans le cas ou, il semble ne pas y avoir de règles, juste des courses, il se servait de son intelligences pour gagner sa place dans ce groupe, lui le seul âne au milieu de trois chevaux !

Je me suis pris d’affection pour ce brave animal, que j’appelais alors « Benjamin », en référence à l’âne Benjamin de George Orwell dans la ferme des animaux… le seul animal lucide intelligent et saint d’esprit au sein de la ferme du manoir, devenu « ferme des animaux » et redevenu « ferme du manoir ». Puis, plus tard, les propriétaires nous ont appris que l’âne s’appelait « Socrate », idée que j’ai de suite trouvée génial.

Je suis resté dix jours dans le Jura, ce fut de bonnes vacances. Retour en TGV par Lyon, mercredi dernier. Une chose difficile, retrouver le rythme qui était le mien avant. Je vous tiens au courant ! Entre temps, en fanant dans une librairie, je tombais sur un livre dont le thème m’a semblé intéressant. :

« La journée du 1er février 1521 fut ensoleillée, à Pékin. Dans son palais, Sa Majesté - certains lecteurs doivent connaître son surnom : la Quinte Souveraine - présida l'audience matinale pour la dernière fois. Voilà un surnom qui mérite des éclaircissements : connu pour sa peur obsessionnelle de la mort, cet empereur apparaissait toujours, en public ou en privé, accompagné par quatre sosies qui, non seulement lui ressemblaient comme des gouttes d'eau, mais avaient atteint une telle perfection dans l'art de synchroniser leurs mouvements, leurs mimiques, leurs paroles que personne ne pouvait dire lequel d'entre eux était le vrai, pas même sa mère, ni l'Impératrice ou les concubines auxquelles il accordait ses faveurs, encore moins ses ministres. »




A lire : L’acrobatie Aérienne de Confucius de Dai Sijie, édition Flammarion

Publié dans Anecdotes

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