Le diasporant contre ses origines malgrè lui

Publié le par 問道

Le diasporant

 

   Être membre d’une diaspora est difficile, ni tout à fait du pays d’origine, ni tout à fait du pays d’accueil, il y a des endroits qui sont plus difficile que d’autres. La France est de ces pays, il est exigé aux nouveaux venus non pas de simplement s’installer et de respecter les lois, mais de s’assimiler, c'est-à-dire, faire des valeurs de la République française les siennes, qui ont primauté sur les valeurs ancestrales en cas de conflit. Être d’origine étrangère en France est dure, outre ces considérations culturelles qui ont leurs incidences psychologiques, il y a aussi les difficultés plus visibles, sociales.

 

   En politique, le principe est le même. Comme vous avez pu le voir, les élites se laissent facilement séduire par une dictature, pourvu qu’elle lui donne ce qu’elle attend. Elle se montre stable, généreuse avec elle, et conforment à l’idée qu’elles se font du « Bien ». Dans un monde comme le notre, ou la « modernité » est la panacée, où il suffit de faire du tunning sur un territoire ou de cumuler des gadgets pour donner l’illusion de la civilisation. Cette doxa a ainsi contaminé tout les niveaux de la société et, tous sont convaincus de cela. Il suffit ainsi de présenter, via les médias, des images de bonheur et de civilisations, tel que le conçoivent les endoctrinés au modernisme, pour être séduisant. Des buildings, des images aux couleurs vives, des jolis sourires… Il y a aussi le discours. La séduction n’est pas qu’image, mais aussi « mots ». Le séducteur, emploi des termes qui font plaisir à entendre à l’oreille de l’homme. « Modernité », « ordre », « gloire » ou encore « grandeur »… pour d’autres, il s’agit de « justice », de « liberté », de « combat contre l’impérialisme », de « dignité » et de « fierté ». Ces mots, aux oreilles de ceux qui l’écoutent, peuvent être décisifs pour ceux qui les écoutent, et, au nom de ces valeurs, l’on se met à adhérer à l’ensemble du discours et de l’idéologie.

 

   La séduction n’a pas juste pour cible les élites, il y a aussi, dans certains cas, les gens vivant à l’étranger, originaire du pays dominé par la dictature. Ils sont une cible facile. Ces gens sont un enjeu pour les dictatures, encadrés par des associations ou des médias communautés, indépendantes officiellement, mais officieusement encadrés par l’ambassade, ils représentent une arme intéressante pour faire pression sur un Etat et ainsi, en obtenir ce que l’on veut. Car, ne nous y trompons pas, la diplomatie, ce n’est pas une question d’alliance, mais de rapports de forces, dans la mentalité des hommes actuellement. Pour séduire ces gens, souvent culturellement et identitairement déclassés, là encore, il leur est présenté un discours plaisant à leurs oreilles. Pour les uns, on joue sur la fibre nostalgique « pays des ancêtres », pour d’autres, la fibre culturelle « le pays de notre civilisation », pour d’autre, le pays de la fierté (truc-machin proud). Ce discours est structuré de façon très grossière, mais qui marche. « Le pays d’origine progresse », ce qui sous entend que le pays est en retard. Mais en retard de quoi, à quel point de départ, pour quels objectif ? Et, dans quel lapse de temps limité ? Peut importe, la séduction balance des phrases et formules bateaux qui marquent et touchent là ou le diasporant est blessé. Et c’est en là que cette séduction fonctionne, elle joue sur les frustrations qu’engendre la vie dans ce pays étrangers. Manipule des sujets de sociétés comme le racisme, les blocages sociaux… L’on est facilement séduit quand on est blessé. Peut-être parce que l’on a envie d’être séduit par ce qui peu représenter une vengeance.

 

   Ce discours trouve toute son efficacité en France, dans ce pays à la culture et au paradigme ou, l’idée de différencier « état » et « pays », est absolument inexistante. Ces lacunes culturelles et intellectuelles françaises font le lit de ces opérations et leur efficacité, ajouté à cela l’arrogance intellectuelle des élites et de leur discours plein de sureté et de rigidité. Le Français met donc tout le monde dans le même sac et créer les conditions idéales pour que le discours de l’Etat du pays d’origine à direction des diasporants fonctionne. Il faut aussi ajouter à cela la façon dont les médias lourds mettent en scène les discutions et sujets autour de ce type de sujet. Par exemple, lors des rouilles entre la République française et la République Populaire de Chine, il a été constamment opposé des Hans venu défendre l’Etat populaire à des blancs (ou noire dans le cas de Rama Yade), venu défendre les droits de l’homme. Grands absents, les Hans qui s’opposent à l’Etat de la république Populaire et qui défendent les droits de l’homme, qui pourtant existent, et sont à quelques stations de métro des plateaux télévisés ou studios radios, nous en avons vue quand il s’agissait de parler de Tian An Men 1989. Certainement que les représentants de la République Populaire ont refusé de parler avec eux, comme ce fut le cas sur France 24 ou l’ambassadeur (ou le Consul peut-être) s’est désisté pour envoyer une pauvre dinde à carte de presse venu glouglouter sur la fête. Les médias de masses français ont choisi ceux qu’il était le plus important d’inviter.

 

   Et donc, nous avons une terre fertile pour créer des malaises, des gens qui sont toute ouïe pour écouter les discours des plus populistes, sur la base de leurs blessures et, une incurie de ce même pays dans lequel ils vivent. Ajouter à cela l’inculture en général et la méconnaissance du pays d’origine, Le diasporant, de son côté, ne cherche pas à s’informer, ni à savoir de quoi il s’agit, il cherche juste un support lui permettant de bomber le torse vis-à-vis des étrangers. Il est, pour la dictature du pays d’origine, un divin cadeau. Les choses vont évoluer, mais dans quel sens ? Voyons ou quelques indications. C’est il me semble distribution de cadeaux.

 

   A voir :

l'intervention du cas « sebastien cheng » sur ce forum

 

 

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