Pourriture humaine

Publié le par 問道

Pourriture humaine

 

   Et oui, l’homme est pourri, l’homme est nul, l’Homme est mauvais. Pas fichu d’être bon, pas fichu d’être vertueux, pas fichu d’être… ce qu’il serait bien qu’il soi. L’homme est un prédateur, un « loup pour l’homme », un nuisible. Toute activité sociale ne serait que tentative de chacun de berner et porter préjudice à l’autre. C’est donc la vérité indiscutable de notre temps : l’Homme est mauvais ! Alors, que faire avec ce trait de caractère ?

 

   La première solution qui serait proposés, c’est de ne pas renoncer aux « valeurs », à la « morale », mais justement, les imposer. C’est par exemple, le point de vue musulman. Combien de fois n’ai-je pas entendu : « tu sais, les hommes sont mauvais, ils sont belliqueux, ils ont besoin d’un coup de bâton pour marcher droit, se soumettre a une autorité supérieur qui les effraye ! ». Donc, l’islam, dont, le message pour faire vite consiste à « tu obéis et c’est tout » est censé faire d’un voleur un homme qui ne vole pas, d’un escroc un homme qui n’escroc pas… non pas parce qu’il devient un homme meilleur, mais parce qu’il a peur de la sanction, parce que de toute façon, il est mauvais de nature, alors, surveillons, réprimons ses actes. Big Bro… « Allah jugera »… à moins qu’il a déjà jugé du vivant de l’homme nageant dans sa société musulmane. Je parle de l’islam et des musulmans, je pourrais dire la même chose des communistes et des tenants d’un ordre nationaliste autoritaire.

 

   La deuxième solution proposée est de laisser faire. L’Homme serait mauvais, c’est sa nature profonde, au temps la laisser s’exprimer, libre de toutes contraintes. L’Homme veut nuire aux hommes, laissons le faire, c’est bien, puisqu’il exprime ainsi son humanité. Vue ici le propos type : « l’homme sera toujours un salaud qui ne pense qu’au fric. La preuve, dès qu’on leur limite le rendement de leur livret A, regardez les pleurer, toutes ces larves ! » C’est la nuisance décomplexé, mieux, porté au titre de « modèle de référence », il est nuisible, nous le savons nuisible, puisque nous le qualifions ainsi, et le « bien » est de le laisser faire ce qui est nuisance ! Ainsi, le pillage, le piétinement des autres, l’exploitation, l’égoïsme, c’est bien, l’équité, la justice, la paix ou l’égalité, la solidarité, c’est des « trucs de moralistes irréalistes et utopistes ».

 

   Ces deux options semblent donc éloignés, opposés même, mais en fait, elles sont sœurs. Elles partent du même point de départ qui est « la nature profonde de l’Homme est foncièrement mauvaise ». Juste change les discours et les points de vue, la contrainte ou le laissé faire. Toujours pas convaincu par le fait que c’est au final la même chose ? Demandez-vous alors quel est l’aboutissement de la loi du plus fort, une fois le plus fort de tous victorieux…

 

   Et si en fait, il n’existait pas partout des gens bons et mauvais partout ? Non, là aussi, ce serait trop simpliste, un homme n’est pas un bloc homogène qui n’évolue pas… la question me semble être plutôt « et si les hommes étaient bons et mauvais à la fois selon les moments, les endroits et les fréquentations ? » Moi-même, je suis parfois un connard, je me suis même trouvé être un vrai enfoiré, mais à d’autres moments, j’ai certainement été un bon être. Et comme le dit un ami : « on coupe les ailes de l’aigle pour ensuite proclamer qu’il ne peu pas voler ».

 

   Pour conclure, je vous propose cette histoire du poète Chinois de la dynastie Song,  蘇東坡« Su Dongpo » ou 蘇軾 « Su Shi ».

 


一天 兩人相對坐禪

蘇東坡一時心血來潮 問佛印禪師

 你看我現在禪坐的姿勢像什麼

佛印禪師說  像一尊佛

蘇東坡聽了之後滿懷得意

此時 佛印禪師反問蘇東坡

 那你看我的坐姿像個甚麼

蘇東坡毫不考慮地回答

 你看起來像一堆牛糞

佛印禪師微微一笑 雙手合十說聲

 阿彌陀佛

蘇東坡回家後 很得意地向妹妹炫耀說

今天總算佔了佛印禪師的上風

蘇小妹聽完原委 卻不以為然地說

哥哥 你今天輸得最慘

因為佛印禪師心中全是佛 所以看任何眾生皆是佛

而你心中全盡是污穢不淨 把六根清淨的佛印禪師 竟然看成牛糞 這不是輸得很慘嗎

蘇東坡手拈一拈鬍子 黯然地同意蘇小妹的看法

 

    Un jour, Su Dongpo s’était assis en méditation profonde en compagnie du moine  Foyin. Il se sentait très bien à la fois physiquement et mentalement. Il demanda : « Maître, que pensez-vous de mon assise? » Foyin répondit : « Très solennelle, comme un Bouddha! » Su Dongpo fut très satisfait d'entendre cela. Ensuite Foyin demanda à Su Dongpo : « Disciple, que penses-tu de mon assise? » Su Dongpo, qui voulait s'amuser du moine, dit : « Comme un tas de bouses de vache! » Su Dongpo pensait qu'il avait surpassé la sagacité de Foyin. Lorsque cela arriva aux oreilles de sa sœur Su Xiaomei, qui était très intelligente, celle-ci lui dit : « Mon frère, vous avez perdu. Le cœur de Foyin est comme un Bouddha. Il vous a donc vu comme tel. Votre cœur est comme de la bouse de vache, donc vous l'avez vu comme une pile de bouse de vache! »

 

 





  A lire : « Sur moi-même » de Su Dong Po édition Phillipe Piquier

 

 

Publié dans Rectifier les noms

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oOÖOo... 27/07/2009 17:51

Donc, si je comprends bien, la qualité de l'homme se trouve dans l'œil de celui qui le regarde. A mon humble avis, l'homme est mauvais par faiblesse et ignorance (celle du cœur). Certainement pas par nature. S'il avait une meilleure estime de lui-même, il ne se rendrait pas capable du dixième des tords dont il se rend coupable. A force de nous culpabiliser et de nous abêtir, évidemment, on répond machinalement au programme qu'on nous greffe dans le cerveau. On suit les modèles. Pourtant, nous sommes au milieu d'une croix et nous sommes les seuls responsables de nos actes, de nos paroles, de nos pensées ainsi que de leur qualité. Si seulement on avait plus conscience de notre impact sur le monde... Le moindre de nos rêves ou de nos désespoirs infléchit cette terre et ceux qu'elle porte !

問道 27/07/2009 19:42



   Je doute de plus en plus de la capacité des individus à penser ou voir le monde d'eux même. Le principe existe mais combien à le courage de sortir du conformisme? C'est encore plus
rare aujourd'hui, autrefois, on uniformisait la société par la répression, aujourd'hui, par la publicité, la propagande médiatique et cette arme terrible du capitalisme: la MODE! enfin, je suis
sceptique concernant les gens de mon époque, ces gens avec qui je vie. et puis, autrefois, il existait une certaine diversité des humanités, qui depuis les balbutiement de l'histoire n'a eut de
cesse de se réduire, sous le poid des monothéismes moyens orientales d'origine et les idéologies pour le coup occidentales.

   Enfin, c'est un parcours...