Souvenir d'enfance

Publié le par 問道

   Ce 26 mai 1993…

  

   Je me souviens très bien de cette journée. J’avais 13 ans et le temps était agréable et mon frère avait amené une cassette vidéo sur Nostradamus, le fameux Nostradamus. Très intéressant ce documentaire, très bien fait ! Plus tard, j’ai regardé l’access prime time de Christophe Dechavanne, « coucou c’est nous » en direct de Munich. Munich, le stade olympique à l’heure du coup d’envois, mon frère et moi devant la télévision, les parents dans le jardin.

   Les semaines précédentes, entre la qualification de l’Olympique de Marseille de l’époque et le Milan AC, les copains, supportant l’AS Monaco ou le Paris SG se moquaient de moi devant une défaite, une déculotté à venir. A l’époque, le Milan AC, ce n’était pas simplement une grande équipe, un grand club, c’était un véritable rouleau compresseur, un groupe imbattable ! La meilleure équipe du monde. Et mes camarades de classe qui m’avaient vue toute la saison heureux de la supériorité de mon équipe favorite sur les leurs, voulaient me voir avouer que nous, l’OM, allions nous faire battre. Ils voulaient me voir douter de l’équipe ! Et à chaque fois, je leur disais sincèrement « non, on peu gagner !

-Avoue maintenant, sinon on te narguera après à cause de ton attitude !

-ben vous me narguerez le moment venu, mais je vous dis qu’on peu gagner ! »

   Le coup d’envois donc et la difficulté : le Milan AC attaque et fait mal, ils alignent les occasions, ils vont trop vite, on n’arrive pas à les arrêter et Barthez arrête tout ! Mais bon, ils vont bien finir par en mettre un, ils sont trop fort ! Puis, l’équipe remonte et empêche les milanais d’avancé, quelques contres et la fin de la première mi-temps arrive. Abedi Pele déborde Paolo Maldini qui doit concéder le corner. Et là, on se dit « une occasion là, attention le corner » ! Les défenseurs montent, les colosses, Boli, Dessailly, Angloma montent, avec Rudy Voller et Boksic. Abedi prend son temps et tir le corner, brossé, le ballon s’élève, le fameux cafouillage, les duels sur corner dans la surface de Milan et la chose la plus improbable se produit : le ballon rentre dans le but du Milan AC et on mène 1-0 ! Arrive la mi-temps avec son lot d’angoisse : Le Milan va-t-il revenir et gagner ? N’est-ce pas trop beau pour être vrai ? On est si proche, une défaite serait trop dure à supporter !

 

 

 

 

   Arrive la deuxième mi-temps, l’angoisse, les tics, on repère chacun de nos gestes, à chaque possession de balle de l’adversaire, comme ils ne marquent pas, on les répète, croyant que ça influent sur le facteur chance ! Moi, je transpire, mes vêtements sont mouillés, une transpiration brulante ! Plus le temps passe, plus le stress augmente ! Arrive alors la fin du match, le coup de sifflet final ! Une joie intense m’envahit, avec mon frère, ont cour au jardin pour hurler des « on a gagné » à la chaine ! Mais je suis épuisé, j’ai du mal à tenir debout tant j’ai mal aux jambes ! Je n’en peu plus, je dois m’assoir, je n’ai jamais été aussi épuisé ! Mais en même temps, jamais été aussi heureux et fier ! A la Télévision, Raymond Goethals, le sorcier Belge, un personnage extraordinaire qui répond très vite au journaliste qui semble l’emmerder, cherchant quelqu’un dans la foule… Il cherchait et retrouve Bernard Tapie, le Boss comme on dit, qui avait une façon de manager son club d’une façon… on vous l’écrirait en roman, on dirait « non ce n’est pas réaliste » ! Et, au micro de TF1, il se met aussi à pleurer !

   Ce soir là, et les 3 ou 4 jours suivant, rien ne pouvait m’arriver, le match de foot en cour d’EPS, on le gagne 7-1 et je marque 4 buts et fait 3 passes décisives ! Le match suivant contre le Paris SG, notre dauphin qui osait prétendre nous détrôner ! Ppppffffffff, ce n’est pas ces baltringues aux dégaines de tapettes qui allait nous impressionner ! Et s’ils menaient vite 1-0 chez nous, on savait que ce serai temporaire, et en effet, très vite, Voller égalise, sous l’impulsion d’un grand Franck Sauzée, puis, le but de Boli, qu’il faut voir pour le croire !

 

 

 

 

   Les parisiens étaient devenus fous, les joueurs ne savaient plus où donner de la tête, et, arrive le 3eme but anecdotique de Boksic. 3 jours après la coupe d’Europe, le 5eme titre de champion d’affiler… et puis c’est tout, le reste c’est du ressort de l’intrigue de mauvaise télé novela brésilienne.

   Les semaines suivantes, mon frère allait obtenir son bac et moi passer en 4eme et fantasmer sur la nana de la publicité pour le beur Effie « avec Effie, elle est belle sans y penser »…

 

 

  A voir : A jamais les premiers

 

 

 

Publié dans Anecdotes

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