Voyage dans un merveilleux pays

Publié le par 問道

   Il était une fois, un pays merveilleux, entre le royaume des songes, le pays des elfes et le royaume du Père Noël, où ceux qui gagnent de l'argent sont ceux qui travaillent.

 

   Dans ce merveilleux pays, le monarque était conseillé par des alchimistes qui avaient trouvés le moyen de transformer l’or en plomb, l’aliénation en libération, rendre les ressources inépuisables et l’’intérêt personnel en intérêt général. Leurs trouvailles et découvertes étaient consignées dans une série de classiques fondateurs, tels que « Richesse des nations », « Capitalisme et liberté » ou encore « traité d’économie politique ». Ces livres merveilleux qui trouvaient l’adhésion de tous définissaient ce qu’eux même appelaient « l’ordre naturel du monde » et permettaient ainsi aux hommes de vivre heureux, en adéquation avec l’univers.

 

   Tout le monde vivait heureux dans ce pays, les gens travaillaient beaucoup et de plus en plus et étaient fort satisfait. La classe noble, contrairement à d’autres royaumes se sacrifiait pour le bien être du peuple, ils travaillaient bien plus que les autres, il était normal qu’ils gagnent plus. Et le peuple était heureux et admiratif, ne demandant qu’à avoir le droit de travailler de plus en plus lui aussi, allant donc ainsi vers plus de libertés. Ce peuple détestait le repos, il le méprisait même, il n’en voulait pas. Ils gagnaient ainsi de plus en plus de bonheur, qui se mesurait en argent, comme le disait un des alchimistes « l’argent est ce qui permet de mesurer la quantité de bonheur d’une personne ».

 

   Dans ce pays, le bonheur avait ses institutions : les magasins. Dans ces magasins, l’ont trouvait des tas d’objets tous plus utiles les uns que les autres, 10 000 variétés de pantalons, souvent les mêmes mais avec des variations des plus subtils tels que la nuance de couleur ou encore l’épaisseur des coutures… mais d’autres choses très bénéfiques et primordiales pour aider au bonheur, presse-papiers, boites pouvant contenir 500 chansons, boites pouvant contenir 510 chansons, boites pouvant contenir 520 chansons… et ceux jusqu’à 50 000 chansons ! Toute une variété de produits qu’il est bon de posséder et d’accumuler pour assouvir son besoin d’avoir ces objets et ainsi être heureux. L’unité de mesure du bonheur était l’argent, d’ailleurs, un des alchimistes disait « l’argent est ce qui permet de mesurer la quantité de bonheur d’une personne ».

 

   La culture de ce beau pays rayonnait de part le monde ! Les chansons qui s’accumulaient dans les boites jusqu’à 50 000 racontaient aux jeunes ce qu’ils vivaient dans leur quotidien, les relations mâles et femelles, ou il suffit d’aimer un ou une pour que naisse la réciprocité des sentiments ou encore, la prospérité dans laquelle vivent les jeunes, piscines ou limousines remplis de jolies filles. La littérature aussi était riche et variés, divers biographies de jeunes vedettes du sport ou de la musique de 20-30 ans ou encore des romans toujours bien écrits racontant des histoires passionnantes !

 

   La société était belle et harmonieuse. Les jeunes apprenaient le bonheur et comprenaient tout seul, ils n’avaient pas besoin de leurs parents, trop occupés à être heureux au travail, pour comprendre l’intérêt d’être de bons sujets paisibles et respectueux, et de produire de l’intérêt général par la recherche de l’assouvissement de leurs intérêts égoïstes. Ainsi, cette jeunesse assoiffée de brillantes cultures, libres et vertueuses représentaient l’avenir doré de ce pays, qui allait vers encore plus de bonheur, pour tout le monde !

 

   Voici donc un pays tout ce qu’il y a de plus merveilleux. Je ne vous en dirai pas plus aujourd’hui, mais si vous en voulez un peu plus, n’hésitez pas à demander !

 

 

 

Publié dans Capitalisme

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