Le miraculisme

Publié le par 問道

Le miracle économique et ses adeptes : les « miraculistes »

 

   Les « analyses » aussi sinophiles ou plutôt aussi « miraculistes » (c'est-à-dire les admirateurs des miracles économistes, forte croissance, usines et villes champignons, industrialisation rapide…) oublient un certains nombres de problèmes structurels, politiques, sociaux (pas dans le sens pauvreté, mais dans le sens de la société), socio-economiques, écologiques. Mais bon, si les analystes économiques pensaient, ça se sauraient. Pourtant, le système de la RPC n'est pas nouveau, ils n'ont rien inventé... les gens se laissent trop emporté par leurs fantasme, qui semble n'être qu'une envie d'anticonformisme, mais qui en fait ne cherchent  rien d'autre qu'un autre conformisme, qui s'avère souvent pire... Les analystes économiques devaient aller étudier les sciences humaines et se rendraient compte que ni les discours des leaders, ni les feuilles noirs de chiffre n'ont de sens.

   Un, par exemple, nous explique que la dictature est une force et la démocratie une faiblesse... je l'invite à aller étudier l'histoire et de la Chine depuis 2500 ans et du monde en général dans ces 200 dernières années. Je doute qu'il se rende compte de l'absurdité de sa thèse, mais je lui offre quand même ce conseil. C'est une mentalité. Après tout, c’est vrai, la dictature n’a pas à s’encombrer de ces boulets que sont certaines considérations comme la détresse sociale, la recherche d’un projet commun… la dictature est plus efficace : « on va ou je veux, je grès ou de force, quelqu’un a un problème ? » Oui, la dictature va plus vite, elle arrive plus vite… où ? Peut importe ou l’on va, l’essentiel est d’y aller. La dictature, c’est un homme qui a une idée fixe et qui, ne tiens compte ni de son environnement, ses dangers ou ce qui peut le sauver, ni de ses besoins, seul compte son idée fixe, son objectif, son obsession. En fait, la dictature, ce n’est pas être fort ou puissant, ni cohérant, c’est être autiste. Certainement es autistes peuvent faire de beaux dessins, ou jouer remarquablement du piano ou encore nous dire si le 4 juin 1487 était un jeudi ou un mercredi… mais, le sommet de la vie, c’est d’être autiste ? Est-on fort et puissant quand on est au service d’une idéologie ?

 

   Un autre nous explique que l'avenir appartient à la RPC pour des raisons superficielles (transformation de l’industrie et des structures industrielles, en fait, juste du tunning). Il oublis la société  de ce pays, qui tente d'instaurer une société du « tout le monde contre tout le monde », de la course à « être le meilleur » dés le plus jeune âge, engendrant une société invivable donc instable et rempli de dépressif et de jeunes gens perdus. Les leaders nous chantent les vertus de la concurrence, nous donnent comme seul objectif d’être le meilleur, nous explique qu’il faut absolument tout sacrifier pour cet objectif, absolument tout. Et, l’on y croit, parce que l’on a l’orgueil de croire que celui destiné à être le meilleur, c’est soi et la conviction que l’on vie en méritocratie. Il ne peut en être autrement, le leader le dit tout le temps ! On nous vend un projet collectif, être le pays le plus fort, le plus puissant du monde, que tout les efforts, tout les sacrifices fait pour assouvir cette soif de puissance et de gloire, seront payant. On y croit aussi, parce que l’on croit avoir une revanche à prendre sur l’histoire et ceux qui l’ont coécrit avec nous. On est nationaliste, on sombre dans l’arrogance, on se bat pour être le meilleur, on acclame le dirigeant qui nous lance dans cette voie, on loue son génie politique, économique et idéologique, on se dit « ah, la vie de nos enfants sera radieux grâce à nos efforts »… puis, les années passent, l’usure se fait sentir et au moment ou la possibilité d’une promotion arrive, la méritocratie va s’exprimer croit-on… non, c’est l’incapable, le bon à nippe, le nullard d’à côté qui a la promotion, parce que : ami de la famille du chef, fils de quelqu’un, beau fils de quelqu’un, courtisant d’untel ou fervent adhérant à l’idéologie… bref, tout ce qui plait à la hiérarchie en dictature. On est déçus, on ne va plus au boulot avec la même motivation, on s’en fiche. C’est cela en dictature, la « méritocratie », le mérite de celui qui courbe le plus le dos, ou rampe le mieux devant le maître.

 

 Aujourd'hui, les générations nourries au lait du libéralisme, y croient dur comme fer, persuadé dans leur candeur et leur inexpérience que les idéaux qu’on leur baratine se vérifient, mais en fait, être performant ne donne pas accès à une vie meilleur, mais juste, permet d'être le meilleur serviteur du détenteur du piston, le Guanxi. Ça crée une poudrière sociale... mais la société n'est pas importante, seule compte le confort et l'intérêt de ses amis de l'élite, les rapports écrits par cette même élites pour expliquer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... ce sont les nouveaux Evangiles ! Trop de français voient les choses de façons aussi brutales et rustres que ces grands sinologues que sont chirac ou raffarin et n'y comprennent pas les subtilités de ce qui sort de ce pays. Il suffit pourtant de les écouter, de parler avec des Chinois neutres, n'appartenant à aucun intérêts ni guanxi, les simples gens, pour comprendre qu'il faut se méfier des miracles ambulants. Ils y ont crues aux miracles, aussi bien socialistes, l’Algérie de Boumediene, la Roumanie de Ceaucescu, la Hongrie de Kadhar… mais aussi libéraux, comme le Chili de Pinochet…


A lire : « Chine : l’envers de la puissance » de Cai Chongguo

 

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